Pita-Timbi : Une route « vitale » transformée en bourbier géant…
L’axe Pita-Timbi Madina, une route pourtant vitale pour l’agriculture locale, est dans un état de dégradation avancé. Sur ce tronçon d’environ 25 kilomètres, plusieurs camions chargés de marchandises et d’intrants agricoles sont immobilisés, complètement embourbés.
Depuis des jours, les camionneurs n’arrivent plus à avancer. Les citoyens, complètement éprouvés, sont contraints d’emprunter cette même voie, faute d’alternative. L’axe Hafia-Timbi Madina, long de seulement 15 kilomètres, présente le même visage désolant. Les usagers traversent un véritable calvaire. Immersion dans ce quotidien “insoutenable”.

Des jours et des nuits sans issue
Ibrahima Diallo, un transporteur, a chargé du ciment à Kindia pour le convoyer à Timbi Madina. Il a passé plusieurs jours sur la route nationale Kindia-Pita. Son périple s’est davantage compliqué sur la piste rurale Pita-Timbi. Après des jours et des nuits d’attente, il témoigne :

« Nous venons de Sougueta, dans Kindia. Ces bagages sont destinés à Timbi-Madina, district de Doumba. Nous sommes arrivés ici avant-hier à 21h45. Le camion est embourbé. La route présente vraiment le même visage partout. D’abord, nous avons été bloqués à Boulliwel de 22h à 11h [du matin], puis nous avons pu continuer. Comme je l’ai dit, c’est avant-hier à 21h que nous nous sommes retrouvés dans cet autre calvaire entre Pita et Timbi-Madina. Cela fait trois mois que je n’avais pas emprunté ce tronçon Pita-Timbi ou Labé-Timbi. Nous attendons des pioches et des pelles pour tenter de nous dégager. Vivement la réhabilitation des routes ! »
Sur ce tronçon de 25 kilomètres (Pita-Timbi), ce sont plus d’une dizaine de camions qui sont bloqués çà et là. Les pneus sont entièrement engloutis par la boue. Derrière eux, s’alignent d’autres camions, dont certains transportent des intrants agricoles :
« Ce n’est plus de la souffrance, mais c’est une torture sur cette voie. Tu peux te libérer de la souffrance, mais de la torture, il faut qu’on t’en débarrasse. Les chauffeurs et les apprentis paient le prix de l’état des routes. La route vers Timbi est courte, mais les difficultés sont vraiment nombreuses. Tu peux faire des semaines ici. Depuis hier, nous n’avons pas mangé. Il faut que cela change ! », s’exclame cet autre usager.

Les colis en attente et les coûts supplémentaires
Adama Cira Barry, mère de famille et prestataire de champs, confie à Africaguinee.com que leurs colis passent parfois des jours dans ces bourbiers, sans trouver de solution. Elles sont alors obligées de venir transporter les marchandises elles-mêmes, à la tête:
« On peut t’informer que tes bagages sont dans un véhicule bloqué à 5 ou 7 kilomètres. L’attente se prolonge indéfiniment. Finalement, tu viens transporter toi-même à la tête avec tes enfants. Vous avez vu un camion rempli de semences bloqué ; certains viennent récupérer [leurs sacs] à moto ou en tricycle, ce qui représente un coût supplémentaire. Les véhicules peuvent faire des centaines de kilomètres sans problème. C’est à l’entrée de Timbi ici que tout se complique. Tout va bien jusqu’à la porte de Timbi, et après, c’est l’arrêt total », a-t-elle dénoncé.

Dans le domaine agricole, la réalité est éprouvante. Le transport des intrants de Timbi centre vers les zones de production est devenu un problème majeur :
« Inutile même de vous l’expliquer, vous-même vous l’avez constaté. Des véhicules gros porteurs sont alignés partout ici. Vous en êtes témoins. C’est très compliqué. Les intrants qui arrivent de la capitale parviennent difficilement à Timbi centre. De Timbi vers les champs, ce n’est pas évident. S’il s’agit ensuite de prendre les récoltes des champs pour les envoyer vers les magasins, c’est la phase la plus difficile. Les véhicules ne passent pas, les tricycles sont coincés partout, et même un simple deux roues a du mal à rouler. Cela n’avance pas du tout. Ça nous éprouve vraiment. Vous voyez comment nous sommes arrivés ici à moto ; imaginez avec des bagages lourds. C’est difficile », décrit Mamadou Yéro Camara, producteur agricole.

Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
Tel: (+224) 664 93 45 45
Créé le 10 novembre 2025 11:05Nous vous proposons aussi
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