Mali: Un Guinéen incarcéré « sans procès » depuis près de 5 ans à Bamako…
BAMAKO– Près de 60 mois derrière les barreaux sans le moindre procès. C’est le calvaire que vit Lamine Bah, un ressortissant guinéen placé en détention préventive à la Maison centrale d’arrêt (MCA) de Bamako. À l’approche de sa cinquième année d’incarcération, sa famille brise le silence et réclame l’application d’un droit fondamental : une justice équitable et dans des délais raisonnables.
Cinq ans d’attente dans les couloirs de la MCA
Né en 1985 à Kolè (dans la préfecture de Tougué, en Guinée), Lamine Bah s’était établi comme transporteur à Gouana, dans le sud de la capitale malienne, où il résidait avec son épouse et ses enfants. Mais sa vie a basculé il y a près de cinq ans. En octobre 2026, il franchira la barre fatidique des 60 mois de détention provisoire.

Poursuivi pour une accusation d’« atteinte physique », ce père de famille n’est toujours pas fixé sur son sort. Il n’est pas un condamné, mais un prévenu qui attend que la justice malienne examine son dossier. Dans l’univers carcéral de la MCA, sa longévité commence à marquer les esprits.
« Certes, à l’époque où j’y étais, « Guinéen » — c’est son surnom en prison — n’était pas le doyen d’âge des détenus pour les délits et crimes de droit commun ; mais il était l’un des plus anciens », confie un ancien geôlier sous couvert d’anonymat.
Un « oublié » de la justice ?

Pour l’entourage du détenu, cette attente interminable s’apparente à une injustice flagrante. Au Mali, les textes de loi encadrent pourtant strictement la détention provisoire en matière de droit commun, afin de garantir la présomption d’innocence et d’éviter les détentions arbitraires ou abusivement prolongées.
« S’impatienter pendant 56 mois derrière les barreaux sans être fixé sur son sort par la justice, c’est là le hic », s’indigne une source proche du dossier interrogée par Africaguinee.com.
Pour sa famille, seule la tenue d’un procès en bonne et due forme permettra de faire la lumière sur les faits qui lui sont reprochés, en confrontant les arguments de la partie civile à la défense de l’accusé. En attendant, les proches de Lamine Bah continue de s’interroger : quand la justice malienne s’enquerra-t-elle enfin de son dossier ?

« Certes, nul n’est au-dessus de la loi ; mais être justiciable et poursuivi par la justice ne signifie pas être privé du droit à un procès équitable, rendu dans les délais prévus par les textes », interpelle ce membre de la famille de Lamine Bah.
Djankourou Diallo
Correspondant d’Africaguinee.com à Bamako
Créé le 17 juin 2026 05:14Nous vous proposons aussi
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