Prise en charge des frais d’Indemnisation des victimes du 28 septembre par l’Etat : « nous sommes soulagés… », réagit Asmaou Diallo
CONAKRY – Neuf mois après le verdict du procès emblématique sur les atrocités de 2009, le Chef de l’État a pris un décret majeure actant la prise en charge par l’État des frais d’indemnisation des victimes.
Interrogée ce vendredi 28 mars 2025 par un journaliste du site Africaguinee.com, la présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 septembre (AVIPA) a déclaré qu’elle a favorablement accueillie cette nouvelle. Asmaou Diallo affirme que cette décision du Chef de l’État vient à point nommé pour l’ensemble des victimes. Elle remercie le général Mamadi Doumbouya pour cet acte à leur égard.
AFRICAGUINEE.COM: Neuf mois après le verdict du procès, le Chef de l’État a pris un décret portant sur la prise en charge des frais d’indemnisation des victimes du massacre du 28 septembre 2009 par l’État. Comment avez-vous accueilli cette annonce en tant que présidente de l’association des victimes ?
ASMAOU DIALLO: Merci beaucoup de me tendre votre micro par rapport à ce décret qui est tombé mercredi. Lorsque j’ai appris le décret, je me suis vraiment réjouie, j’étais toute heureuse. Je ne l’avais pas suivi en direct à la télé décret parce que je ne me portais pas bien. C’est un journaliste qui m’a appelée pour me dire : « Madame, toutes mes félicitations. » Je lui ai demandé pourquoi ces compliments. Il m’a répondu : « Mais vous n’avez pas suivi le décret ? » Je lui ai dit que non, je ne l’avais pas suivi. Je lui ai demandé ce qui se passait. Alors, il m’a donné cette bonne nouvelle. Je lui ai dit : « Là, je pense que je vais guérir, parce qu’il faut que j’arrive à suivre la rediffusion du décret pour mieux comprendre les choses. » Il m’a dit : « vous pouvez suivre, parce que là, je vous dis que le président Mamadi Doumbouya a pris un décret aujourd’hui pour dire qu’ils vont indemniser les victimes du 28 septembre 2009 aux frais de l’Etat ». Alors là, c’était un sentiment de soulagement pour moi. Je me dis c’est sûr, qu’aujourd’hui, ce qu’il a dit, ça se fera.
Alors, je suis restée jusqu’à 23 heures pour suivre la rediffusion du journal. J’étais très heureuse d’apprendre cette nouvelle. Je me suis dit que voilà : le président Mamadi Doumbouya a promis le procès aux victimes. Il l’a réalisé. Aujourd’hui, il dit qu’il va indemniser les victimes des événements du 28 septembre. Je suis vraiment très satisfaite et je suis sûre que ça se fera comme il l’a dit.
Avez-vous été prise de court par cette décision ?
On était en train de faire des démarches pour que le gouvernement puisse prendre les réparations en charge. Parce que vous savez, au niveau du procès, ce qui était prévu, c’était que les condamnés devaient payer les indemnisations aux victimes. Alors, ça a été une surprise pour nous, parce que nous, on n’est pas arrivés à leur niveau. Nous étions juste au niveau du ministre de la Justice, on y travaillait. Et voilà, il nous dit qu’il va le faire et que le gouvernement entier travaille là-dessus, tout en espérant que le premier ministre soit d’abord le premier à prendre les devants, en tant que victime aussi, et qu’il connaisse la situation des victimes. Je suis sûr que ça ne va pas retarder la faisabilité des choses.
Depuis la publication de ce décret, quelles informations avez-vous reçues sur la procédure d’indemnisation ?
Vous savez, c’est le mercredi nuit que le décret est tombé. Hier, la journée était fériée. Jusque-là, pour le moment, rien n’est encore fait. Mais je suis sûr qu’après la fête, les choses vont commencer à bouger.
Quel sera votre rôle pour assurer la bonne mise en œuvre de cette décision présidentielle ?
Là, pour le moment, je ne peux rien vous dire à ce niveau. Seulement, il faut savoir qu’on est là. On suit le processus. Du début jusqu’à la fin, Inch’Allah. Et nous souhaitons être dans de bonnes conditions de santé pour pouvoir avancer.
