« Si tu ne paies pas 9 mois d’avance, tu quittes » : À Foulayah, le calvaire des étudiants pour se loger
KINDIA- À Foulayah, principal site d’accueil des étudiants de l’Université de Kindia, trouver une chambre relève désormais d’un véritable parcours du combattant. À mesure que les nouveaux bacheliers rejoignent les rangs de l’institution universitaire, la demande en logements augmente, tandis que les possibilités d’hébergement restent limitées.
Pour ceux qui parviennent à trouver une chambre, le soulagement est souvent de courte durée. Les conditions imposées par certains bailleurs, notamment le paiement anticipé de plusieurs mois de loyer, constituent une nouvelle source d’inquiétude.
Cette situation plonge de nombreux étudiants dans une précarité qui dépasse la seule question du toit. Entre les frais de location, la nourriture, l’électricité, l’eau et les autres dépenses quotidiennes, certains peinent à réunir les moyens nécessaires pour poursuivre leurs études dans des conditions acceptables.

Gnouma Révion Kamano, étudiant en administration des affaires, connaît bien cette réalité. Arrivé à Kindia avec l’espoir de poursuivre sereinement son parcours universitaire, il affirme avoir vu les conditions de logement se dégrader progressivement au fil des années.
« Notre situation devient de plus en plus compliquée. Depuis notre première arrivée ici, nous étions logés à 70 000 francs guinéens par mois. L’année suivante, le propriétaire nous a demandé 90 000 francs. Les années suivantes, le loyer est passé à 95 000 francs par mois. Cette année, le montant est resté au même niveau, mais on nous a demandé de payer les neuf mois avant d’intégrer la chambre », explique-t-il.
Pour cet étudiant, cette exigence représente une véritable difficulté pour des jeunes dont la plupart dépendent financièrement de leurs parents. Il déplore notamment les conséquences d’un paiement anticipé sur leur quotidien.

« Si tu ne paies pas, tu quittes automatiquement la chambre. Vous voyez donc ce qui est devenu compliqué pour nous. Quand je suis arrivé ici, je ne connaissais personne. J’ai traversé beaucoup de difficultés. Les parents n’ont pas suffisamment de moyens et, une fois à l’université, le soutien financier reste limité », témoigne-t-il.
Contraint de se débrouiller pour subvenir à ses besoins, Gnouma Révion Kamano explique devoir parfois sortir sur le terrain pour exercer de petites activités rémunératrices.
« Vous me voyez même en gilet, il faut que je sorte sur le terrain pour me débrouiller et trouver quelque chose. Comment voulez-vous qu’on s’en sorte si, avec le peu qu’on reçoit, il faut encore faire face au loyer, au courant et aux autres dépenses ? », s’interroge-t-il.

Au-delà de son propre cas, il évoque également les difficultés rencontrées par les nouveaux étudiants à la recherche d’une chambre. Selon lui, plusieurs résidences affichent déjà complet avant même le démarrage effectif des cours.
« Beaucoup de personnes m’ont appelé pour que je les aide à trouver une chambre. Je faisais des démarches partout, mais dans les différentes résidences, on me répondait qu’il n’y avait plus de chambres disponibles. Celles qui restaient étaient déjà réservées », raconte-t-il.

La situation est d’autant plus préoccupante que les infrastructures d’hébergement ne répondent pas toujours aux besoins élémentaires des occupants. Certains étudiants dénoncent notamment l’absence d’eau et l’instabilité de l’électricité dans leurs résidences.
« Même dans notre cité, nous avons des problèmes d’eau. Le courant aussi pose problème. Mon petit frère a obtenu le baccalauréat cette année et il a été orienté à Kindia. Comme j’ai terminé mes études, j’ai dû quitter ma chambre pour lui laisser la place, après avoir cherché partout sans succès. Mais on lui a encore demandé de payer toute l’année avant de pouvoir intégrer la résidence », déplore-t-il.
Pour lui, cette accumulation de contraintes transforme progressivement le logement universitaire en un luxe difficilement accessible aux jeunes étudiants. Merci de suivre l’intégralité de notre reportage sur la vidéo ci-dessous :
Chérif Keita
Correspondant d’Africaguinee.com
A Kindia
Créé le 2 novembre 2026 09:05









