Campagne d’insémination artificielle: La FAO et le MAGEL renforcent les capacités des techniciens…
COYAH- Ce mercredi 26 novembre 2025, dans le cadre du Projet UTF/032/GUI intitulé “Développement de l’Agriculture Commerciale en Guinée (PDACG)”, financé par la Banque Mondiale, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a lancé un atelier de remise à niveau destiné aux techniciens de la Direction Nationale de l’Alimentation et de la Production Animale (DNAPA). La rencontre qui se tient à Coyah, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet , visant à améliorer les techniques d’insémination artificielle de 1 000 vaches dans 20 sous-préfectures du corridor du littoral, couvrant les préfectures de Boké, Boffa, Dubréka, Coyah, Forécariah et Kindia.

Moderniser les pratiques de reproduction animale
Afin d’assurer la réussite de cette vaste opération, le Ministère de l’Élevage (MAGEL) et la FAO ont organisé une formation sur les techniques et l’utilisation de l’échographe afin de réduire les risques dans le processus d’insémination.
L’atelier est organisé après une phase pratique sur le terrain en faveur des techniciens en insémination artificielle et des agents des services concentrés du Ministère de l’élevage. Cette phase pratique s’est déroulée auprès des éleveurs volontaires à Coyah, Dubreka, Boffa et Boké.
Cet présent atelier qui se tient dans un réceptif Hôtelier sis à Coyah, inclut des présentations sur les aspects techniques, des études de cas et des simulations sur les équipements. Selon les organisateurs, l’objectif principal est de « renforcer les compétences des techniciens afin de garantir le succès du programme d’insémination artificielle et d’améliorer la productivité du cheptel national ».
Un programme déjà opérationnel sur le terrain
Abdoulaye Diaga Bah, assistant au programme FAO et point focal du projet, a rappelé les progrès accomplis : « Nous avons déjà renforcé les capacités de 43 inséminateurs formés par l’État. Nous avons mené une étude pour la mise en place d’un centre d’insémination artificielle. Avec l’appui du projet, la FAO a élaboré une stratégie nationale d’insémination artificielle.
Les opérations d’insémination ont commencé dans les fermes le 14 novembre 2025 et se poursuivent dans les six préfectures concernées. »

Il précise que la FAO a mobilisé un consultant international afin de renforcer les capacités des techniciens d’insémination sur l’utilisation du nouvel échographe, un outil essentiel pour améliorer le taux de réussite. « L’écographe permet d’évaluer plus précisément la gestation post-insémination. Nous sommes satisfaits du déroulement des opérations sur le terrain et attendons les les résultats post insémination pour nous prononcer sur le taux de réussite», indique-t-il.
Coyah, 96 vaches déjà inséminées

Le projet mobilise 43 inséminateurs, encadrés par des chefs d’équipe et les cadres des services préfectoraux de l’élevage.
Dans la préfecture de Coyah, Soumah Fodé Lounceny, ingénieur géotechnicien et président du comité local du programme, dresse un premier bilan. « Nous avons quatre centres de regroupement – Nyenya, Kiriagoré, Phanyedi – avec six inséminateurs et trois membres du comité de suivi. À ce jour, nous avons inséminé 96 vaches. La prochaine étape sera de suivre l’évolution de la gestation afin d’évaluer le taux de réussite par rapport aux objectifs fixés », a-t-il précisé.
Recommandations techniques
Le consultant international, Mansour Sow, expert en reproduction animale, salue les acquis tout en soulignant les défis : « L’insémination artificielle est un acte complexe qui nécessite une maîtrise de l’ensemble de la chaîne : avant, pendant et après l’insémination. L’échographie exige une formation théorique et pratique approfondie », a-t-il dit.
L’expert insiste sur un point clé : « La Guinée doit choisir une génétique résiliente, adaptée à son environnement, afin d’assurer un élevage durable. »

La voix des éleveurs
Ibrahima Sory Diallo, éleveur à Koutya, voit dans cette formation un tournant positif :« C’est la première fois que nous voyons un fœtus dans le ventre d’une vache grâce à l’imagerie. Cela nous motive énormément. Si cela continue, notre élevage sera modernisé et nous produirons plus de lait et de viande », a-t-il témoigné.

Il souligne toutefois les difficultés majeures du secteur : manque d’aliments en saison sèche, conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, absence de financement adapté, coûts élevés des intrants. « Sans accompagnement technique et financier, l’élevage ne pourra pas se développer. Les banques ne sont pas adaptées à notre activité. Une banque agricole changerait tout », a-t-il lancé.

Un pas important vers la modernisation du cheptel guinéen
À travers cet atelier et des opérations déjà engagées sur le terrain, la FAO et le MAGEL entendent renforcer durablement la reproduction bovine en Guinée. La modernisation progressive des techniques d’insémination artificielle, la formation des techniciens et l’implication des éleveurs ouvrent la voie à une augmentation de la production laitière et bouchère dans les années à venir.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 27 novembre 2025 12:00Nous vous proposons aussi
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