Dissolution de l’UFR : le camp de Sidya Touré contre-attaque…

CONAKRY – L’ancien parti –Union des Forces Républicaines (UFR)– joue son « va-tout » pour sa survie. Alors qu’elle avait été autorisée à reprendre ses activités en septembre 2025, la formation politique dirigée par Sidya Touré a été dissoute le 6 mars 2026, dans le cadre d’une vaste décision visant une quarantaine de partis politiques dont l’UFDG et le RPG arc-en-ciel.

Selon le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, cette dissolution fait suite à des « manquements » aux obligations légales. Une décision qui intervient pourtant quelques mois seulement après la délivrance, –le 30 septembre 2025-, d’un certificat permettant à l’UFR de relancer ses activités.

À l’approche des élections législatives et communales prévues le 24 mai prochain, l’absence de grands partis ayant dominé l’espace politique ces 20 dernières années rebat les cartes. Mais du côté de l’UFR, il n’est pas question de baisser les bras. D’après nos informations, le parti a introduit une demande d’annulation de la décision de dissolution auprès du ministère de tutelle dirigé par le général Ibrahima Kalil Condé.

« L’UFR avait déjà obtenu un certificat d’aptitude pour reprendre ses activités. Nous avons adressé une lettre au ministre pour contester cette dissolution. Juridiquement, ils n’ont pas le droit de le faire parce que nous n’avons aucun problème avec l’administration », a confié un responsable du désormais « ex parti » de Sidya Touré à Africaguinee.com.

Un recours devant la Cour suprême en préparation

La requête a été déposée le mercredi 11 mars, apprend-on. Et ce n’est pas la seule option envisagée. En parallèle, l’ancienne troisième force politique du pays envisage de saisir la justice.

« Nous comptons également saisir la Cour suprême. Nous allons engager un avocat pour suivre ce dossier. Nous sommes légalistes et respectueux des institutions. Le congrès s’est tenu le 30 mai, et le certificat a été délivré puis signé le 30 septembre », a ajouté notre source.

Avant la vague de dissolution, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), M. Ibrahima Kalil Condé, avait fixé un ultimatum de trois mois aux formations politiques pour se conformer à la nouvelle loi organique, L 2025-035-CNT du 21 novembre 2025. Les partis politiques avaient jusqu’au 25 mai pour se mettre en règle.

« Mais avant même l’expiration de ce délai, la dissolution est intervenue. Aucun parti n’a réellement pu appliquer cette loi, faute d’informations suffisantes. Sa notification officielle est intervenue tardivement, autour du 26 février », soutient notre source, sous couvert d’anonymat.

Le gouvernement renvoie aux voies de recours

Interpellé par Africaguinee.com sur cette situation, le porte-parole du gouvernement a rappelé que la justice reste l’arbitre.

« Lorsqu’un parti ou un acteur politique estime que ses droits ont été violés, il dispose de voies de recours devant les juridictions compétentes. Les tribunaux sont habilités à examiner ces contestations et, le cas échéant, à rétablir les droits des parties concernées », a réagi Ousmane Gaoual Diallo.

Dossier à suivre !

Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com

 

Créé le 31 mars 2026 11:14

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