Bamako : 40 Guinéens arnaqués et séquestrés libérés par la police malienne !
BAMAKO-Un groupe de migrants guinéens vient d’être libéré et remis à ses proches à Bamako par la Brigade malienne de répression du grand banditisme et des crimes organisés. Près de 90 % des victimes sont originaires de Timbo, dans la préfecture de Mamou. Selon nos informations, les autorités judiciaires ont ouvert une enquête visant une trentaine de personnes interpellées. Les suspects font face à plusieurs chefs d’accusation : « faux et usage de faux, escroquerie, abus de confiance et association de malfaiteurs ».
Des dizaines de jeunes retenus dans des foyers secrets
Le jeudi 16 juillet 2026, quarante-six (46) migrants guinéens, presque tous ressortissants de Timbo (préfecture de Mamou), ont été libérés par la Brigade de répression du grand banditisme.
Selon Amadou Timbo, membre du Bureau des ressortissants de la sous-préfecture de Timbo à Bamako, plus d’une centaine de jeunes — hommes et femmes confondus — demeurent détenus dans des foyers secrets éparpillés dans les Communes V et VI du district de Bamako. Ces lieux d’isolement se situent principalement dans les quartiers périphériques de Niamana, Yirimadjo, Kalabankoro-Niamakurani, Faladié, Garantibougou et Kabala.
Le mode opératoire des arnaqueurs
Dès qu’une victime potentielle arrive à la « Place-Guinée » de Djikoroni-para (Commune IV) ou à l’autogare de Sogoninko (Commune VI), elle est conduite dans un logement clos où elle est enfermée avec d’autres détenus, maliens ou d’autres nationalités africaines. Pour obtenir sa liberté, la victime doit compter sur ses proches, restés au pays ou basés à l’étranger, pour payer une rançon s’élevant à plusieurs millions de francs CFA.
« Si les parents résident à Conakry ou à Siguiri, la rançon exigée par téléphone varie entre 85 et 100 millions de francs guinéens. Elle est d’environ 25 millions de francs guinéens pour les familles installées dans les villages ou les autres préfectures. Quant aux proches vivant à l’étranger (en Europe de l’Ouest ou en Amérique du Nord), ils doivent débourser l’équivalent de 10 millions de francs CFA », explique un ex-otage du réseau.
Il ajoute : « Tous les Guinéens piégés ont été contactés par des compatriotes membres du réseau : des proches, des amis, des connaissances de longue date ou des relations personnelles. »
Vaste coup de filet des forces de l’ordre
Selon une source proche de la communauté guinéenne de Bako-Djikoroni, cette opération de lutte contre le grand banditisme et l’escroquerie s’est déroulée durant la semaine du 13 au 19 juillet 2026. Elle s’inscrit dans la volonté des services de sécurité maliens de démanteler ce vaste réseau criminel international.
Dans la capitale malienne, les lieux de détention ont été dénichés par la Brigade de répression du grand banditisme, basée au quartier Hamdallaye ACI 2000. La descente policière a donné lieu à plusieurs interpellations coordonnées et à l’ouverture de poursuites judiciaires.
« Ces interventions font suite aux avis de recherche et aux plaintes qui nous parviennent régulièrement des familles restées en Guinée », souligne Amadou Timbo.

Des mineurs et de jeunes mères parmi les victimes
Parmi les personnes libérées et candidates au rapatriement volontaire en Guinée figurent des jeunes filles, de jeunes femmes, des nourrices et des mineurs, dont l’âge varie entre 15 et 35 ans.
Plusieurs auteurs présumés de ces crimes ont été arrêtés et placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. « Ces criminels en col blanc continuent de tomber dans les filets de la police », affirme une source sécuritaire qui ne souhaite pas révéler d’identités pour les besoins de l’enquête.
Un réseau sous le couvert de la société QNET
Certains membres du réseau « courent toujours entre Bamako, Abidjan, Conakry et Freetown », renchérit Ousmane Diallo (23 ans, diplômé de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry), un ancien détenu du foyer nommé « Bâtiment Coulibaly » — un abri clandestin fermé récemment par la police de N’Tabacoro.
Cette bande organisée est également soupçonnée d’implication dans un réseau ouest-africain de trafic de migrants et de prostitution. Le groupe opérait au Mali et dans la sous-région sous le couvert des activités de la société de vente multiniveau sud-asiatique QNET.
Au Mali, la grande majorité des personnes secourues sont des citoyens guinéens candidats à l’émigration irrégulière, retenus contre leur gré. Si le Mali demeure une terre d’accueil et d’hospitalité, l’émergence de ce type de criminalité organisée vient menacer la liberté de circulation des personnes et des biens à l’échelle sous-régionale.
Djankourou Diallo
Correspondant permanent d’Africaguinee.com à Bamako
Créé le 21 juillet 2026 19:54Nous vous proposons aussi
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