« Nos efforts sont réduits au néant »: À Kiniero, la détresse des femmes maraîchères face à l’invasion des ravageurs
KOUROUSSA- Dans les périmètres maraîchers de la commune rurale de Kiniero, les femmes cultivent chaque saison avec l’espoir d’améliorer les revenus de leurs familles. Hélas cette année, leurs efforts sont sérieusement compromis. Insectes ravageurs et colonies de fourmis s’attaquent aux cultures, détruisent progressivement les potagers et réduisent les récoltes.
Sous un soleil de plomb, les maraîchères inspectent leurs planches de légumes avec inquiétude. Là où elles espéraient récolter tomates, gombos, aubergines, piments ou encore légumes-feuilles, elles découvrent des plants attaqués, des feuilles perforées et des cultures qui dépérissent avant même d’arriver à maturité.

Pour ces femmes, le maraîchage constitue bien plus qu’une activité agricole. Il représente une source essentielle de revenus pour assurer les dépenses du ménage, la scolarisation des enfants et les soins de santé. Aujourd’hui, cette activité est menacée.
« Les insectes et les fourmis détruisent nos cultures presque chaque jour. Nous travaillons sans relâche, mais nos efforts sont réduits au néant. Beaucoup d’entre nous risquent de perdre toute la campagne maraîchère si rien n’est fait », explique la doyenne Fanta Condé, porte-parole des femmes maraîchères de Kiniero.
Selon elle, les attaques se multiplient depuis plusieurs semaines et touchent plusieurs exploitations. Les productrices affirment manquer de moyens techniques et financiers pour lutter efficacement contre ces ravageurs.

La même inquiétude est partagée par Fanta Keïta, également maraîchère dans la localité. « Nous avons besoin d’un accompagnement rapide. Sans produits phytosanitaires adaptés, sans encadrement technique et sans appui des services agricoles, il sera difficile de sauver nos cultures. Nos familles vivent en grande partie des revenus du maraîchage », lance-t-elle.
Au-delà des pertes économiques, les femmes redoutent également une baisse de l’approvisionnement des marchés locaux en produits frais, avec des conséquences sur les revenus des producteurs et la disponibilité des légumes pour les consommateurs.
Face à cette situation, les maraîchères de Kiniero appellent les autorités locales, les services techniques de l’agriculture ainsi que les partenaires au développement à intervenir rapidement.

Elles sollicitent notamment un diagnostic contre des ravageurs présents dans les exploitations, un accompagnement technique et un accès aux moyens de lutte adaptés afin de préserver leurs productions.
En attendant une réponse, les femmes continuent de se rendre quotidiennement dans leurs jardins, avec l’espoir que leurs efforts ne seront pas totalement anéantis par les attaques incessantes des insectes et des fourmis.

Facély Sanoh
Correspondant régional d’Africaguinee.com
En Haute Guinée
Créé le 21 juillet 2026 13:30Nous vous proposons aussi
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