Contrôle du travail dans le secteur public : Mory Condé lance un atelier de sensibilisation avant le déploiement des inspecteurs

CONAKRY- Le Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, Mory Condé a présidé ce jeudi 20 août 2026, un atelier d’information consacré aux missions de contrôle du respect de la législation du travail au sein des établissements et organismes publics.

Cet atelier a réuni des membres du Gouvernement, des directeurs généraux d’établissements publics autonomes ainsi que plusieurs hauts cadres de l’administration du Travail. Il avait pour objectif d’informer les responsables des structures concernées sur les modalités pratiques des missions de contrôle de l’Inspection Générale du Travail (IGT), tout en les invitant à prendre les dispositions nécessaires pour se conformer aux textes légaux et réglementaires en vigueur.

Les travaux ont été animés par l’Inspection Générale du Travail (IGT), l’Office National de Formation et de Perfectionnement Professionnels (ONFPP), la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et le Conseil National du Dialogue Social (CNDS).

Bakary Sylla, Directeur Général de la CNSS

À travers différentes communications, ces structures ont présenté leurs missions respectives ainsi que les principales obligations auxquelles sont soumis les employeurs en matière d’emploi, de travail, de protection sociale et de dialogue social.

L’atelier a également permis d’expliquer les modalités des contrôles, les principaux points qui feront l’objet de vérifications ainsi que les fondements légaux et réglementaires qui encadrent ces opérations.

Selon les organisateurs, cette démarche vise avant tout à privilégier l’information et la prévention, afin de permettre aux établissements concernés de procéder, en amont, aux éventuelles régularisations nécessaires.

« La conformité ne s’obtient pas par la surprise »

À la clôture des travaux, le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale a insisté sur la nécessité de faire du respect de la législation du travail une exigence de bonne gouvernance et d’exemplarité de l’État.

« Nous avons fait le choix de vous informer avant le déploiement des missions de contrôle parce que la conformité ne s’obtient pas par la surprise. Elle se construit par la connaissance des règles, la clarté des exigences et la responsabilité de chacun », a déclaré le ministre.

Mory Condé a notamment cité plusieurs obligations essentielles, dont l’existence d’un contrat de travail écrit, le paiement et la justification des salaires par un bulletin de paie, l’effectivité de la protection sociale ainsi que la garantie de conditions de travail préservant la santé, la sécurité et la dignité des travailleurs.

« Derrière chaque pièce que l’Inspection du Travail réclame, il y a un droit concret pour une femme ou pour un homme : une visite médicale qui permet de détecter à temps une maladie professionnelle ; une déclaration à la Caisse qui ouvrira demain des droits sociaux ; un équipement de protection qui peut éviter un accident. Voilà ce que nous protégeons », a-t-il ajouté.

Pour le ministre, les contrôles annoncés ne constituent donc pas l’instauration de nouvelles exigences, mais visent à vérifier l’application effective des obligations déjà prévues par la législation et la réglementation en vigueur.

Des contrôles encadrés et contradictoires

Mory Condé a par ailleurs précisé le déroulement des futures missions de contrôle. « Chaque mission donnera lieu à une réunion d’ouverture, puis à une réunion de clôture au cours de laquelle les constats seront portés à votre connaissance et vos observations recueillies avant la finalisation du rapport », a-t-il expliqué.

Cette procédure, selon lui, doit permettre aux responsables des établissements contrôlés de comprendre les éventuels manquements relevés et, le cas échéant, de fournir les éléments nécessaires à leur appréciation.

Le ministre a également salué la participation du Conseil National du Dialogue Social, estimant que le contrôle et la concertation doivent aller de pair. « Le contrôle ne se substitue pas à la concertation. Il participe, au contraire, à la création des conditions d’un dialogue social plus serein », a soutenu Mory Condé.

L’accompagnement avant la sanction

Le Gouvernement entend par ailleurs privilégier la mise en conformité plutôt que la sanction systématique. « La priorité sera donnée, chaque fois que la nature du manquement et les dispositions applicables le permettent, à l’accompagnement vers une mise en conformité effective », a indiqué le ministre.

Mory Condé a toutefois prévenu que les manquements pourront entraîner l’application des mesures prévues par la loi. « En revanche, les manquements persistants, les situations présentant un danger pour les travailleurs ou toute obstruction au contrôle appelleront l’application des mesures prévues par la loi.

C’est pourquoi je vous demande de prendre, dès à présent, les dispositions nécessaires pour assurer la disponibilité de vos responsables des ressources humaines, de la paie, de la santé et de la sécurité au travail afin d’accueillir les missions », a-t-il prévenu avant d’inviter les responsables des établissements publics à faciliter l’accès aux documents, aux locaux concernés ainsi qu’aux représentants du personnel, conformément aux dispositions légales applicables.

« Lorsque des mesures correctives seront nécessaires, je compte sur chacun d’entre vous pour veiller à leur mise en œuvre effective », a-t-il lancé, assurant que les services de l’Inspection Générale du Travail restent disponibles pour accompagner les établissements avant même le début des contrôles.

« Venir faire examiner un dossier, demander une clarification ou solliciter un éclairage sur une démarche de régularisation en cours n’est pas un aveu de faiblesse. C’est, au contraire, une démarche de responsabilité », a insisté Mory Condé.

Un enjeu de crédibilité pour l’action sociale de l’État

Pour Mory Condé, le respect de la législation du travail doit désormais s’inscrire pleinement dans l’action du Gouvernement et dans la gouvernance des établissements publics. « Ce n’est pas une formule. C’est aussi à la manière dont l’État traite et protège les travailleurs que se mesure la crédibilité de son action sociale », a conclu le ministre.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 août 2026 19:30

Nous vous proposons aussi

TAGS

étiquettes: ,