« On n’a pas été injustes » : La DGE apporte des précisions sur le cas du FRONDEG
CONAKRY – Pourquoi la liste nationale du Frondeg est-elle absente des spécimens de bulletins de vote pour les législatives ? Face aux interrogations, la directrice générale des élections (DGE) a apporté des clarifications ce dimanche. Tout en confirmant le maintien des candidats du parti dans plusieurs circonscriptions uninominales grâce à des recours individuels, Djenabou Touré a martelé que le retrait de la liste nationale relevait d’une décision initiale du parti, désormais scellée par la Cour suprême. Cartes sur table, elle rejette toute accusation d’injustice. Explications.
« Nous étions candidats sur la liste nationale, conformément à la loi qui la validait. Mais puisqu’elle nous a été retirée, nous n’allons pas en faire un problème. Nous allons continuer à soutenir nos candidats. » Ces propos ont été tenus par Abdoulaye Yéro Baldé, président du Front démocratique de Guinée (Frondeg), dans un entretien accordé à Africaguinee.com.

La liste nationale de ce parti, préalablement validée par la Direction générale des élections (DGE), a finalement été retirée. Par conséquent, la formation politique dirigée par l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur ne pourra pas participer au scrutin proportionnel des législatives, son absence étant désormais constatée sur les spécimens des bulletins de vote.
La réplique de la DGE face aux accusations
Interpellée dimanche soir sur cette question, la directrice générale des élections, Djenabou Touré, a apporté des clarifications sur le cas du Frondeg. Elle a d’abord rappelé que le parti reste en lice pour les scrutins uninominal et plurinominal dans plusieurs circonscriptions.
« Partout où le Frondeg est allé en justice, il a gagné. Cependant, concernant la liste nationale, c’est le Frondeg lui-même qui a écrit pour notifier son retrait au moment de la clôture des listes », a précisé Mme Touré.
La patronne de la DGE a ensuite détaillé le feuilleton judiciaire entourant cette affaire : « Les listes initiales avaient été validées par la Cour suprême, devant laquelle le parti avait obtenu gain de cause. La haute juridiction avait alors donné injonction à la DGE de rétablir ses candidatures à Ratoma et aux États-Unis, qui étaient les deux circonscriptions ayant motivé la saisine. Au niveau des communes, le tribunal a également rétabli le parti presque partout, à l’exception de deux localités : Koubia et Sonfonia. »

La directrice générale des élections est allée plus loin en pointant du doigt certaines incohérences : « Parfois, la justice l’a rétabli de manière discutable. Prenez la liste du Frondeg à Gbessia : elle ne compte que 29 conseillers là où la loi en exige 45. C’est la raison pour laquelle nous l’avions rejetée au départ. Je défie quiconque d’aller vérifier sur notre site. Pourtant, la justice a décidé de les rétablir. »
Un imbroglio interne au parti
Selon Djenabou Touré, le retour progressif de certains candidats du Frondeg sur les listes locales fait suite à des démarches individuelles et non à une initiative de la direction du parti.
« Ce sont des candidats du Frondeg qui ont écrit à la DGE pour dire : « Nous n’avons pas été consultés pour cette décision de retrait. Nous voulons continuer le processus. » Comme nous avons reçu de nombreux appels et courriers — certains venant de Koundara par véhicule et d’autres envoyés par WhatsApp —, nous avons saisi la Cour suprême pour obtenir un avis consultatif. La haute institution nous a recommandé de laisser ces candidats continuer. Il faut préciser qu’aucune disposition du Code électoral ne prévoit qu’un candidat qui se retire puisse revenir de la sorte. Cela s’est fait progressivement, uniquement pour ceux qui ont manifesté leur volonté par écrit. Ils sont aujourd’hui candidats, leurs photos sont sur les bulletins et ils battent campagne », a-t-elle expliqué.
« L’arrêt de la Cour suprême n’est pas susceptible de recours »
Concernant le revirement tardif du bureau politique national du parti FRONDEG, la DGE s’est montrée inflexible. « Plus tard, la direction du Frondeg a affirmé vouloir réintégrer le processus pour la liste nationale. Mais c’était déjà trop tard. La liste était définitivement bloquée parce que la Cour suprême avait déjà tranché, et ses arrêts ne sont susceptibles d’aucun recours. »

« On n’a pas été injustes », a martelé Djenabou Touré. « On a plutôt laissé une porte ouverte pour que les candidats à la base ne perdent pas leur chance. Nous, nous sommes cohérents dans ce que nous faisons. Je sais que lorsqu’on occupe de hautes fonctions, on s’expose aux critiques et aux insultes. Mais le plus important est de travailler selon la loi. Nous ne prétendons pas que tout ce que nous faisons est parfait ou exempt de reproches. C’est un travail humain, il y a toujours des erreurs et des aspects à améliorer », a reconnu la directrice générale des élections.
Dansa Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 mai 2026 13:55Nous vous proposons aussi
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