Décès de Diallo Souleymane : témoignage émouvant du rédacteur en chef du groupe de presse « Le Lynx-La Lance »
CONAKRY – Le monde de la presse guinéenne est en deuil. Le doyen Diallo Souleymane, fondateur du groupe de presse Le Lynx-La Lance et figure emblématique du journalisme indépendant en Guinée, est décédé ce lundi 1 juin 2026, au Canada où il suivait des soins médicaux depuis plusieurs mois.À la rédaction du Lynx-La Lance, l’annonce de sa disparition a provoqué une vive émotion. Parents, amis, collaborateurs et proches du défunt avaient du mal à contenir leur tristesse. Les visages fermés et les regards perdus traduisaient l’ampleur du choc ressenti par ceux qui ont partagé son quotidien durant plusieurs années.

Mamadou Ciré Diallo, rédacteur en chef du groupe de presse Le Lynx-La Lance, est revenu avec émotion sur les circonstances dans lesquelles la nouvelle leur a été annoncée.« C’est un sentiment de tristesse qui m’anime aujourd’hui, mais également toute l’équipe du Lynx. La terrible nouvelle nous a été annoncée aux environs de midi. Franchement, nous sommes encore sous le choc. Le doyen nous a quittés dans des circonstances que nous ne maîtrisons pas encore totalement. Ce que nous savons, c’est que depuis le 6 décembre dernier, il était au Canada pour des soins. Malgré son état de santé, nous gardions espoir. Jamais nous ne nous attendions à une disparition aussi brutale. Jusqu’à récemment encore, nous communiquions avec sa famille. Pas plus tard qu’hier, j’avais demandé de ses nouvelles à sa fille. Elle m’avait rassuré en me disant que son état s’améliorait et que tout allait beaucoup mieux. Aujourd’hui, c’est cette même famille qui nous annonce son décès. C’est une douleur immense. Nous sommes profondément émus et totalement abattus. Pour l’instant, les mots nous manquent. Nous nous remettons simplement à la volonté divine. Comme on le dit souvent chez nous, nous sommes tous des passagers sur cette terre. Un jour ou l’autre, chacun devra partir », a-t-il déclaré.

Très affecté, le rédacteur en chef a tenu à rappeler que le défunt représentait bien plus qu’un simple supérieur hiérarchique pour l’ensemble du personnel.« Pour nous, M. Diallo n’était pas seulement un collaborateur ou un responsable de presse. Il était avant tout un père, un guide et un maître. Beaucoup d’entre nous ont appris le métier à ses côtés. Il nous a transmis des valeurs, une vision du journalisme et surtout une rigueur professionnelle qui continuera à nous accompagner. Sa disparition laisse un vide immense. Il faisait partie de notre quotidien depuis toujours. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de perdre un membre de notre famille », a confié Mamadou Ciré Diallo.

Revenant sur ses derniers échanges avec le fondateur du Lynx, il a révélé que ce dernier avait, quelques mois avant son départ, tenu un discours qui prend aujourd’hui une dimension particulière.« Avant son départ pour le Canada en décembre dernier, il revenait déjà d’un séjour médical en France. Il était rentré au pays en septembre, à la veille du scrutin référendaire. Après cela, il avait réuni le directeur de publication et moi-même dans son bureau. Il nous avait félicités pour le travail accompli durant son absence. C’était l’une de ses plus longues périodes loin de la rédaction depuis la création du Lynx le 7 février 1992. Au cours de cette rencontre, il nous avait demandé de nous préparer à une longue absence de sa part. Il nous avait même dit de nous habituer à ne plus le voir régulièrement à la rédaction. À l’époque, nous avions compris qu’il parlait simplement de son voyage pour des soins. Il nous disait qu’il devait partir au Canada, qu’il voulait aller au garage, comme il aimait le dire avec humour, pour se refaire une santé. Nous étions convaincus qu’il reviendrait parmi nous. Aujourd’hui, avec le recul, nous comprenons que ce message ressemblait à un adieu. Un adieu qu’il nous a adressé sans jamais prononcer le mot », a-t-il expliqué avec émotion.

Pour le responsable de la rédaction, la disparition du doyen Diallo Souleymane représente également un défi majeur pour l’avenir du groupe de presse.« Forcément, son absence va impacter la rédaction. Il était le fondateur du journal, mais aussi l’administrateur général. Parmi les fondateurs, il était le dernier encore en vie. Son expérience, son autorité morale et sa vision étaient des repères pour nous tous. Aujourd’hui, il est encore trop tôt pour mesurer l’ampleur du défi qui nous attend. Nous sommes toujours sous le choc. Mais une chose est certaine : nous avons le devoir de préserver l’héritage qu’il nous laisse et de poursuivre l’œuvre qu’il a bâtie durant plusieurs décennies », a conclu Mamadou Ciré Diallo.

Avec la disparition de Diallo Souleymane, la presse guinéenne perd l’une de ses figures les plus marquantes. Son parcours, son engagement pour la liberté de la presse et sa contribution au paysage médiatique national resteront gravés dans la mémoire de plusieurs générations de journalistes et de lecteurs.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 1 juin 2026 17:22Nous vous proposons aussi
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