Conakry : A peine inaugurée, la route d’accès au pont de Demoudoula montre des signes de dégradation

CONAKRY – Inaugurés le 29 avril dernier, les cinq ponts métalliques et leurs voies de raccordement avaient suscité un immense espoir chez les usagers. Pourtant, seulement quatre mois après leur mise en service, des premiers signes inquiétants de dégradation apparaissent déjà sur la route d’accès au pont de Demoudoula, qui relie les communes de Ratoma et Lambanyi.

Ce jeudi 27 août 2026, nous avons fait le constat sur le terrain. Les pluies torrentielles qui s’abattent ces derniers jours sur la capitale guinéenne mettent à rude épreuve cette infrastructure récente. Dès le secteur qui mène vers les rails, le bitume commence déjà à se fissurer. Sans une intervention rapide des services techniques, les dégâts risquent de s’aggraver rapidement avec la poursuite de la saison des pluies.

Occupations anarchiques

Au-delà de l’érosion précoce de la chaussée, la gestion des eaux de ruissellement pose un problème majeur. En effet, plusieurs riverains ont commencé à installer des constructions de fortune à proximité immédiate, et parfois au sein même des caniveaux. Cette occupation anarchique bouche le réseau d’assainissement, empêche l’évacuation des eaux et accélère la détérioration de l’asphalte. À ce constat s’ajoute l’endommagement du portique de limitation de hauteur (fixé à 3,5 mètres), récemment percuté par un poids lourd hors gabarit.

L’appel des usagers

Mamadou Aliou Sow, conducteur de taxi-moto, emprunte quotidiennement ce tronçon. Il interpelle directement les autorités : « Je suis surpris de constater une détérioration si rapide. Dès le début de la voie vers les rails, la chaussée se dégrade sous l’effet des fortes pluies. Or, cette route facilite énormément nos déplacements. Le ministère des Travaux publics doit intervenir immédiatement pour corriger ces défauts avant que les dégâts ne deviennent irréparables. »

Mobilisation citoyenne

Si le travail global est salué par les riverains, des ajustements techniques restent urgents, selon certains citoyens. Halimatou Thiam, habitante du quartier, soulève des défauts de conception localisés.

« Les ouvrages réalisés sont appréciables, mais des corrections s’imposent. Par endroits, les caniveaux sont mal orientés, ce qui maintient l’eau sur la chaussée lors des fortes averses. Le ministère des Infrastructures doit corriger ces défauts d’orientation pour garantir la durabilité de la route », a-t-elle plaidé.

Responsabilité partagée

Pour un autre riverain désigné par les initiales DK, la pérennité de l’infrastructure dépend aussi du civisme des citoyens. Il pointe du doigt l’accumulation des déchets et les comportements inciviques.

« L’État a investi l’argent du contribuable pour nous offrir cette route goudronnée. Nous devons la protéger. On ne peut pas bloquer les canaux d’évacuation avec des boutiques ou des ordures et s’étonner ensuite que l’eau détruise l’asphalte. De plus, la détérioration du portique par un camion prouve que nous devons être plus vigilants. »

Face à ces dégradations précoces, les usagers réclament une expertise technique rapide du ministère des Infrastructures sur la route menant au pont de Demoudoula. L’objectif est d’identifier les défauts d’assainissement, engager les réparations nécessaires et sensibiliser les populations à la préservation du bien public.

“Si chacun fait attention aux caniveaux, aux ordures, aux installations anarchiques et aux ouvrages qui accompagnent la route, nous pouvons contribuer à maintenir cette voie en bon état pendant longtemps”, a-t-il ajouté.

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 août 2026 18:00

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