Timbo, l’éveil d’une capitale historique en quête d’un nouveau statut administratif

MAMOU- ​À 55 kilomètres du centre de Mamou, une aspiration profonde anime la sous-préfecture de Timbo. Ancienne capitale politique du Fouta théocratique, cette cité historique ne veut plus se contenter de son statut actuel. Ses citoyens et ses ressortissants plaident désormais pour une reconnaissance administrative majeure : l’érection de Timbo en préfecture.

​Pour les habitants de Timbo, cette demande n’est pas une simple coquetterie administrative, mais une réparation historique. M. Mamadou Barry, président de la délégation spéciale, porte ce message avec conviction. 

​« Timbo répond à tous les critères. C’était la capitale du Fouta théocratique. Nous avons une densité importante, plus de 17 000 habitants répartis sur 6 districts, et une position géographique stratégique », explique-t-il.

​Pour réussir ce pari, Timbo ne compte pas faire cavalier seul. Le projet prévoit d’agréger plusieurs localités environnantes : Dounet, Kegneko, Niagara, Saramoussaya, Teguereya et même Poredaka. Un « bloc » cohérent qui donnerait à cette nouvelle préfecture une assise solide.

Un consensus local

​Ce qui frappe dans cette démarche, c’est l’unanimité des localités voisines. Loin de voir d’un mauvais œil cette ascension, les sous-préfectures limitrophes se disent prêtes à s’aligner derrière Timbo.

​À Dounet Thierno M’Bemba Diallo, ancien maire, souligne les liens de sang : « Nous sommes de la même famille. Dounet acceptera avec joie d’être une sous-préfecture de Timbo », dit l’ancien édile.

Même sentiment ​à Kegneko où Mamadou Dian Barry rappelle que « nos parents sont venus de Dara-Timbo ». Pour lui, ce projet est un levier de développement pour toute la région.

L’enthousiasme est identique à Saramoussaya. Ancienne dépendance de Timbo, la localité se dit prête à « rester derrière cette décision ».

« Relever Timbo, c’est s’élever »

​L’argumentaire dépasse le cadre purement administratif pour toucher au sacré. Elhadj Amadou Kolon Barry, Secrétaire Général de la Ligue islamique régionale de Mamou, a profité en décembre dernier lors du passage de la sœur du président de la République à Mamou pour rappeler une anomalie statistique.

​« Parmi toutes les régions du pays, seule la région de Mamou ne compte que trois préfectures (Mamou, Dalaba, Pita). Nous confions ce dossier au Président », avait-il indiqué.

​En invoquant la figure du Général Doumbouya, les chefs religieux espèrent une oreille attentive au sommet de l’État. Pour eux, l’acte de transformer Timbo en préfecture est autant un geste politique qu’une bénédiction pour celui qui le réalisera. « Celui qui élève Timbo, Dieu l’élèvera pour toujours », a martelé le leader religieux.

Quel avenir pour Mamou ?

​Aujourd’hui, le dossier est entre les mains des ressortissants à Conakry qui mènent le lobbying auprès des autorités, a-t-on appris. Si Timbo devenait la 4ème préfecture de la région, cela redessinerait la carte administrative et économique de la « Ville Carrefour ».

​Reste à savoir si l’État franchira le pas pour transformer cette capitale d’hier en pôle administratif de demain.

Habib Samaké 

Correspondant régional d’Africaguinee.com à Mamou

Créé le 18 janvier 2026 12:27

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