Visa Médical : les témoignages qui racontent la révolution des hôpitaux guinéens
Dans plusieurs structures sanitaires de la Guinée notamment en Guinée forestière, la digitalisation des services hospitaliers commence à modifier en profondeur le parcours des patients et la gestion des établissements. À Macenta comme à Beyla, responsables hospitaliers et usagers témoignent des changements apportés par le système Visa Medical.
À l’hôpital préfectoral de Macenta, le constat du chef du service de chirurgie générale est sans équivoque. Selon le Dr Milimono Sah, la digitalisation a contribué à réduire considérablement le temps consacré aux consultations, dans un établissement confronté à une forte affluence.

« Avant l’arrivée de Visa Médical, si vous aviez 100 malades à consulter, ça prenait beaucoup de temps. Avec l’arrivée de Visa Médical, chaque malade a au moins 10 minutes de consultation », explique-t-il.
Pour le chirurgien en chef, cette réduction du temps d’attente permet également d’accélérer la prise en charge et les prescriptions. Il appelle ainsi les autorités à accompagner et à protéger cette innovation développée en Guinée.
Autre changement mis en avant à Macenta : la traçabilité des paiements. Le Secrétaire général du Comité des Relations avec les Usagers (CRU) affirme qu’une enquête menée du 22 au 25 juillet auprès de 90 patients montre que 84 d’entre eux déclarent avoir payé exclusivement au guichet officiel.

Un résultat qui, selon lui, traduit une amélioration de la transparence dans l’établissement et la disparition progressive des carnets parallèles autrefois utilisés par certains agents.
« Les citoyens accueillent cette carte comme un renouveau », souligne-t-il, estimant que le nouveau système permet notamment de mieux contrôler les paiements et de limiter les pratiques informelles.
Du côté des patients, le changement est également perceptible. Un usager de l’hôpital de Macenta raconte les difficultés liées à l’ancien système basé sur les carnets papier : déplacements entre plusieurs services, files d’attente et obligation de racheter régulièrement un carnet.
Avec la carte numérique, le parcours est désormais simplifié. Lorsqu’il revient à l’hôpital plusieurs semaines ou plusieurs mois après une première consultation, le patient présente sa carte au bureau des entrées. Ses informations sont retrouvées dans le système et il peut être orienté directement vers le service ou le médecin concerné.
À N’Nzérékoré, la digitalisation a également changé le mode de travail des médecins témoigne Antoine Sandouno.

« Notre plus grand problème, pendant les consultations, était la perte des carnets. Vous pouviez voir un patient arriver avec un carnet déchiré, ce qui nous causait beaucoup de problèmes.
Aujourd’hui, nous voyons directement les informations du patient apparaître sur nos écrans. Et, d’ailleurs, c’est une grande fierté pour nous de voir une entreprise mettre à notre disposition des ordinateurs. Cela améliore considérablement le travail que nous faisons ».
A beyla selon les témoigne des médecins, les recettes mensuelles de l’établissement sont passées de moins de 100 millions de francs guinéens avant la digitalisation à une fourchette comprise entre 160 et 180 millions de francs guinéens.
Pour les responsables, cette progression est notamment liée à la centralisation des paiements et à une meilleure traçabilité des opérations.
Le modèle présente également, selon eux, un autre avantage : l’établissement n’a pas eu à supporter le coût initial de l’équipement informatique, celui-ci ayant été préfinancé et installé dans le cadre du dispositif.
Au-delà des recettes, la direction de l’hôpital de Beyla met en avant l’accès à des données permettant de suivre plus facilement l’activité de l’établissement. Le pilotage s’appuie désormais davantage sur des tableaux de bord, tandis que certaines opérations de rapprochement manuel effectuées auparavant en fin de mois sont réduites.
Un changement particulièrement apprécié par les patients qui reviennent régulièrement à l’hôpital. Même après plusieurs semaines ou plusieurs mois, ils n’ont plus besoin de racheter un carnet ni de reprendre tout le processus depuis le début : leur dossier reste accessible dans le système.

Pour cet usager de Macenta, cette continuité des soins représente l’un des principaux avantages de la digitalisation.
« Avant, pour acheter le carnet, c’était tout un problème. Tu pouvais passer par plusieurs endroits, attendre longtemps avant d’être reçu. Aujourd’hui, tu viens avec ta carte, on la scanne au Bureau des Entrées et on t’oriente directement vers ton médecin. Même si tu reviens après un, deux ou trois mois, tu n’as pas besoin de chercher encore un carnet. »
Ces témoignages mettent ainsi en évidence trois enjeux majeurs de la transformation numérique des établissements sanitaires : réduire le temps d’attente, sécuriser les recettes et améliorer la transparence dans la prise en charge des patients.
À Macenta comme à Beyla, les responsables hospitaliers souhaitent désormais que cette expérience puisse être consolidée et étendue à d’autres structures sanitaires du pays. Pour eux, la digitalisation ne constitue plus seulement un outil technologique, mais un levier de modernisation du service public de santé.
Créé le 25 août 2026 09:13Nous vous proposons aussi
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