Succession d’António Guterres à l’ONU: Ce que les dirigeants africains ont “décidé” à Addis-Abeba

ADDIS-ABEBA – Le choix du prochain Secrétaire général des Nations Unies est l’un des dossiers majeurs ayant rythmé les discussions en coulisses lors du 39e sommet de l’Union africaine (UA), qui s’est tenu les 14 et 15 février 2026. Entre ambitions continentales et réalisme diplomatique, les dirigeants africains tentent d’accorder leurs violons.

Vers une candidature africaine unifiée ?

Alors que le mandat de l’actuel Secrétaire général touche à sa fin en fin 2026, l’Afrique ne veut pas avancer en rangs dispersés pour le choix de son successeur. Selon plusieurs sources diplomatiques, les chefs d’État ont profité des échanges bilatéraux pour jeter les bases d’une position commune. L’objectif est de peser de tout son poids face aux blocs latino-américain et européen pour s’assurer que les intérêts du continent soient au cœur de la future administration onusienne.

L’ombre de Macky Sall et l’incertitude sénégalaise

Le nom de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, a circulé avec insistance dans ces derniers temps. Fort de son expérience à la tête de l’organisation panafricaine et de son plaidoyer réussi pour l’intégration de l’UA au G20, il fait figure de candidat naturel pour beaucoup.

Cependant, sa marche vers New York reste entravée par des incertitudes politiques internes. Pour être officiellement retenue, sa candidature devrait être formellement portée par son pays d’origine. Or, les relations actuelles entre l’ancien chef d’État et les nouvelles autorités de Dakar rendent ce soutien, pour l’heure, hypothétique. Pour l’heure, Dakar n’a pas commenté ce sujet.

Si l’Afrique hésite encore sur son futur candidat, d’autres régions ont déjà avancé leurs pions. Quatre profils de haut niveau dominent actuellement la scène. Michelle Bachelet (Chili), l’ancienne présidente et ex-Haute-Commissaire aux droits de l’homme est officiellement soutenue par son pays et une partie de l’Amérique latine.

Rafael Grossi (Argentine), l’actuel Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) mise sur son profil technique et sa gestion des crises nucléaires.

Secrétaire générale de la CNUCED, Rebeca Grynspan du Costa Rica, est aussi en lice. Elle bénéficie d’une solide expertise économique et d’une connaissance fine des rouages onusiens.

Pour les dirigeants africains, l’enjeu des prochaines semaines sera de transformer les « réflexions » d’Addis-Abeba en un acte diplomatique concret. Si le continent parvient à s’unir derrière un nom, il pourrait peser lors de cette élection.

Boubacar 1 Diallo

Envoyé spécial d’Africaguinee.com

A Addis Abeba

Créé le 15 février 2026 13:51

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