Suspension de l’UFDG et du RPG : Plus de 3 mois après, où en est-on dans le processus de leur régularisation auprès du MATD?

CONAKRY – Suspendus pour une durée de 90 jours depuis le 22 août 2025 pour non-respect de la Charte des partis politiques, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG arc-en-ciel) peinent toujours à se conformer aux exigences du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). À ce jour, aucune démarche officielle de régularisation n’aurait été engagée par ces deux formations politiques, selon une source au sein du département.

Pour le RPG arc-en-ciel, la position est claire : le parti n’entend entreprendre aucune démarche. Marc Yombouno, cadre de la formation politique, estime que la décision de suspension prise par le MATD est « injuste » et « illégale ». Selon lui, les autorités seraient allées au-delà des prérogatives que leur conférait l’ancienne Charte régissant les partis politiques.

« Qu’avons-nous à faire ? Rien de notre côté. Deux suspensions de suite, et sur quelle base ? Certainement pas sur la base de la charte qui existait avant. Ces décisions sont nées de leur seule volonté. D’ailleurs, récemment, ils ont introduit une nouvelle loi qui définit désormais les règles de suspension et de dissolution. Pourquoi ne pas l’avoir proposée avant de dissoudre ou suspendre des partis sans fondement légal ? Les charrues ont été mises avant les bœufs », fustige Marc Yombouno.

Marc Yombouno

Malgré la suspension, le cadre du RPG affirme que son parti reste serein et vigilant : « Nous suivons la situation. Mais nous nous demandons par quelle gymnastique ils vont encore aligner les choses. Le RPG arc-en-ciel, c’est un état d’esprit, un parti historique qui ne mourra jamais », prévient-il.

Du côté de l’UFDG, dirigée par l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo en exil depuis le lendemain du coup d’Etat du 5 septembre 2021, le silence persiste. Toutes nos tentatives d’obtenir une réaction officielle sont restées vaines.

Au MATD, une source interne confie que, pour l’heure, aucune information relative à une éventuelle régularisation n’a été reçue au niveau, de la part des deux partis suspendus.

En août dernier, le ministère dirigé par le général Ibrahima Kalil Condé avait averti que les partis suspendus ont trois mois pour corriger les manquements qui ont été identifiés dans leurs certificats d’évaluation. À la fin de ce délai, les services compétents procéderont à un réexamen de leur situation. Si les corrections ne sont pas jugées suffisantes ou conformes, des mesures complémentaires pourraient être prises, avait prévenu le MATD.

Oumar Bady Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 2 décembre 2025 19:28

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