Nzérékoré : Une vingtaine de journalistes guinéens formés grâce à l’ICFJ

NZEREKORE- Du 20 au 22 mai 2024, une vingtaine de journalistes guinéens venus des médias publics et privés ont bénéficié des sessions de renforcement de capacité. Cet atelier de formation a été organisé par le Centre International pour les journalistes (ICFJ) avec l’appui de l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Guinée. Il fait suite à celui organisé à Conakry du 13 au 16 mai 2024.

A Nzérékoré où l’atelier s’est déroulé, ces hommes de médias dont un de votre quotidien en ligne Africaguinee.com ont suivi avec succès, des sessions de formation sur les reportages de crise, l’éthique journalistique, la responsabilité des médias, les outils de renseignement, open sources, l’enquête et la sécurité numérique.

Pour Kossi Elom Balao, journaliste scientifique, Community Manager du Centre International pour les journalistes (ICFJ) sur le Reportage des Crises Mondiales, l’organisation de cet atelier en faveur des journalistes guinéens est une nécessité dans le contexte actuel du pays.

« Nous avons organisé cette formation pour les journalistes guinéens puisqu’ils sont dans un régime d’exception. Dans un régime de transition, les journalistes font face à des menaces de sécurité et ils sont obligés en tant que journalistes de couvrir l’actualité pour dire ce qui se passe, d’être témoins des faits et être même les gardiens de l’intérêt public. Le journaliste doit être un rempart contre les violations des droits de l’homme, contre la corruption. Nous avons organisé cette formation pour offrir des compétences aux journalistes pour mieux travailler, partager des expériences avec eux sur comment travailler en période de crise », a déclaré Kossi Elom Balao, par ailleurs Directeur du Forum Pamela Howard d’IJN et sur le Reportage des Crises.

Lorsqu’il y a une crise, ajoute M. Balao, « les journalistes ne font pas partie du problème ils sont la solution, si les journalistes sont mieux formés ils peuvent jouer leur rôle qui est un rôle vital, parce que la bonne information sauve des vies. Pendant la transition, les journalistes peuvent sauver des vies en offrant des informations de qualité. Pour nous l’enjeu à l’ICFJ qui fête ses 40 ans cette année, c’est de promouvoir un journalisme de qualité. Donc à travers cette formation nous entendons promouvoir un journalisme de qualité en Guinée, un journalisme d’impact, un journalisme qui sauve des vies », a-t-il poursuivi.

Cet atelier a été animé par des journalistes africains modèles et chevronnés. Ousmane Ndiaye, journaliste et Rédacteur en chef à TV5 Monde Afrique est l’un des facilitateurs au compte de l’ICFJ. Il a développé la problématique portant sur la responsabilité et la redevabilité des journalistes :

« Dans un pays en situation de crise, de transition comme la Guinée, c’est de savoir quelle doit-être à la fois la responsabilité du journaliste par rapport au code éthique et déontologique, par rapport aux institutions politiques mais aussi par rapport au public. Ensuite, la question de la redevabilité par rapport à la société, un public et un certain nombre de normes professionnelles », a-t-il expliqué.

Pour la presse guinéenne, il y a des vrais défis que le journaliste et rédacteur en chef de TV5 Monde Afrique espère que cette formation va relever :

Ousmane Ndiaye, journaliste formateur

« Ces défis, il y a ce que j’appelle les deux jambes de la profession. C’est donc avoir la convention collective des journalistes pour défendre leurs intérêts moraux et matériels parce qu’il me semble que la précarité est l’un des gros problèmes ou synonyme de premier problème de la presse en Guinée et notamment en Afrique. La deuxième chose qui me paraît importante, c’est la défense des intérêts moraux, de la profession et pour cela, il me semble important que toutes les rédactions se dotent d’une charte éditoriale, que la charte des droits du journaliste soit à peu près adoptée pour toutes les rédactions de façon claire et unanime. Je pense que la presse en Guinée, à l’image de mon pays le Sénégal, ait sa propre instance de régulation qui est un tribunal des pairs, que les journalistes s’auto régulent eux-mêmes pour éviter les cas qu’on voit souvent dans nos pays, c’est-à-dire l’instance de Régulation oblige les journalistes à couper, sanctionner ou qu’on évite la judiciarisation des conflits, donc des peines fermes pour les journalistes », a ajouté Ousmane Ndiaye.

De gauche, Ousmane Ndiaye Redacteur en chef à TV5 Monde; à droite, Siddy Koundara Diallo, rédacteur en chef à Africaguinee.com

Au terme de ces trois jours d’intenses activités, Ignace Sossou, journaliste d’investigation, membre de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’Investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO), formateur, estime que l’objectif de la formation a été atteint :

« À l’issue de ces trois jours, on peut dire sans risque de se tromper que les participants ont retenu beaucoup de choses. Ils ont appris beaucoup de choses sur les techniques numériques et ils ont appliqué ces notions au cours de la formation. Donc on peut dire que l’objectif est atteint” a-t-il dit, avant de faire des recommandations à l’endroit des participants.

Ignace Sossou, formateur

« La recommandation que j’ai à donner aux journalistes, c’est de mettre en application toutes les connaissances acquises. Parce que les outils et les expériences qu’on a partagés au cours de cette formation, c’est des choses qu’on maitrise mieux si on cherche à les appliquer. Et on a tellement d’outils de techniques d’investigation que ce soit investigation classique ou investigation sur le web.  Donc pour ne pas oublier ces outils il faut les mettre en application. La deuxième, c’est de demander aux journalistes guinéens d’être résilients parce que nous sommes dans un régime où les libertés sont restreintes. Donc si vous êtes journaliste dans un environnement comme ça vous devez être résilient si non vous allez disparaître. Je pense qu’avec un peu plus de professionnalisme, vous n’avez plus droit à l’erreur pour ne pas prêter le flanc à ceux qui veulent voir les médias fermés définitivement », a ajouté Ignace Sossou, l’un des facilitateurs de cet atelier de formation.

Cet atelier a été clôturé par la remise des Certificats à tous les participants. En plus de la formation, les organisateurs annoncent le lancement prochain d’un appel à concours pour offrir des subventions aux journalistes qui ont participé à cette formation. Des subventions qui vont leur permettre de faire des enquêtes,  d’aller sur le terrain et mettre en pratique les connaissances qui ont été apprises. A noter que du 13 au 22 mai, plus de 40 journalistes guinéens ont bénéficié de cette initiative du Centre International pour les journalistes (ICFJ).

Siddy Koundara Diallo

De retour de Nzérékoré,

Pour Africaguinee.com

Créé le 28 mai 2024 15:00

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