Mali : La bataille d’Anefis, théâtre de violents combats entre l’armée et la coalition JNIM-FLA
À Anefis, la journée du dimanche 5 juillet a été marquée par de violents combats. Depuis le samedi 4 juillet, la coalition des forces terroristes et rebelles du JNIM (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) et du FLA (Front de Libération de l’Azawad) occupe les rues, les abords des bâtiments administratifs et le rond-point central de la ville. De leur côté, les soldats gouvernementaux et leurs alliés paramilitaires russes de l’Africa Corps restent retranchés dans les casernes du principal camp militaire.
« Ils y sont dans l’attente de renforts de la part de la chaîne de commandement des FAMa », confie un habitant d’Anefis.
Des renforts bloqués et pris pour cibles
Selon nos informations, d’importants convois de renforts militaires et de ravitaillement en produits de première nécessité avaient quitté la base de Gao, située à 242 kilomètres, pour rejoindre Anefis — théâtre des combats pour le contrôle de ce verrou stratégique menant à Kidal. D’autres contingents sont également partis de Tombouctou par la route et de Kati par voie aérienne.
Cependant, l’arrivée de ces renforts a accusé un lourd retard, apprend-on. « Le JNIM et le FLA ont pris position partout, aux portes et à l’intérieur de notre ville. À quelques kilomètres d’ici, il y a eu une série de fortes déflagrations et d’embuscades meurtrières », déplore une source locale.
En effet, selon une autre source proche de la mairie de la commune urbaine d’Anefis, le dimanche 5 juillet aux environs de 13h30, un important convoi de renforts en provenance de Gao a été intercepté et démantelé. Des chars, des canons, des blindés et des véhicules de transport de troupes et de ravitaillement ont été détruits à l’entrée de la ville, assiégée depuis le samedi.
Plus grave encore, un hélicoptère de fabrication russe venu de Bamako a été abattu. Six véhicules de transport de troupes en provenance de Gao ont été calcinés. La plupart des militaires à bord ont été tués, d’autres grièvement blessés, et plusieurs ont été faits prisonniers.
« Au cours de cette bataille du dimanche 5 juillet 2026, les FAMa ont été confrontées à de sérieux défis militaires et stratégiques face aux forces ennemies. La situation était telle que l’ordre a été donné par la hiérarchie d’adopter un plan de répli tactique dicté par le terrain, ou de replier les renforts avec armes et bagages vers leurs bases de Gao et de Tombouctou. Les victimes, morts et blessés, ont été prises en charge. C’est une guerre asymétrique que le Mali seul ne saurait gagner », a déclaré un blessé léger.
Selon des sources hospitalières, le bilan provisoire des affrontements de dimanche à l’intérieur et aux portes d’Anefis s’élève à près de 200 victimes (morts et blessés confondus). On déplore également 39 militaires faits prisonniers, ainsi que quatre véhicules et de l’armement lourd emportés par les forces rebelles et terroristes.
Selon une source sécuritaire, le reste des renforts acheminés par voies terrestre et aérienne a été redéployé à Gao. Toutefois, les mouvements de troupes se poursuivent de part et d’autre dans la région. Du côté du JNIM et du FLA, il a été confirmé à notre rédaction que de nouveaux convois de renforts ont quitté Kidal (à 101 kilomètres) tôt ce lundi matin en direction d’Anefis.
Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, un climat d’accalmie relative a prévalu dans la ville et ses alentours. « Même si, aux environs de 3 heures du matin, des détonations d’armes lourdes et des tirs d’armes automatiques ont été entendus en provenance de Tiknewen, une localité située à une cinquantaine de kilomètres du centre d’Anefis, sur la route de Gao », a nuancé un fonctionnaire municipal local.
Base hautement stratégique, le camp militaire d’Anefis s’impose aujourd’hui plus que jamais comme un point névralgique pour le contrôle de la région. Sur le plan géostratégique, cette petite ville aride, au centre de toutes les convoitises, est devenue un foyer de vives tensions.
Depuis leur retranchement dans les casernes, les FAMa et leurs alliés russes d’Africa Corps opposent une résistance farouche, alors que le reste de la ville demeure sous l’occupation du JNIM et du Front de Libération de l’Azawad.
Reste désormais à savoir si, dans les heures ou jours à venir, cette base militaire stratégique tombera entièrement aux mains des groupes djihadistes et de leurs alliés indépendantistes, ou si les FAMa réussiront à sécuriser les positions qu’elles tiennent depuis la reprise de Kidal.
À suivre !
Africaguinee.com
Créé le 6 juillet 2026 14:05Nous vous proposons aussi
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