Véhicules et passagers dans la boue: Bienvenue dans “l’enfer” de la déviation de Garambé

LABÉ – L’effondrement du pont de Leydeppol engendre des conséquences. Le soulagement initial qu’a suscité la création d’une déviation vers Labé-Dhepperè n’a été que de courte durée. Dans la matinée, la situation a basculé : de nombreux camions et taxis de type 505 se sont retrouvés embourbés, créant un véritable bourbier et un embouteillage monstre. Des passagers, en provenance de la Gambie, du Sénégal, de Labé, de Conakry et même de la Côte d’Ivoire, se retrouvent pris au piège.

Un tracteur est sur place pour tenter de désenclaver les véhicules, mais les discussions entre le conducteur et les chauffeurs sont tendues. Nous avons assisté à une scène où le tractoriste, demandant un prix exorbitant.

« Laisse à 150.000 gnf pour tirer les 2 véhicules !”, lance le chauffeur dont le véhicule est embourbé.

 “Jamais”, rétorque le tractoriste qui assène: “c’est un manque de respect, un tracteur demande des moyens pour tourner, laissez-moi partir, vous ne voulez pas partir. C’est 300.000 ou bien je quitte. » Une situation qui témoigne du désespoir sur le terrain.

Un calvaire sans fin

Des citoyens locaux, comme Aliou Diallo de Garambé, ont passé la nuit à aider les usagers. Épuisé, il raconte : « La déviation était bien partie au début, il fallait passer par le marché de Kourahoun, traverser le village de Hoore dheppol en passant par Seghen mais à 1h du matin ce camion qui transporte des produits de ferme est embourbé sur place. Une 505 vient de bloquer hermétiquement le passage. Le calvaire est à son summum. Orientez le focus de votre camera par là. Il n’y a ni aller ni retour ; les passagers sont bloqués. Nous sommes en train de réfléchir à une autre alternative afin de libérer les gens mais en réalité c’est difficile. Un tracteur est là dans l’espoir de tirer les moins embourbés. »

Thierno Ibrahima Diallo, chauffeur sur la ligne Gambie-Pita, est bloqué depuis la veille. Il exprime son désarroi : « Je viens de Banjul à destination de Pita. Nous sommes arrivés la nuit ; nous avons tenté de passer en vain. Nous sommes donc allés au centre ; ce matin nous sommes revenus. Mes passagers et moi sommes bloqués ; mon véhicule embourbé à fond est coincé derrière. Nous attendons le tracteur pour payer afin de nous sortir de là. La galère est pire pour nous. Nous risquons de passer une deuxième nuit ici. »

Le poids de l’incivisme

Diallo Mamadou Bassirou, un citoyen qui aide sur place, pointe du doigt l’indiscipline de certains chauffeurs. Il se révolte contre l’origine du blocage : « Nous subissons cette situation parce que certains refusent de comprendre. Sinon on avait interdit ce passage aux camions. Sinon les taxis pourraient passer sans problème. On essaye de débloquer les gens progressivement. Ici c’est un bourbier même à Dara-Labé il y a des points critiques, les camions remorques ne peuvent passer par Dara-Labé, mais les camions peuvent passer. »

Souadou Barry, un voyageur, est très éprouvé par le retard accumulé. Il s’inquiète de la situation et lance un appel aux autorités : « De 6h du matin à 11 heures nous sommes là. Même à manger nous n’avons pas trouvé d’abord parce que le pont a cédé on ne peut plus passer par là-bas. On nous dit de tenter la déviation, nous voici encore bloqués ; on ne passe pas. Je pense que le problème c’est le camion qui est devant là-bas. L’embouteillage ne se forme pour rien. Nous demandons au général Mamadi Doumboya de penser à nous. »

Sur le terrain, une équipe du ministère des Infrastructures a été aperçue, cherchant d’autres solutions pour désengorger la route, mais ils n’ont pas fait de déclaration. L’inspecteur régional des TP de Labé a simplement indiqué qu’ils avaient un « calendrier chargé ».

Alpha Ousmane Bah et Thierno Oumar Tounkara

Pour Africaguinee.com

Tel: (+224) 664 93 45 45

Créé le 3 septembre 2025 16:08

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