Soronkoni : Aliou Barry et ses coaccusés sont toujours sans jugement…

Mamadou Aliou Barry arrêté à Nzérékoré dans le sillage du référendum constitutionnel

CONAKRY-Arrêtés entre fin janvier et début février 2020, à l’approche du double scrutin controversé du 22 mars, 17 (dix-sept) jeunes croupissent dans la prison civile de Conakry pour des faits « d’attroupement interdit susceptible de troubler l’ordre public et la tranquillité ». Leur détention provisoire a l'air de s'éterniser.

C’est à la veille du double scrutin (législatif et référendaire), que ces citoyens avaient été arrêtés à travers tout le pays. Certains à Conakry, d’autres à Faranah, Coyah, Kindia, N'Zérékoré etc. Ils avaient  été transportés d'abord à Soronkoni, un camp militaire situé à Kankan, que les défenseurs des droits de l'homme ont souvent pointé, comme étant un endroit de "torture".

A la suite des dénonciations et des demandes incessantes de remise en liberté, ces personnes ont été ramenées à Conakry où elles ont été auditionnées  puis inculpées et placées sous mandat de dépôt à la maison centrale. Leur avocat Me Salif Béavogui appelle à l’ouverture d’un procès afin qu’ils soient jugés et libérés, car convaincu de leur innocence.

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 « Il y a eu 17 d’entre elles qui ont été déposées à la CMIS de ENTAG, dont Robert Kaliva Guilavogui, arrêté à Macenta, Alya Sylla, arrêté à Fria, Fodé Camara à Matoto, Ibrahima Bah, Souleymane Bah, Mamadou Aliou Barry arrêtés à Nzérékoré, Aboubacar Barry, Thierno Hady Bah, aussi de Nzérékoré, Mohamed Touré, Mohamed Sangaré, Céna Doré, François Haba, Issa Camara, Chérif Keita et Ibrahima Bah… », explique Me Béavogui, avocat des détenus.

Selon lui, ces 17 personnes, déposées à la CMIS, ont fait l’objet de procédure d’enquêtes préliminaires, diligentées par la DPJ. A la suite, elles ont été déférées au tribunal de Mafanco qui a décidé de les placer sous mandat. C’était le 1er mars 2020.

Après instruction, le juge a abandonné toutes les autres charges pour ne retenir que « l’attroupement interdit susceptible de troubler à l’ordre public et la tranquillité » contre eux, souligne l'avocat.

« Tout ceci n'était qu'un montage parce que ce sont des personnes qui ne s'étaient jamais connues, ni fréquentées. Donc, il n’y avait pas de raison que ces personnes-là s’attroupent. Depuis mars 2020, jusqu’aujourd’hui nous nous battons de toute notre force pour qu’ils soient jugés ou libérés. Mais impossible. Nous avons tout fait, mais impossible. Pendant ce temps, ils sont tous malades, ils continuent périr en prison. Face à cette situation, nous ne pouvons qu’insister et persister sur l’ouverture du procès », demande Me Salifou Béavogui.

L’avocat relève que leur détention provisoire devient exagérée. Car ça fait 16 (seize) mois qu’ils sont en prison, ils ne sont pas jugés ni libérés. "C’est inacceptable", dénonce l’avocat. 

« Nous ne demandons que deux choses : nous savons qu’un procès juste et équitable aucune responsabilité pénale ne peut être retenue contre eux. Nous demandons l’ouverture du procès pour qu’ils soient libérés », a lancé l’avocat.

Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

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Créé le 12 juillet 2021 16:22

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