Dans le bourbier Mamou-Dalaba : « Nous sommes là depuis six jours sans avancer de 20 mètres »

​MAMOU-DALABA – L’axe routier reliant Mamou à Dalaba, une artère vitale de la Guinée, est devenu un véritable enfer pour des centaines d’usagers. Entre Boulliwel (Mamou) et Oukkordè (Dalaba), sur un tronçon d’à peine 20 kilomètres, la circulation est complètement à l’arrêt depuis six jours. La route, transformée en bourbier glissant, a immobilisé des véhicules sur des kilomètres, plongeant passagers et chauffeurs dans une situation de détresse extrême.

​Leurs témoignages dressent le portrait d’une souffrance quotidienne. Sans accès à la nourriture, à l’eau ou à des soins sanitaires, les voyageurs sont livrés à eux-mêmes. Certains, comme le chauffeur Moustapha Hadji Bah, sont bloqués depuis près d’une semaine sans avoir pu avancer de 20 mètres.

​ »Cela fait carrément six jours que nous sommes là, bloqués sans issue. Chaque jour on pense qu’une solution sera trouvée demain, mais malheureusement ça ne bouge ni à l’aller ni au retour. Tout est bloqué, » se lamente Moustapha Hadji Bah, un chauffeur transportant des engins lourds. « Il n’y a ni toilettes, ni médicaments. En cas de maladie, il n’y a aucune solution. Pire, il pleut sans cesse. La fraîcheur est excessive. »

​Les gendarmes tentent de réguler la situation, mais les pluies incessantes et l’état de la route rendent leurs efforts vains. « Depuis six jours, je n’ai pas fait 20 mètres, » confie Moustapha. « Parfois, ce sont les villageois qui nous donnent à manger. S’il s’agit d’aller acheter à manger à Dalaba ou à Boulliwel centre, le transport coûte 10 000 à 20 000 GNF. »

​Une boue glissante et des conséquences dramatiques

​Ce n’est pas la présence de nids-de-poule qui bloque la circulation, mais une boue glissante qui rend toute progression impossible, en particulier pour les poids lourds.

​ »Ce ne sont pas des trous qui nous empêchent de passer, c’est plutôt une boue glissante. Avec la pluie, les véhicules ne grimpent pas du tout. Du coup, certains ont occupé toute la route, le blocage est sous toutes les formes, » explique Boubacar Atigou Bah, lui aussi chauffeur de camion.

​Cette situation a des conséquences humaines dramatiques. Des passagers malades et des enfants sont coincés, subissant les mêmes conditions difficiles. « Nous vivons la même réalité. Des passagers malades, des petits enfants qui ne connaissent pas cette souffrance sont parmi nous. Nous souffrons vraiment, » déplore Boubacar.

​L’appel à l’aide des usagers

​Les usagers appellent les autorités à intervenir en urgence. Alghassimou Baldé, parti de Conakry pour Koundara il y a 10 jours, a dû abandonner son véhicule pour se réfugier à Dalaba.

​ »Ce calvaire n’est pas nouveau. C’est un vieux problème qui nous suit toujours à cause du mauvais état de la route. Les gens ont souffert ici même en saison sèche. Il fallait laisser la route telle qu’elle était sans mettre la boue glissante. Mais ils l’ont fait, malheureusement ils peinent à régler le problème, » regrette-t-il.

​La frustration est d’autant plus grande que ce problème d’infrastructure ne date pas d’hier. Pour Boubacar Atigou Bah, la solution viendrait d’une intervention des gouvernants : « Que les gouvernants pensent à cette route Labé-Mamou. Mieux vaut que nous, conducteurs des gros porteurs, arrêtions le trafic, car sur ce tronçon, ce n’est rien d’autre que la souffrance même en temps normal. »

​En attendant, des chauffeurs transportant des denrées périssables subissent des pertes considérables, ajoutant une couche de désespoir à une situation déjà intenable. La route Mamou-Dalaba reste un calvaire pour ses usagers, et un appel désespéré est lancé pour que cette voie essentielle soit enfin réhabilitée.

Alpha Ousmane Bah

Thierno Oumar Tounkara

Envoyés spéciaux d’Africaguinee.com 

Créé le 8 août 2025 13:26

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