Congestion du Port : « le volume de trafic projeté en 2030 a été atteint dès 2025 », révèle Aly Koita, DG du PAC
CONAKRY – Relégué à la 399e place sur 400 ports évalués dans le dernier classement mondial de performance des ports à conteneurs, le Port autonome de Conakry se défend. Son directeur général, Aly Koita, estime que cette contre-performance est la conséquence directe de la congestion de 2025 et assure qu’un rebond est attendu dès le prochain classement.
S’exprimant lors d’un point de presse ce mercredi 24 juin 2026, M. Aly Koita a rappelé le statut actuel du Port autonome de Conakry, qui se trouve en situation de concession. Cette orientation, selon lui, s’inscrit dans la vision des autorités.
« L’État a estimé que, dans un avenir proche, le volume du trafic allait augmenter, que le port avait besoin de grandir et que le chiffre d’affaires progresserait avec la croissance économique, comme on l’observe aujourd’hui à travers la dynamique de Simandou, pour ne citer que cet exemple. Pour cela, il faut développer le port. L’État n’ayant pas les moyens nécessaires, il a opté pour le partenariat public-privé, en partant du principe que le privé dispose des moyens matériels, financiers, de l’expertise et des infrastructures. C’est pourquoi il a confié son port à un partenaire stratégique, avec pour mission de le développer à travers des investissements, afin que nous ne soyons pas rattrapés par le temps », a-t-il rappelé devant la presse, ce mercredi 24 juin 2026.

Sans entrer dans les détails, le directeur général a souligné que l’augmentation du volume du trafic à Conakry, aussi bien en termes de marchandises que de fréquence des navires, constitue une bonne nouvelle. « On construit un port pour qu’il y ait du volume, de la croissance économique et du trafic. C’est ce qui a été obtenu à Conakry, et très rapidement », a indiqué M. Koita.
Une croissance plus rapide que les prévisions
Selon le DG du PAC, depuis l’arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya, une croissance exceptionnelle de l’économie nationale est perceptible.
« Au niveau du poumon de l’économie nationale, le constat est palpable et réel. Cela s’est traduit au port de Conakry. À titre d’exemple, le volume de trafic attendu en 2030 a été atteint dès 2025. Vous vous rendez compte ? Alors que nous étions dans une phase de projection des investissements au niveau des infrastructures, notamment des quais, nous pensions les achever en 2027 ou 2028 afin d’absorber le trafic attendu en 2030. Mais nous avons atteint ce niveau dès 2025. Vous appelez cela une congestion. Mais il faut aussi voir le côté positif de cette congestion », a-t-il ajouté.

Selon le directeur général du Port, l’objectif est d’accroître l’influence et l’attractivité de la plateforme portuaire. « Et nous l’avons atteint. Mais le commerçant lambda qui attend sa voiture à Madina pour ouvrir son sac de riz n’aura pas la même lecture de la situation. »
Aly Koita a expliqué que les techniciens du secteur portent un regard différent sur la question. « Lui, ce qui l’intéresse, c’est la réception de sa marchandise. Mais nous, les techniciens, lorsque nous analysons nos statistiques, nous constatons qu’il y a un progrès, parce que le volume du trafic a augmenté. En termes de marchandises et de navires, il y a une hausse. Le chiffre d’affaires augmente, les recettes douanières augmentent également. Et, au final, c’est l’État qui en tire profit. C’est ce qui est recherché », a souligné Aly Koita.
Selon lui, la direction du Port autonome de Conakry a entrepris des démarches pour gérer cette situation de congestion.
La congestion, revers du succès du Port de Conakry
S’agissant du classement de l’édition 2025 de l’Indice de performance des ports à conteneurs (IPPC), publié conjointement par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, qui place le port de Conakry à la 399e position sur 400 ports évalués dans le monde, devant seulement le port du Cap, en Afrique du Sud, le directeur général du Port autonome de Conakry a apporté des explications.
« Le sujet qui nous réunit ici est la publication de l’Indice de performance des ports à conteneurs. Je rappelle qu’à un moment donné, notre pays a été classé trois fois premier port d’Afrique de l’Ouest et huitième en Afrique. Trois fois premier port d’Afrique de l’Ouest, devant de grands ports que nous connaissons, notamment ceux du Nigeria ou encore celui de Dakar. Nous les avons tous dépassés trois années de suite », a rappelé le directeur général du PAC.

Selon lui, ces performances n’ont toutefois pas reçu l’écho médiatique qu’elles méritaient. « Même dans un match de football, lorsqu’une équipe marque un but, on reconnaît sa performance. Nous savons pertinemment qu’il y a eu des changements grâce aux efforts consentis avec nos partenaires », a-t-il déclaré.
D’après M. Koita, ces résultats ont été obtenus grâce à l’optimisation des installations et aux efforts fournis par les différents acteurs du secteur, au point de surprendre toute l’Afrique de l’Ouest.
« Comment le port de Conakry a-t-il obtenu de tels résultats ? Notre succès s’est parfois retourné contre nous. Lorsque les armateurs et les propriétaires de navires ont constaté que le port de Conakry était devenu performant et fréquentable, ils se sont tous orientés vers Conakry. Il y a donc eu une forte affluence. Cela s’est traduit par l’arrivée, à court terme, d’un volume de trafic qui n’était attendu qu’à long terme. Nous avons dû gérer cette situation, qui s’est transformée en une congestion sans précédent en 2025. Mais il faut faire avec. Le classement publié en juin 2026 est basé sur les performances enregistrées en 2025 », a-t-il expliqué.
Pourquoi le Port de Conakry est tombé au 399e rang mondial
Pour le directeur général du PAC, ce recul dans le classement mondial est essentiellement la conséquence de la congestion observée en 2025. Il estime toutefois que le classement de 2026, qui sera publié en 2027, pourrait être bien meilleur.
« Nous avons mis en place plusieurs stratégies pour sortir définitivement de cette situation. Il s’agit notamment de l’accélération de nos investissements en matière de modernisation des installations, de la construction des quais au terminal à conteneurs et de l’extension des infrastructures au terminal conventionnel. En moins de huit mois, Alport est déjà en phase terminale de réalisation de son deuxième quai. En 2026 également, nous sommes en phase terminale du remblayage de trois hectares sur la façade maritime », a-t-il ajouté.
Des investissements pour inverser la tendance
Selon lui, Conakry Terminal a également réalisé d’importants progrès. « D’ici à la fin de l’année 2026, soyez rassurés qu’en 2027, vous aurez un autre classement, parce qu’il y aura davantage de performance. Le port de Conakry a retrouvé son oxygène et sa fluidité en 2026. Pour sortir de la congestion de 2025, nous avons mis en place des stratégies qui suscitent aujourd’hui l’intérêt d’autres pays. La Sierra Leone, notamment, souhaite bénéficier de notre expérience et de notre savoir-faire. Une forte délégation quittera Conakry la semaine prochaine pour aller leur prêter main-forte », a indiqué le directeur général du Port autonome de Conakry.

M. Aly Koita se dit convaincu que les résultats futurs seront meilleurs, grâce aux nombreuses initiatives engagées pour renforcer la performance du port. « Nous avons instauré le fonctionnement en H24 pour sortir de la crise de 2025. La libre circulation des camions à toute heure a eu un impact positif. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Si je devais tout détailler, nous y passerions la journée, tant nous avons des choses à dire sur notre maison », a-t-il martelé.
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 24 juin 2026 15:04Nous vous proposons aussi
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