Quel message souhaitez-vous adresser aux victimes et à leurs familles après cette annonce ?
Les victimes, ce que je peux leur dire, c’est de continuer d’être sereines et confiantes. Je les félicite beaucoup. Vous savez, je n’ai pas cessé de le dire : les victimes du 28 septembre 2009, c’est des héros et des héroïnes qui sont mobilisés. C’est des personnes vraiment humbles qui ont pu prendre la situation en main et accepter tout jusqu’au verdict. Tout le monde a suivi ce qui s’est passé. Les victimes étaient vraiment très à l’aise. Aujourd’hui, une meilleure nouvelle encore qui vient pour dire qu’on va faire les réparations. Vous voyez ce que ça fait?
Aujourd’hui, les victimes sont vraiment très à l’aise, toujours en attente. Elles sont très sereines. Maintenant, pour les parents des victimes. Vous savez, on a perdu beaucoup de victimes mais il y a les ayants-droits. Les ayants droits, c’est les enfants, les frères, en tout cas la famille de ces victimes qui seront aussi toujours dans le programme de réparation. Donc, à ce niveau, je leur demanderai vraiment de continuer à être sereins et de croire, de croire en ce que nous sommes en train de faire et de croire au président Mamadi Doumbouya, du fait qu’il a donné vraiment deux points essentiels. Il a promis le procès, ça s’est réalisé. Il a promis les réparations et je suis sûr que ça va se réaliser. Alors, je les félicite encore de plus.
Selon vous, en quoi l’application effective de cette décision pourrait-elle impacter les victimes et, plus largement, l’histoire de la Guinée ?
Vous savez, ce sont des victimes qui sont vulnérables et malades. Alors, ces réparations pourraient vraiment venir à point nommé pour les mettre plus à l’aise, d’autant plus qu’elles sont aujourd’hui au centre de l’attention de la population. Parce que ce sont des personnes qui sont souvent marginalisées. Il y a la stigmatisation qui est présente. Et je suis sûr qu’avec ces réparations, elles vont pouvoir se remettre comme avant. Il y aura une grande considération de la part de la population envers ces victimes qui ont tant souffert.

Enfin, quel message aimeriez-vous transmettre au président Mamadi Doumbouya et à son gouvernement ?
Ce que je peux dire au Général, c’est encore merci. Parce qu’on se demandait, avant le 5 septembre, pourquoi nous étions dans les couloirs de gauche à droite pour demander au professeur Alpha Condé de nous aider à voir le procès. Cela n’a pas vu le jour jusqu’à son départ. Mais quand même, je remercie le bon Dieu. Il y avait des ministres de la Justice qui étaient là et qui ont vraiment fait un bon travail. Quand je parle de ministres, je fais surtout référence à Me Cheikh Sakho, qui a fait de son mieux pour que nous avancions encore plus vers un procès. Mais cela n’a pas vu le jour à son époque. Et la transition est arrivée.
J’avoue que j’avais très peur parce que je me disais que c’était une transition qui nous avait fait pleurer. Et c’est une transition qui arrive. Heureusement, cette transition n’a pas fait ce que je croyais au départ. Parce que quand j’ai suivi d’abord le premier discours, j’ai compris qu’il y aurait un changement. Dieu merci, il a fait une promesse concernant un procès. Et ce procès s’est tenu devant tout le monde. Parce que là aussi, les gens se demandaient : est-ce qu’il y aura un procès ? Je dis que j’ai confiance. Et cela s’est passé. Aujourd’hui, on nous dit qu’il y aura une réparation. J’ai confiance. J’espère sincèrement que cela va bien se passer.
Je remercie beaucoup le président de la transition et le gouvernement de la transition en même temps. Je suis sûr qu’ils vont se donner la main pour que la Guinée efface les pleurs sur les visages et que tout le monde soit uni. Parce que c’est notre souhait que la Guinée soit vraiment une merveille. Une merveille, parce qu’on a un beau pays. Il faudrait que les Guinéens puissent vraiment vivre dans le bon sens, dans le bonheur et la paix du cœur. Surtout cela, la paix du cœur, c’est très important pour un être humain. Alors, je les remercie. Je remercie beaucoup le président.
Entretien réalisé par Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 mars 2025 15:19Nous vous proposons aussi
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