Parquet de Conakry: Un signalement déposé contre Moussa Mara « El Sisi »
CONAKRY – Ce lundi 22 juin 2026, un signalement a été déposé auprès du Parquet général près la Cour d’appel de Conakry. La saisine vise Moussa Mara, alias « Général El Sisi », ancien militant du RPG Arc-en-ciel. Les plaignants reprochent à ce transfuge de l’ancien parti au pouvoir d’avoir tenu des propos jugés “discriminatoires, susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale et au vivre-ensemble”.
Le signalement fait suite à la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, Moussa Mara interpelle les autorités et les exhorte à prendre des mesures « drastiques » contre une communauté spécifique, allant jusqu’à suggérer de la priver de documents administratifs.
Dans le document adressé au Parquet, les plaignants sont formels : « Ces propos nous paraissent constituer une incitation à la discrimination, à la stigmatisation et à l’exclusion d’une communauté nationale sur une base ethnique. »

Un « habitué » des dérapages, selon les plaignants
Pour les initiateurs de cette démarche, cet épisode n’est pas un cas isolé. Abdoul Malick Diallo, l’un des citoyens plaignants, souligne le caractère récidiviste de l’intéressé.
« Lorsque la crise de liquidité était devenue aiguë dans le pays, il avait déjà incité l’État à s’en prendre à certains opérateurs économiques. À l’époque, la justice n’avait pas réagi. Aujourd’hui, ses nouvelles sorties créent des tensions sur les réseaux sociaux, avec un risque réel de contagion dans nos quartiers. », a-t-il alerté.
M. Diallo met l’accent sur l’égalité de tous devant la loi : « Dans sa dernière vidéo, il appelle l’État à priver des citoyens guinéens de documents administratifs. Nous pensons qu’il n’y a pas de « super-citoyen ». Quiconque incite à la haine doit répondre de ses actes. »
L’espoir d’une réponse judiciaire ferme
Les plaignants se réfèrent également à la déclaration du 15 avril dernier, faite par le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya. Ce dernier avait alors annoncé des mesures fermes contre les auteurs d’injures publiques, de diffamation, de diffusion de fausses informations et de propos attentatoires à la dignité humaine.
Forts de cette communication, les auteurs de ce signalement espèrent que l’institution judiciaire se saisira rapidement du dossier. « Nous avons confiance en l’institution judiciaire. Nous attendons l’ouverture d’une enquête et une procédure qui aboutira à des sanctions à la hauteur de la faute commise, afin de préserver la cohésion sociale », appelle Abdoul Malick Diallo.
Dansa Camara (DC)
Pour Africaguinee.com
Créé le 22 juin 2026 14:04Nous vous proposons aussi
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