« Nous assistons à la violation du protocole d’accord » : Aboubacar Soumah et cie haussent le ton !
CONAKRY — À quelques semaines de l’ouverture des classes, le secteur éducatif guinéen replonge dans la tourmente. Face aux annonces de recrutement massif dans la Fonction publique, l’Intersyndicale de l’éducation exige la priorité absolue pour les enseignants contractuels. Ce lundi 21 septembre 2026, au cours d’une conférence de presse, les leaders syndicaux ont dénoncé la violation des accords signés avec le gouvernement et menacé de paralyser la prochaine rentrée scolaire.
Au cœur du litige : l’article 7 du protocole d’accord tripartite signé le 3 janvier 2026 entre les syndicats, le gouvernement et le Conseil National du Dialogue Social (CNDS). Ce texte stipule expressément que les enseignants ayant validé l’évaluation en pratique de classe doivent être priorisés lors des prochains recrutements de l’État.
Pour Kadiatou Bah, Secrétaire générale du SLECG, l’exigence est claire et ne saurait faire l’objet de nouvelles manœuvres administratives :

« Quand on parle d’un prochain engagement, il ne s’agit pas de lancer un nouveau concours ni de mettre en place une commission d’arbitrage. Ces enseignants contractuels communautaires ont déjà franchi toutes les étapes : le recensement, la biométrie et le concours pratique en classe. En Guinée, on impose un concours pratique à des enseignants ayant déjà 5, 6 ou 10 ans d’exercice sur le terrain, alors que d’autres pays les intègrent directement. Nous exigeons simplement le respect de leurs acquis. »
Un cahier de revendications exhaustif

Au-delà de la situation des contractuels, l’Intersyndicale égrène une série de griefs accumulés depuis plusieurs années :
- Paiement des arriérés : Le déblocage immédiat des salaires de tous les enseignants gelés depuis 2023;
- Avancement de carrière : La régularisation de la situation administrative des enseignants recyclés via les ENI ou l’université, dont les dossiers de changement de grade restent bloqués à la Fonction publique;
- Régularisation des contractuels : L’engagement direct sans nouveau concours des contractuels enregistrés à la biométrie ; le réexamen du cas des recalés afin de les réévaluer en situation de classe ; et la soumission des contractuels de Conakry à l’épreuve pratique en leur accordant la priorité.
- Statut particulier & Primes : La signature du statut particulier de l’éducation — au point mort depuis plus de six mois — et le versement de la prime de fonction aux cadres des départements éducatifs qui en sont privés.

Revenant sur les statistiques de la dernière opération, Michel Pépé Balamou, Secrétaire général du SNE, a rappelé qu’en 2024, sur 14 500 enseignants contractuels communaux identifiés et évalués par l’État, seuls 10 000 ont été retenus, laissant 4 500 enseignants sur le carreau.
Un ultimatum lancé au gouvernement
Fustigeant une « violation flagrante du protocole du 3 janvier », Aboubacar Soumah, président du SLECG, renvoie la balle dans le camp des autorités administratives et du ministère de l’Éducation Nationale.

« Lorsque la ministre nous demande une rentrée paisible, la balle est dans le camp du gouvernement, garant du climat social. Si ses engagements ne sont pas respectés d’ici l’ouverture des classes, il n’y aura pas de rentrée apaisée. Nous avons épuisé toutes les voies de recours amiables. La seule arme légale du syndicaliste reste le débrayage, et nous n’hésiterons pas à l’employer », a prévenu le leader syndical.
Le ton est donné. À mesure que l’échéance de la rentrée approche, la pression s’accentue sur le gouvernement pour désamorcer ce qui s’annonce comme une nouvelle crise scolaire majeure.
Dossier à suivre.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 21 septembre 2026 17:00Nous vous proposons aussi
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