Guinée : Le gouvernement accélère la “sécurisation juridique” du Programme Simandou 2040
CONAKRY- Le ministre Secrétariat général du gouvernement a officiellement lancé, ce mercredi 19 août 2026 à Conakry, les diligences juridiques de la première vague du Programme Simandou 2040. La rencontre qui s’est tenue dans un réceptif hôtelier a réuni des membres du gouvernement et des conseillers du chef de l’État.

Face aux contraintes de délais et aux exigences des bailleurs de fonds, l’exécutif guinéen entend accélérer la production des textes normatifs et renforcer la coordination interministérielle pour sécuriser juridiquement 331 projets prioritaires, dont plus de la moitié nécessitent un cadre légal opérationnel dès cette année.
L’objectif de l’atelier était de partager une compréhension commune des enjeux de sécurisation juridique, d’identifier les textes nécessaires et de renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués.
À l’ouverture de l’événement, Sérébè Keïta, secrétaire générale adjointe du Secrétariat général du gouvernement (département organisateur), a indiqué que les analyses menées démontrent l’ampleur du défi : le portefeuille examiné comprend 331 projets.
« La réussite de ces projets ne dépend pas uniquement de leur financement ou de leur maturité technique, mais exige également un environnement juridique adéquat, capable de sécuriser les procédures, d’encadrer les interventions des acteurs et de garantir une mise en œuvre efficace des investissements publics », a-t-elle déclaré.

Dans la même lancée, elle a souligné l’urgence de la situation, rappelant que 163 projets nécessitent l’établissement d’un cadre juridique dès 2026, ce qui requiert célérité, rigueur et coordination.
« Les secteurs des infrastructures, des transports et des technologies, qui représentent à eux seuls près de 59 % du portefeuille de la première vague, appellent une attention particulière, sans pour autant négliger les autres secteurs de la transformation du pays. C’est précisément pour répondre à cet impératif que nous sommes réunis aujourd’hui. Nos échanges doivent permettre de dresser un diagnostic commun, d’identifier les textes nécessaires à chaque projet, de clarifier les responsabilités institutionnelles et de convenir d’une méthodologie de suivi garantissant une plus grande célérité dans la production et l’adoption des actes juridiques », a-t-elle ajouté.
Une gouvernance juridique fondée sur l’anticipation
Selon Mamadou Angelo Diallo, délégué général de l’Unité d’exécution du Programme Simandou 2040 (Delivery Unit Simandou 2040), les participants ont abordé la question cruciale de la gouvernance juridique sous l’impulsion du ministre Secrétaire général du gouvernement.

L’enjeu principal est d’anticiper l’application des dispositions légales encadrant les investissements publics. Les textes et orientations politiques existant déjà, la différence se fera sur la célérité de l’action et la diligence des instances. Il a insisté sur la collégialité et l’engagement collectif.
« La réussite de ce programme repose sur l’intelligence collective, la synergie et la collégialité institutionnelle. Ce travail ne se fera pas en isoloir au Secrétariat général du gouvernement ou au sein du Comité Stratégique Simandou, mais implique chaque acteur de la chaîne. En tant que mémoire institutionnelle des ministères et concepteurs de la planification des investissements, les Bureaux de Stratégie et de Développement (BSD) et les cellules d’exécution doivent mettre leur expertise du terrain et des procédures au service de la République, avec une rigueur accrue. La Delivery Unit, chargée du pilotage stratégique de l’exécution, jouera un rôle de facilitateur et d’accompagnateur. L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. En nous alignant scrupuleusement sur le cadre juridique établi, nous ferons ensemble du programme Simandou 2040 une réalité », a-t-il indiqué.
M. Diallo a précisé que sur l’ensemble des projets de cette phase quinquennale, plus de 162 doivent faire l’objet de financements auprès du secteur privé, des institutions financières de développement (DFI) et des bailleurs de fonds traditionnels (Banque mondiale, BAD, BID, etc.).

« Historiquement, le respect des conditions de mise en vigueur des financements constituait un véritable goulot d’étranglement, retardant parfois excessivement les projets. Aujourd’hui, le défi majeur est d’éviter que l’administration publique et nos propres procédures ne deviennent des freins au développement socio-économique », a-t-il affirmé.
La rencontre a réuni, dans un complexe hôtelier, les directeurs généraux, les membres des BSD ainsi que les responsables et points focaux des cellules d’exécution. L’objectif était de s’approprier la démarche normative pour disposer d’une cartographie fiable des textes existants, manquants ou à produire, ainsi que des délais d’adoption nécessaires.

Pour Tamba Benoît Kamano, ministre Secrétaire général du gouvernement, ces réformes s’inscrivent directement dans la vision présidentielle : « Les réformes entreprises concourent toutes au programme de société du président de la République, le programme Simandou 2040. Les réformes juridiques nous ont permis de nous doter d’une Constitution, de lois organiques consolidant le socle constitutionnel, ainsi que d’une loi-cadre et d’une première loi de programmation. Elles traduisent toutes la même exigence : donner à l’action publique une base solide, lisible, cohérente et durable. Cet atelier nous permet d’évoquer les diligences et fondamentaux juridiques afin que la transformation nationale repose sur un cadre de référence clair. »

Le ministre Secrétaire général du gouvernement a rappelé la nécessité de basculer vers un mode de gestion anticipé et collaboratif. « Nous devons passer d’une gestion dans l’urgence à une démarche planifiée, coordonnée et suivie. C’est la condition pour éviter que l’absence d’un décret, d’un arrêté, d’une convention ou d’une loi ne devienne un facteur de blocage. Dans ce chantier, le Secrétariat Général du Gouvernement ne se substitue pas aux départements ministériels : chaque ministère reste responsable de ses projets et de ses besoins juridiques. Néanmoins, nous venons en appui pour identifier la norme adaptée (convention, traité, loi, décret, arrêté ou décision) et pour faciliter, organiser, consolider, sécuriser, suivre et alerter. »


Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 août 2026 07:49Nous vous proposons aussi
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