Subventions et cautions impayées: le désarroi et la colère de certains candidats aux élections du 31 mai

CONAKRY- Plus de trois mois après la tenue des élections législatives et communales du 31 mai 2026, le différend financier entre plusieurs candidats et les autorités électorales n’est toujours pas réglé. En cause : le non-paiement des subventions de campagne et le retard accumulé dans la restitution des cautions légales. De la préfecture de Koundara jusqu’au Grand Conakry, le sentiment d’injustice et de frustration prédomine chez les prétendants aux sièges de députés et de conseillers communaux.

À Koundara, plusieurs têtes de liste et candidats à l’uninominal dénoncent un silence assourdissant autour de leurs droits post-électoraux. C’est le cas du maire actuel de la commune urbaine et candidat du RPR. Mamadou Baïlo Diallo peine à dissimuler son exaspération face à cette situation qui perdure.

« Rien n’a été restitué. C’est la subvention qui précède la caution : lorsque la subvention est versée et justifiée, nous pouvons réclamer la caution selon le critère des 5 % défini par le code électoral. Après de nombreuses démarches auprès de la Direction préfectorale des élections (DPE), certains candidats comme le Front Démocratique ont fini par percevoir leur subvention, mais moi et d’autres candidats du RRD restons oubliés. Aux dernières nouvelles, le dossier aurait été remonté à la Présidence pour paiement. Nous demandons simplement que nos subventions soient versées pour que nous puissions réclamer nos cautions. C’est notre droit le plus absolu », martèle l’édile.

Même son de cloche du côté de Méta Traoré, candidat du RRD à l’uninominal de la préfecture de Koundara, qui évoque une absence totale de communication fluide et un manque de visibilité effarant.

« À Koundara, il n’y a même pas de communication autour de ce remboursement. Au niveau communal, plusieurs structures n’ont toujours pas reçu l’argent alloué à la campagne. Concernant la caution, nous sommes laissés dans une zone d’ombre totale. Le responsable local des élections nous demande d’attendre la fin du paiement des fonds de campagne avant d’aborder le remboursement des cautions. Il a fallu des démarches personnelles auprès de députés à Conakry pour obtenir un début de solution pour la campagne. C’est déplorable, nous avons besoin d’aide », s’insurge Méta Traoré.

La Direction préfectorale des élections temporise et appelle à la patience

Interpellé sur ces lourdeurs administratives et ces retards de paiement répétés, le Directeur préfectoral des élections de Koundara, Souleymane Diallo, reconnaît l’effectivité des retards tout en assurant que la procédure suit son cours au niveau central.

« Il est effectif que le paiement des subventions et la restitution des cautions accusent un retard à Koundara, mais le processus est en cours. Plusieurs candidats aux communales et législatives, notamment du FRONDEG à Koundara centre et Kamabi, ont effectivement reçu leur subvention directe sur leurs comptes bancaires. Les paiements sont gérés directement par la DGE via les Relevés d’Identité Bancaire (RIB) transmis », explique le responsable électoral local.

Rassurant sur la légitimité des revendications financières, Souleymane Diallo précise avoir réactualisé les données bancaires des candidats au début du mois sur instruction du service financier de la DGE.

« Récemment, le service financier m’a demandé de renvoyer les RIB des candidats pour relancer la procédure, ce qui a été fait. Concernant les cautions, aucun candidat à Koundara n’a encore été remboursé à ma connaissance, mais je suis persuadé qu’ils récupéreront tous leurs montants puisqu’ils ont tous franchi la barre légale des 5 % des suffrages exprimés. Je demande aux concernés de garder patience et d’user éventuellement de leurs relations à Conakry pour accélérer le traitement du dossier auprès de la hiérarchie », conclut Souleymane Diallo.

Nos tentatives pour avoir la réaction de la Direction Générale des Élections (DGE) sont restées sans suite. En attendant le déblocage des fonds par le Trésor public et l’organe électoral central, l’exaspération continue de monter au sein des états-majors politiques.

Injustice et inégalité de traitement dans le Grand Conakry

Le malaise dépasse les frontières de la préfecture de Koundara. À Conakry, certains leaders politiques déplorent une fracture dans le traitement réservé aux différentes formations en compétition. Oumar Sanoh, cadre du Bloc Libéral (BL) et candidat aux législatives sur la liste nationale, dénonce une rupture d’équité flagrante entre les candidats.

« Certains ont été payés, d’autres non. De mon côté, la caution n’a pas encore été remboursée. Je me suis rendu à la Direction Générale des Élections (DGE) où l’on m’a affirmé que le service financier avait transmis nos dossiers au Trésor public. Mais à ce jour, rien n’a bougé. C’est une injustice intolérable vis-à-vis des règles électorales. Les candidats doivent être traités sur un même pied d’égalité. Plus de trois mois après la clôture du scrutin, le Bloc Libéral n’a reçu ni sa caution ni la totalité des subventions de ses candidats », fustige-t-il.

Ahmed Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le 25 septembre 2026 13:00

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