Élections législatives et communales du 24 mai: L’Église formule une doléance aux autorités
Se dirige-t-on vers un réajustement du calendrier des élections législatives et communales prévues le 24 mai prochain ? Alors que la date de ce double scrutin approche, des voix s’élèvent pour solliciter du Président de la République un léger décalage du calendrier de ce double scrutin. Et pour cause, la coïncidence de ces élections à deux fêtes religieuses.
À l’occasion de la célébration de la fête de Pâques, dimanche 5 avril 2026, Monseigneur Raphaël Balla Guilavogui, évêque du Diocèse, n’a pas caché les préoccupations de l’Église catholique de Guinée sur la tenue des prochaines élections législatives et communales le 24 mai 2026.
Devant les fidèles réunis pour cette célébration marquant la résurrection du Christ, le prélat a révélé qu’une doléance a été adressée aux autorités guinéennes pour solliciter un léger réaménagement du calendrier électoral. Pour cause : la coïncidence de cette date avec la fête chrétienne de la Pentecôte, un moment important du calendrier liturgique.
« Il y a un problème », dit-il, soulignant que les évêques, en concertation avec d’autres confessions chrétiennes, notamment le Conseil chrétien, ont saisi les autorités afin que « la date soit légèrement modifiée ». Selon lui, la Pentecôte est une période cruciale pour l’Église, marquée notamment par les cérémonies de confirmation des fidèles.
Monseigneur Balla Guilavogui s’interroge ainsi : « Pouvons-nous sacrifier ces confirmations pour les élections ? » Une interrogation qui met en lumière le dilemme auquel sont confrontés de nombreux chrétiens appelés à concilier devoir civique et engagement religieux.
L’évêque a également souligné les contraintes liées à l’organisation des scrutins en Guinée, rappelant que les jours d’élections sont généralement marqués par des restrictions de circulation. Une situation qui, selon lui, pourrait empêcher les fidèles de participer pleinement aux célébrations religieuses.
Pour éviter ce « conflit » de calendrier, l’Église propose une alternative : ramener la tenue des élections au samedi 23 mai 2026. « Cela n’empêchera ni les uns ni les autres de respecter leurs obligations religieuses. Qu’on soit musulmans ou chrétiens, nous pouvons respecter nos obligations religieuses », a-t-il plaidé.
Toutefois, le responsable religieux regrette l’absence de réponse des autorités à ce jour. Face à ce silence, il en appelle à la prière et à la compréhension des décideurs : « Nous devons confier cela à votre sollicitude, à vos prières, et en particulier à la prière de nos autorités pour que cette doléance soit acceptée, pour le bien du peuple de Dieu, pour le bien du peuple de la Guinée. »
Chez les musulmans également, leur plus grande fête « L’Aid El-Kébir » encore appelée « Tabaski » devrait coïncider au calendrier électoral. Attendue entre le 26 et le 27 mai, cette fête religieuse provoque un exode massif des populations urbaines vers les villages. Certains observateurs craignent cette que coïncidence joue sur le taux de participation, si la date est maintenue.
Paul Foromo SAKOUVOGUI
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
En Guinée Forestière.
Tel. (00224) 628 80 17 43
Créé le 6 avril 2026 13:41Nous vous proposons aussi
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