Désastre agricole à Madina-Oula : Des hectares de riz détruits par les eaux (victimes)
KINDIA-C’est la catastrophe dans la sous-préfecture de Madina-Oula (Préfecture de Kindia). Des hectares de champs de riz des cultivateurs de Famaya ont été submergés par les eaux du fleuve Kora. Selon les populations locales, cette inondation sans précédent serait la conséquence des travaux de construction du chemin de fer dans le cadre du projet Simandou.
Parmi les victimes, Elhadj Mohamed Keita. Ce fonctionnaire à la retraite passionné par l’agriculture, a vu une grande partie de son investissement réduit à néant. Il raconte l’ampleur du désastre et les pertes successives.
« Tout ce que nous avons investi là-bas, s’est volatilisé comme ça, par la submersion. Les enfants n’ont pu travailler que dans les deux autres champs. Rien n’est resté de l’investissement que nous avons effectué dans le premier champ. On a accepté ça (…). Après on est venu à Béyenbeyen où on a aménage cinq champs. Les deux qui étaient près du fleuve Kolenté ont été submergés. Là-bas, on n’a presque rien », explique l’agriculteur.

L’ambition de la famille Keita était grande cette année. Encouragé par les notables et sages de la localité, Elhadj Mohamed Keita espérait exploiter jusqu’à 1000 hectares à Famaya. Ce rêve d’expansion a été brusquement interrompu par la montée des eaux, ne laissant que 5 hectares sur les plus de 172 hectares investis. Il explique comment l’initiative a été lancée et comment la catastrophe a frappé au moment où la récolte s’annonçait prometteuse :
«Cette année, on a promis d’investir au-delà de 500, voire 1000 hectares. C’est ainsi qu’on est partis choisir d’autres lieux à Famaya. Comme il y a des étendues là-bas, on est partis par l’intermédiaire des notables et les sages de Madina-oula. Ils nous ont orientés et encouragés. En voyant les lieux, on était vraiment excités parce que là, c’était de bonnes terres. On a investi là-bas sur près de 200 hectares. Le riz avait commencé à bien donner.

Après l’herbicide, on a quitté. Juste après, il y a eu une inondation. Ça a submergé tous les champs parce qu’on avait au moins trois ou quatre champs là-bas. Mais tout a été inondé. Et l’eau est restée dessus pour un bon moment. Et c’est ce qui a fait que le riz est gâté », détaille M. Keita.

Elhadj Mohamed Keita est catégorique : la cause de cette inondation prolongée est liée à un impact sur le fleuve Kora, qui aurait forcé ses affluents à se frayer un nouveau chemin.
« Si l’inondation n’avait pas duré on n’allait pas avoir des dégâts comme ça. Mais l’eau est restée longtemps. Et ça aussi, ce sont les affluents du fleuve Kora. Comme il n’y avait pas de passage. Kora était bloqué, il y avait une retenue. Donc c’est ce qui a inondé. La perte est considérable. Imaginez ce que nous mettons pour le transport seulement. Famaya est à 70 kilomètres de la ville de Kindia. Après on se retrouve dans de tels désastres, c’est difficile même à expliquer. Parce que ça fait mal. »

Les citoyens de Famaya partagent cette analyse et pointent du doigt la construction du corridor Simandou, affirmant que cette catastrophe est une première dans l’histoire de leur localité.
Appel à l’aide malgré le choc
Malgré les pertes colossales et le choc, l’ancien fonctionnaire refuse de baisser les bras. Il lance un appel pressant à l’aide pour sauver son projet agricole.

« Cela ne va pas nous décourager, bien que nous n’ayons plus rien pour investir mais nous ne nous décourageons pas. Nous avons nos engins quand même, mais pour réinvestir nous n’avons plus d’argent. Heureusement ce n’est pas le seul champ, mais les champs de Famaya on espère plus. Ce qui reste là bas ne peut pas faire plus de cinq hectares. C’est pour cela que je demande l’assistance. Je veux que le gouvernement nous aide, parce que l’objectif qu’on avait fixé, si nous ne bénéficions pas de l’aide, nous ne pouvons pas l’atteindre. Nous demandons l’assistance du gouvernement, les institutions, les ONG et les bonnes volontés qu’ils nous viennent en aide pour que nous puissions réaliser ce qu’on a dans la tête. »

Nous reviendrons sur ce désastre qui soulève de sérieuses questions sur l’impact environnemental des grands projets d’infrastructures sur les activités agricoles.
Chérif Keita
Correspondant régional à Kindia,
Pour Africaguinee.com
Créé le 9 octobre 2025 08:26Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Agriculture, inondations, Kindia









