Washington: La Banque mondiale réaffirme son soutien stratégique à la Guinée pour le Programme Simandou 2040

Washington, DCLa Guinée peut compter sur le soutien du Groupe de la Banque mondiale pour l’accompagner dans son programme de développement diversifié et transformateur. C’est le message fort qui ressort des intenses discussions menées par la délégation guinéenne en marge des Réunions de printemps à Washington.

Le Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, entouré de son équipe et des experts du groupe, a longuement passé en revue, le mardi 14 avril, le dossier Guinée dans toutes ses dimensions avec la mission gouvernementale présente à Washington en marge des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

Ce grand tour de table a été un moment fort et enrichissant. Il a permis de passer au peigne fin le contexte sociopolitique, marqué par la fin de la transition et le retour apaisé à l’ordre constitutionnel, symbolisé par l’élection présidentielle de décembre 2025 et la programmation des scrutins législatifs et locaux.

Le Vice-président, Ousmane Diagana, a d’emblée félicité la Guinée « pour ce virage important franchi, ouvrant la voie à l’établissement d’un partenariat solide et durable, propice à la valorisation de l’énorme potentiel de développement socio-économique diversifié du pays. »

Simandou 2040, un référentiel qui convainc

Dans une salle comble, experts de la Banque, officiels et hauts cadres ont examiné le portefeuille actif des projets en Guinée et fait le point sur le cadre stratégique-pays en cours d’élaboration. Ils ont également évoqué les nouveaux projets dans le pipeline, les approches de financement innovantes, ainsi que les appuis techniques et budgétaires à entrevoir. Le tout en parfaite adéquation avec les piliers du programme ambitieux Simandou 2040, dont la pertinence et la vision ont largement convaincu la Banque mondiale.

À cette occasion, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Gouverneure pays pour la Banque mondiale, a déclaré : « Je remercie le Président Diagana et les hauts fonctionnaires du Groupe pour le soutien constant et renouvelé apporté à la Guinée. Nos fondamentaux macroéconomiques sont bons et solides, même si nous devons rester vigilants face aux répercussions du conflit au Moyen-Orient qui risquent d’affecter beaucoup d’économies comme la nôtre. Nous avons déjà anticipé à travers des mesures budgétaires et conjoncturelles. L’appui de la Banque à travers ses guichets, les garanties de la MIGA et d’autres instruments de gestion des chocs extérieurs nous serait très utile. »

Mme la ministre Mariama Ciré Sylla a également réaffirmé la volonté du gouvernement d’avancer rapidement sur plusieurs fronts : la finalisation du cadre stratégique pays, le bouclage de trois nouveaux projets intégrés, l’intensification des discussions pour un appui budgétaire, le soutien au secteur privé avec la SFI, et l’appui de la Banque aux discussions en cours avec le FMI pour la conclusion d’un programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC).

Des indicateurs macroéconomiques au vert

Cet exposé liminaire a été complété par les argumentaires du ministre du Plan, Ismaël Nabé, et du Gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba. Ils ont souligné les défis liés à la mobilisation des partenaires techniques et financiers, ainsi que du secteur privé, pour financer le Programme Simandou 2040, désormais Loi Plan et Loi Programme, et socle de la diversification économique pour les quinze prochaines années.

L’équipe de la Banque a été éclairée sur l’approche de la Delivery Unit, les projets pilotes liés à Simandou, le Fonds souverain, la notation souveraine B+ (Perspective positive), les schémas régionaux de développement, la formation des statisticiens, ainsi que les outils programmatiques offerts par le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH).

De son côté, le Gouverneur de la Banque Centrale a mis en avant les piliers de la politique monétaire : maîtrise de l’inflation, reconstitution des réserves de change, stratégie de maintien d’un franc guinéen fort pour pallier l’inflation importée, obligation de rapatriement des devises issues de l’exportation minière, et gestion concertée de la liquidité.

Avec un tableau macroéconomique au vert, des efforts de mobilisation des recettes, des réformes pour l’amélioration du climat des affaires et une meilleure capacité d’absorption des projets, la mission a exposé toute la palette d’atouts qui plaident en faveur de la Guinée comme destination d’investissements porteurs.

Vers de nouvelles approbations par le Conseil d’administration

Des discussions opérationnelles avaient eu lieu auparavant avec l’équipe en charge de la Guinée. Marie-Chantal Uwanyiligira et son équipe se sont félicitées des performances affichées et des avancées dans la mise en vigueur des projets : « Toutes les lourdeurs sont levées. Le portefeuille est resserré et ajusté. Nous allons rentabiliser les acquis en nous alignant sur les priorités stratégiques du Programme Simandou pour les sept prochaines années : gouvernance économique, financement des infrastructures et renforcement du capital humain, en cofinancement avec d’autres bailleurs. »

Avec ces avancées et des projets désormais matures, le dossier Guinée devrait rapidement passer au Conseil d’administration du Groupe pour approbation dans les mois à venir, confie-t-on à Washington.

La voix de l’Afrique portée par la Guinée

La mission gouvernementale a par ailleurs rencontré Harold Tavares, Administrateur pour le Groupe Afrique II au Conseil d’administration de la Banque mondiale. Les échanges ont porté sur la situation macroéconomique et les préoccupations des pays africains face à un contexte international incertain.

Il s’agissait d’une séance préparatoire à la réunion des ministres Gouverneurs du Groupe Afrique II. Alors que le Gabon a pris la présidence de ce groupe, la Guinée, par l’entremise de la ministre Mariama Ciré Sylla, en assume désormais la vice-présidence.

La Guinée y porte déjà un vibrant plaidoyer pour trouver des garde-fous aux crises mondiales, des solutions au fardeau de la dette, et des financements innovants pour le devenir du continent : « L’Afrique a besoin d’un autre regard de la communauté internationale pour construire un partenariat gagnant-gagnant. Pas d’aide, mais des investissements structurants et impactants en faveur de nos pays et de nos populations. »

Un plaidoyer qui a trouvé un écho favorable à Washington, où les rencontres se poursuivent au pas de course pour garantir une moisson consistante lors de ces Réunions de printemps 2026.

Depuis Washington DC, Ibrahima Ahmed BARRY

Expert Senior,  Journaliste Consultant

Créé le 16 avril 2026 01:18

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