Sénatoriales à Tougué : La DGE interpelée sur le cas de la liste « TMD », conduite par Fadia Baldé
À la suite de la clôture du dépôt des dossiers pour les élections sénatoriales en Guinée, la compétition électorale dans la préfecture de Tougué est marquée par une controverse juridique. Au cœur des débats : la validité de la liste indépendante Tougué Moderne et Développement (TMD), conduite par l’ancien membre du CNT et expert électoral Mamadou Fadia Baldé. Il est reproché à la liste d’avoir initialement inscrit un suppléant n’atteignant pas l’âge légal de 40 ans requis par le Code électoral, puis d’avoir tenté de modifier ce dossier après la date limite de dépôt.
Face à cette situation, Aliou Konah Baldé, ressortissant de Tougué, interpelle la Direction Générale des Élections (DGE) pour demander l’application des textes de loi.
Du choix des candidats au sein de la GMD
Revenant sur les origines de cette candidature indépendante, Aliou Konah Baldé rappelle le contexte de sélection interne au sein de la GMD (Génération pour la Modernité et le Développement), mouvement qui a porté le président Mamadi Doumbouya au pouvoir en tant que président de la République.
« Comme dans toutes les organisations démocratiques, il y a eu un processus où des gens ont déposé des dossiers, et après, la direction nationale de la GMD a décidé d’en confirmer un parmi eux. Donc, il y avait deux candidats à Tougué : messieurs Lamine Parisien Baldé et Fadia Baldé. À la suite de tractations, de négociations et autres, monsieur Lamine Parisien a été retenu comme candidat de la GMD pour les sénatoriales dans la préfecture de Tougué. Mais monsieur Fadia n’a pas accepté ce choix. Il a décidé de se porter candidat à travers une candidature indépendante : Tougué pour la modernité et le développement », pointe Aliou Konah Baldé.
L’incompatibilité du suppléant et la tentative de modification
Le nœud du problème réside dans les conditions d’éligibilité du suppléant choisi par Fadia Baldé, selon Aliou Konah Baldé. Pour lui, l’erreur est inexcusable pour un expert du système électoral guinéen.
« Monsieur Fadia Baldé est un expert électoral qui a travaillé longtemps dans les instances électorales. Il a été membre de la commission électorale de l’UFDG, assistant technique au niveau de la CENI derrière madame Biya et aussi derrière M. Bano Sow. Il a également été membre du CNT passé. C’est quelqu’un qui devrait maîtriser toutes les lois électorales et préparer un bon dossier qui pourrait être défendable aux yeux de l’opinion, des hommes de droit et des institutions électorales. Mais fort malheureusement, pendant plus de 20 jours, monsieur Fadia a déposé un dossier irrecevable, s’il faut le qualifier ainsi, parce que son suppléant n’avait pas l’âge requis et ne remplissait pas toutes les conditions pour être candidat au Sénat », a-t-il martelé.
M. Baldé a ensuite détaillé les démarches “tardives” effectuées par la tête de liste pour tenter de rectifier le tir auprès des autorités locales puis nationales :
« À notre grand étonnement, le samedi 29 octobre vers 16h-17h, il a appelé la commission pour dire qu’il voulait changer son suppléant et y mettre une autre dame, principale d’un collège à Baâdi. La commission locale a répondu : « Nous ne pouvons pas, malheureusement, prendre votre dossier, car il est déjà empilé et remonté au niveau national. Allez-y au niveau de la commission de validation. » C’est là que nous avons appris par d’autres sources que monsieur Fadia est parti à Conakry auprès de la DGE, le lundi, pour déposer le dossier de son nouveau suppléant à midi alors que le délai était passé. »
L’exigence du respect strict du Code électoral
Invoquant les dispositions réglementaires régissant le scrutin, Aliou Konah Baldé souligne l’impossibilité légale de modifier une candidature une fois les délais expirés :
« Le code électoral est clair en ses articles 201, 230 et 169 : après le dépôt des dossiers, aucune permutation et aucun changement ne sont possibles. Là, il faut se poser des questions : est-ce qu’il a eu quelqu’un à l’interne pour l’informer du secret de la délibération, ou bien s’est-il rappelé à un moment donné, en tant qu’expert électoral, qu’il avait commis une faute ? Dans les deux cas, il faut en assumer les conséquences sans fuir ses responsabilités. Parce qu’au regard de la loi, après le délai de dépôt des dossiers, on ne peut plus déposer, on ne peut rien modifier, on ne peut rien faire d’autre qu’accepter ce qu’on a soi-même déposé. »
Un appel solennel adressé à la DGE
M. Aliou Konah Baldé lance un appel aux autorités chargées du contrôle des candidatures :
« Je lance un appel à la DGE d’être prudente. Parce que tout le monde, à Tougué, sait que c’était telle personne qui était son suppléant, et que cette dernière est née en 1989. Elle n’a pas 40 ans pour le moment, et on veut la remplacer par une autre dame qui n’était pas candidate, alors qu’on sait que ce nouveau dossier n’a pas été enregistré à Tougué. Le délai étant passé depuis samedi, on apprend qu’il est reparti vers 12h à la DGE le lundi pour essayer d’enregistrer ce nouveau dossier. Pour nous, ce n’est pas légal de considérer ce dossier. Il faut qu’on applique la loi. »
Il conclut en rappelant que la légitimité des institutions repose sur l’égalité de tous devant les règles établies :
« Dans des compétitions nationales de ce genre, il faudrait que chaque acteur se renseigne sur les lois de la République. Et M. Fadia est censé connaître toutes ces lois […]. Il n’a donc aucune excuse pour nous faire croire qu’il s’est trompé, qu’il va s’excuser et que cela passera comme en famille. C’est une République, les lois régissent le dépôt des candidatures au Sénat, et quiconque ne respecte pas les délais et les règles doit subir les conséquences de la loi. Nous demandons à la DGE d’être prudente par rapport à ces dossiers. […] La DGE est une institution de la République, il faut qu’elle applique la loi conformément aux articles 201, 230 et 169 du code électoral. Ces articles expliquent clairement qu’après le dépôt, aucune substitution et aucun remplacement ne sont possibles. »
Réactions des parties prenantes
Interrogé sur la conformité de son dossier le 02 novembre dernier, Fadja Baldé s’est voulu rassurant, déclarant simplement : « Pour le moment, je n’ai aucun problème avec ma candidature. »
De son côté, la Direction Générale des Élections (DGE) observe la réserve. Une source interne indique qu’aucune prise de position officielle ne sera faite avant la publication définitive des listes retenues ou rejetées par la Commission nationale de validation.
Dossier à suivre !
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Créé le 7 novembre 2026 08:48Nous vous proposons aussi
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