Pénurie de gaz à Conakry : restaurateurs et ménages sur le “qui-vive”…
CONAKRY — Depuis près d’une semaine, plusieurs quartiers de Conakry sont confrontés à une pénurie de gaz butane. Dans les points de vente visités ce vendredi 21 août, les bouteilles sont vides, tandis que les consommateurs disent multiplier les déplacements à la recherche du précieux combustible.
Restaurateurs, vendeurs et simples citoyens tirent la sonnette d’alarme. Pour beaucoup, l’absence de gaz commence à perturber sérieusement les activités quotidiennes, notamment la restauration et la cuisine domestique.

« Depuis une semaine, nous avons une rupture »
Dans un point de vente de gaz à Cosa dans la commune de Lambanyi, Diallo Amadou Oury, vendeur au détail, témoigne de la difficulté à satisfaire ses clients. « Je suis vendeur de gaz en détail. Depuis une semaine, nous faisons face à une rupture. Les gens viennent demander, mais il n’y a pas de gaz. Les sociétés qui nous fournissent du gaz nous demandent d’attendre. Mais depuis une semaine, il y a une rupture. ».
Une situation qui met les vendeurs dans une position particulièrement délicate : les clients continuent d’affluer, mais les stocks ne suivent plus.

Des restauratrices obligées de parcourir plusieurs quartiers
Pour les professionnels de la restauration, les conséquences sont encore plus directes. Kadiatou Baldé, restauratrice à Cosa, explique avoir failli fermer son activité faute de gaz.
« Nous avons constaté depuis une semaine qu’il n’y a pas de gaz dans Conakry. Et moi, je suis restauratrice, donc cela a beaucoup d’impacts. Même hier, j’ai failli ne pas travailler parce que je suis venue et il n’y avait pas de gaz. Le stock était fini et je n’ai pas pu acheter. »
La restauratrice dit avoir tenté sa chance dans plusieurs quartiers. « Je suis partie jusqu’à Kipé. Je n’ai pas pu en avoir. J’ai failli fermer. C’est finalement ma voisine qui m’a montré un endroit ici. Apparemment, elle avait acheté le matin. Moi aussi, il restait deux bouteilles, j’en ai acheté une. C’est avec ça que je me débrouille actuellement. »

Pour Kadiatou Baldé, la situation pourrait rapidement devenir préoccupante si la rupture se prolonge. « Je ne sais pas si cela va continuer, mais je pense que si la rupture perdure, cela aura forcément un impact sur notre travail. Beaucoup de personnes utilisent le gaz et, sans le gaz, nous ne pouvons pas travailler. »
La restauratrice dit également avoir entendu parler d’un éventuel retour à la normale dans les prochains jours, mais reste prudente face à cette information. « Nous demandons donc au ministère des Hydrocarbures de nous aider et de faciliter réellement l’accès au gaz, parce que beaucoup de personnes en dépendent pour travailler. »
« Nous avons parcouru presque toutes les zones »
Pour les ménages également, la pénurie devient source de préoccupation. Abdourahmane Bah, citoyen rencontré à Conakry, affirme avoir parcouru plusieurs quartiers sans parvenir à trouver une bouteille. « Ce n’est pas normal, puisque les gens sont habitués au gaz depuis très longtemps. Nous avons parcouru presque toutes les zones ici, jusqu’à Kipé, Taouyah et Lambanyi. Pourquoi il n’y en a pas ? On demande pourquoi, mais on ne nous donne pas d’explications. On nous dit seulement qu’il n’y a pas de gaz. ».

Selon lui, certains vendeurs évoquent l’arrivée prochaine d’un bateau chargé de gaz, mais cette perspective oblige les consommateurs à patienter. « Un autre vendeur nous a dit que le bateau de gaz pourrait être à Conakry à partir du 26. Donc, nous devons encore patienter et prendre notre mal en patience jusqu’à ce qu’on voie le gaz. »
Abdourrahmane Bah appelle les autorités et les sociétés impliquées dans l’approvisionnement du pays à agir rapidement. « Nous demandons vraiment aux autorités, mais surtout aux sociétés qui envoient le gaz en Guinée, de nous venir en aide. Nous sommes déjà habitués à cela. Le gaz, c’est pratique. Tu n’as pas de fumée chez toi, tu n’as pas de cendres. Tu te lèves, tu allumes et tu peux cuisiner rapidement. »
« Certains ne peuvent pas vivre sans ce gaz »
Même constat chez Nabilaye Camara, qui dit avoir consacré plusieurs jours à la recherche d’une bouteille de gaz. « Hier, je suis parti de Simbaya jusqu’à Lambanyi pour chercher le gaz, en vain. Je suis parti à Kaporo, mais je n’en ai pas trouvé. Aujourd’hui, depuis 8 heures du matinmais je n’ai toujours pas trouvé. »

Pour lui, cette pénurie dépasse désormais le simple problème d’approvisionnement. Elle touche directement le quotidien de nombreux habitants, notamment ceux qui vivent dans des appartements et ne peuvent pas facilement recourir au charbon de bois.
« Au fait, c’est un problème qu’ils doivent résoudre rapidement parce qu’il y a certains qui ne peuvent pas vivre sans ce gaz. Nous, par exemple, nous sommes logés au quatrième étage. Si tu dis qu’il faut utiliser le charbon, tu risques de provoquer des ennuis aux voisins à cause de la fumée. Ce n’est pas acceptable. »
Il insiste également sur les difficultés liées à l’utilisation du charbon dans des logements collectifs. « Nous n’avons pas de fourneau. Acheter le charbon, l’utiliser, tout cela prend du temps. Et puis, le charbon, en l’utilisant, peut aussi avoir des conséquences sur la santé. »

Un appel aux autorités
Face à cette situation, Nabilaye Camara demande aux autorités de prendre en compte les réalités des ménages qui dépendent du gaz. « L’appel que je vais lancer, c’est qu’ils nous viennent en aide. Tout le monde ne vit pas de la même manière. Nous sommes dans un pays où les prix sont déjà élevés. Peut-être que tout le monde n’utilise pas le gaz, mais qu’ils pensent aussi à nous. Il y a des personnes qui ne peuvent pas vivre sans ça, à cause de leurs logements et de leurs activités. Vouloir chercher le charbon, le mettre en place, tout cela prend du temps. Donc, ils n’ont qu’à nous aider. Nous souffrons beaucoup. C’est vraiment le message que je veux leur adresser. »
Selon une source bien informée, le problème de la pénurie de gaz qui frappe le pays, notamment la capitale guinéenne Conakry, est en train d’être réglé. La situation devrait progressivement revenir à la normale dans les jours à venir. Notre interlocuteur a assuré qu’il y a un stock suffisant sur place.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 août 2026 09:57Nous vous proposons aussi
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