« Nous demandons au gouvernement de nous aider » : À Sombadé, des dizaines d’enfants étudient sous un hangar de fortune depuis 4 ans
À Sombadé, une localité relevant du district de Bendougou, située à une quinzaine de kilomètres de la commune urbaine de Kindia, des enfants suivent leurs cours dans des conditions difficiles. Depuis quatre ans, un hangar de fortune sert de salle de classe à des dizaines d’élèves, confrontés au manque d’infrastructures, de mobilier scolaire et de fournitures. Face à cette situation, habitants, parents d’élèves et apprenants lancent un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté. Reportage.

À Sombadé, l’accès à l’éducation reste un véritable défi pour de nombreux enfants. Ici, pas de bâtiment scolaire digne de ce nom, pas de salles de classe aménagées ni de tables-bancs en nombre suffisant. Pour apprendre à lire, à écrire et à compter, les élèves se retrouvent sous un hangar de fortune construit par les habitants eux-mêmes, dans l’espoir de permettre à leurs enfants de poursuivre leur scolarité.
Depuis quatre ans, cette installation précaire accueille des élèves venus de plusieurs secteurs, notamment Sabendè, Sombadé, Kilissi et Kissia, ainsi que d’autres localités du district de Bendougou.

Mais les conditions d’apprentissage sont loin d’être réunies. Pendant la saison des pluies, les cours deviennent difficiles, voire impossibles, en raison des intempéries. En période de forte chaleur, les élèves et leur enseignant sont également contraints d’interrompre les activités scolaires pour se mettre à l’abri. À ces difficultés s’ajoute le manque de matériel didactique et de fournitures scolaires.
Certains enfants fréquentent l’école sans uniforme, sans cahiers, sans ardoises et parfois même sans chaussures. Une situation qui contraste avec leur volonté manifeste d’apprendre et de se construire un avenir meilleur.

Kerfalla Cissé, seul enseignant pour deux niveaux
Dans ce hangar de fortune, Kerfalla Cissé assure seul l’encadrement des élèves de première et de deuxième année. Face à l’insuffisance des moyens et à l’absence d’infrastructures adaptées, il tente tant bien que mal de maintenir les cours.
« J’ai deux classes ici : la première année et la deuxième année. Dans cet hangar, nous rencontrons beaucoup de difficultés. Nous avons un problème de tables-bancs. Quand il pleut, nous ne pouvons pas rester ici. C’est la même chose lorsqu’il y a du soleil : nous sommes obligés de rentrer à la maison », explique-t-il.

Malgré ces conditions particulièrement éprouvantes, les enfants continuent de manifester leur volonté d’aller à l’école. Mais pour leur enseignant, la détermination des apprenants ne suffit pas à compenser le manque de moyens et l’absence d’un véritable établissement scolaire.
« Les enfants ont l’ambition d’étudier, mais nous n’avons pas de place. J’ai 64 élèves et quelques autres sous ce hangar. C’est donc très difficile pour nous. Nous le faisons, mais pas de notre plein gré », déplore Kerfalla Cissé.

Au-delà de l’insuffisance des infrastructures, la précarité des familles se reflète également dans les conditions matérielles des élèves.
« Il n’y a pas de tenues uniformes. Certains enfants n’ont même pas de chaussures ni d’ardoises. Nous nous débrouillons comme ça, en attendant que les personnes de bonne volonté ou le gouvernement nous viennent en aide », poursuit-il.

Pour cet enseignant, l’urgence est de doter la localité d’une véritable école afin de garantir aux enfants un cadre d’apprentissage convenable. Il lance un appel aux autorités compétentes pour qu’elles interviennent en faveur de ces élèves.
« Nous avons construit ce hangar pour ne pas abandonner nos enfants »
Les habitants de Sombadé ont décidé de prendre les choses en main pour éviter que leurs enfants ne soient privés d’éducation. Faute d’établissement scolaire, ils ont construit eux-mêmes ce hangar, dans l’attente d’un éventuel soutien des autorités.

Mohamed Lamine Souaré, parent d’élèves, explique les raisons qui ont conduit la communauté à entreprendre cette démarche.
« Cette idée est venue de nous, les citoyens, pour que nos enfants puissent étudier et que nous ne les abandonnions pas comme ça dans la nature. Abandonner un enfant, ce n’est pas du tout bon. C’est pourquoi, en attendant l’arrivée des autorités, nous avons construit ce hangar pour offrir à nos enfants la possibilité d’acquérir des connaissances », témoigne-t-il.

Quatre ans après la construction de cette installation provisoire, le constat reste, selon lui, préoccupant. La communauté attend toujours une réponse concrète à ses besoins en matière d’éducation.
« Cela fait quatre ans que ce hangar a été construit. Depuis cette date, aucune autorité n’est venue nous voir pour constater son état », affirme-t-il.

Face à cette situation, Mohamed Lamine Souaré exhorte les autorités locales et nationales, ainsi que les personnes de bonne volonté, à se mobiliser pour offrir aux enfants de Sombadé un environnement scolaire adapté.
« Ce que nous sollicitons aujourd’hui, le plus rapidement possible, c’est que les autorités et les personnes de bonne volonté nous viennent en aide afin que nos enfants disposent d’un endroit où étudier », insiste-t-il.

« Nous demandons au gouvernement de nous aider »
Au milieu de ces difficultés, les élèves sont les premiers à subir les conséquences de l’absence d’infrastructures scolaires. Malgré leur jeune âge, ils sont conscients de la précarité de leur environnement d’apprentissage et aspirent à de meilleures conditions pour poursuivre leurs études.
Bountouraby Souaré, élève en deuxième année, décrit avec simplicité le quotidien des apprenants.

« Nous étudions sous ce hangar. Nous n’avons pas de cahiers ni de tenues uniformes. Regardez, nous sommes sous un hangar. Nous demandons au gouvernement de nous aider à obtenir, même si c’est un seul bâtiment, afin que nous puissions bien étudier », plaide-t-elle.
Un appel urgent en faveur du droit à l’éducation
À Sombadé, la construction de ce hangar par les habitants témoigne de leur engagement en faveur de l’éducation de leurs enfants. Mais cette initiative communautaire, qui dure depuis quatre ans, ne saurait remplacer durablement un établissement scolaire répondant aux besoins des apprenants.

Entre les intempéries, le manque de mobilier, l’insuffisance des fournitures et les difficultés financières des familles, les obstacles à l’apprentissage restent nombreux. Pourtant, les élèves continuent de fréquenter les cours, portés par l’espoir d’un avenir meilleur.
Aujourd’hui, les habitants de Sombadé lancent un appel aux autorités éducatives, aux pouvoirs publics et aux personnes de bonne volonté. Leur principale revendication est claire : la construction d’une école et la mise à disposition de moyens permettant aux enfants d’étudier dans des conditions dignes.
Pour ces familles, il ne s’agit pas seulement d’obtenir un bâtiment, mais de garantir à leurs enfants une chance réelle d’accéder à une éducation de qualité, sans que la précarité de leur localité ne compromette leur avenir.

De retour de Sombadé (Bendougou), Chérif Kéita
Correspondant d’Africaguinee.com.
A Kindia
Créé le 29 octobre 2026 09:07Nous vous proposons aussi
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