Sur les traces du Général Lansana Conté à Missirah: Entretien avec le doyen Mamadi Diawara

KOUNDARA-Soldat de l’armée guinéenne avant de devenir président de la République le 3 avril 1984, feu général Lansana Conté, né en 1934 et décédé le 22 décembre 2008, a servi dans plusieurs localités du pays au cours de sa carrière militaire.

En séjour à Koundara, un journaliste d’Africaguinee.com s’est rendu dans le district de Missirah, relevant de la sous-préfecture de Sambailo, à environ 65 kilomètres de la commune urbaine, pour recueillir les souvenirs de ceux qui ont côtoyé l’ancien chef de l’État durant son passage dans cette localité frontalière avec le Sénégal.

Dans ce district frontalier, Lansana Conté, alors lieutenant, a servi comme chef du poste administratif (PA) de la localité. Enseignant à la retraite, Mamadi Diawara, citoyen de Missirah, se souvient encore du passage de l’ancien président de la République.

AFRICAGUINEE.COM: Selon nos informations, votre district de Missira fait partie des localités où l’ex-président Lansana Conté a servi. Vous le confirmez ?

MAMADI DIAWARA : Oui, le président Lansana Conté a vécu ici pendant un moment. Il était alors lieutenant. Je me souviens: Moi-même, avec mon jeune frère, avons été victimes de l’explosion d’une grenade ici pendant qu’il était en service.

J’avais tendu un piège pour attraper des oiseaux. Nous étions partis en brousse pour récolter du riz et vérifier le piège. Mes jeunes frères m’avaient suivi et je les avais pourchassés pour les faire rentrer. Mais l’un d’eux a finalement continué à me suivre.

Mon jeune frère a alors ramassé une grenade. Quand j’ai vu cela, je l’ai nettoyée, mais je n’ai pas pu lire les inscriptions qui y figuraient. C’était en 1968. L’enfant pleurait en demandant qu’on ramène la grenade à la maison.

Au moment où nous commencions à rentrer, j’ai lancé la grenade derrière moi. Mon jeune frère est mort sur place. Moi, j’ai reçu des éclats et j’ai été transporté à l’hôpital du camp. Le président Conté était là. Il a demandé : “Quelle sorte de grenade ?” Il a sorti un modèle de son sac et j’ai reconnu le même type.

Il a ensuite désigné deux militaires, accompagnés de mon père, pour me transporter dans un hamac jusqu’à Boundou Fourdou afin que je sois soigné. J’étais en sixième année à cette époque.

C’est de là qu’il est parti pour devenir président de la République ou comment cela s’est-il passé ?

Après Missirah, il est parti à Kouttan, un district relevant de la sous-préfecture de Saréboïdo. Ensuite, il a été affecté à Boké, où l’agression portugaise de 1970 l’a trouvé. Il est finalement rentré à Conakry avant de devenir président de la République le 3 avril 1984.

Quel souvenir gardez-vous de Lansana Conté ici, en tant que chef et commandant ?

C’était une excellente personne. Avec lui, on partait ensemble à la chasse et on luttait aussi contre les feux de brousse, sans aucune gêne. Il avait même un lit ici, chez l’un de nos parents, Elhadj Fodé Diawara. Il était très proche de lui.

Après son accession au pouvoir, lorsqu’il est devenu président, quels étaient vos rapports avec lui ?

À vrai dire, depuis qu’il est devenu chef de l’État, il n’est plus revenu ici. Mais il y avait toujours des relations directes entre lui et nous, notamment à travers le président du district de Missirah.

Quel souvenir retenez-vous de Lansana Conté à cette époque ?

Ce que nous retenons de Lansana Conté… Nous étions encore très jeunes à l’époque. Moi-même, je passais en 7ᵉ année. C’était un homme très sociable, accueillant, aussi bien avec les petits que les grands. Tout le monde l’appréciait.

Propos recueillis par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 20 mai 2026 13:45

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