Moyen-Orient: Forces navales, avions… Les États-Unis se déploient et seraient prêts à frapper l’Iran
Les États-Unis ont averti ce mercredi 18 février l’Iran qu’il serait « bien avisé » de conclure un accord. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a estimé qu’il y avait « de nombreuses raisons » de frapper le pays. Cette nouvelle mise en garde Américaine intervient après que Téhéran a déclaré, par la voix du chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, « élaborer un cadre préliminaire » pour faire avancer ses tractations avec les États-Unis.
Mardi, les deux pays ennemis ont achevé, près de Genève, une deuxième session de pourparlers indirects, via une médiation omanaise, dans un contexte d’intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe. D’après les médias américains CNN et CBS, l’armée américaine est prête à frapper l’Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n’a selon eux pas encore pris de décision finale.
Le président américain – qui a déjà ordonné des bombardements aériens en juin dernier – a menacé à de multiples reprises Téhéran d’intervention militaire si les discussions en cours n’aboutissent pas à un accord sur le programme nucléaire iranien, après qu’il a retiré son pays du précédent en 2018 pendant son premier mandat. Les dernières discussions sur le nucléaire iranien avaient été gelées en juin par la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne en Iran.
La présence d’une « telle puissance de feu (…) dans la région crée une dynamique en soi. C’est parfois un peu difficile de la freiner et de dire: ‘C’est tout, on ne fait rien' », explique Susan Ziadeh, une analyste au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS).
L’armée américaine compte actuellement treize navires de guerre au Moyen-Orient: un porte-avions, le Abraham Lincoln, arrivé fin janvier, neuf destroyers et trois frégates légères, selon un responsable américain, et d’autres se dirigent vers la région. Le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, navigue actuellement dans l’océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du Golfe, après que Donald Trump a ordonné son déploiement dans la région mi-février. Il est accompagné par trois destroyers.
Il est rare que deux porte-avions américains – qui transportent des dizaines d’avions de combat et fonctionnent avec des milliers de marins à bord – soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient. C’était déjà le cas en juin dernier, quand Donald Trump a décidé de frappes aériennes contre trois sites nucléaires iraniens pendant la guerre de douze jours déclenchée par Israël.
Avions radar de surveillance et avions de combats
Les États-Unis ont également mobilisé une flotte aérienne d’envergure au Moyen-Orient, selon des comptes X spécialisés et le site de suivi de vol Flightradar24. Elle comprend des avions de combat furtifs F-22 Raptor, des avions de combats F-15 et F-16, et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations. Mercredi, Flightradar24 montrait plusieurs KC-135 volant au Moyen-Orient ou à proximité, ainsi que des avions radar de surveillance aérienne E3 Sentry et des avions-cargos en activité dans la région.
Washington dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires à travers la région, certaines potentiellement vulnérables en cas de contre-attaque iranienne. Selon le Wall Street Journal, citant des responsables américains anonymes, le président a été informé d’options militaires, dont une visant à « tuer nombre de dirigeants politiques et militaires iraniens, afin de renverser le gouvernement ».
Après que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, se soit entretenu avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafaël Grossi, l’ambassadeur iranien auprès des organisations internationales à Vienne, Reza Najafi, a également échangé avec lui ainsi qu’avec les ambassadeurs de Chine et de Russie, en amont de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA. L’Iran avait suspendu sa coopération avec l’agence et restreint l’accès de ses inspecteurs aux installations touchées après la guerre de 12 jours, au cours de laquelle les États-Unis avaient bombardé des sites nucléaires iraniens.
Après cette deuxième session de tractations, Téhéran a assuré s’être entendu avec Washington sur « un ensemble de principes directeurs » pour un éventuel accord. De son côté, le vice-président américain, JD Vance, a souligné que l’Iran n’acceptait pas certaines « lignes rouges » américaines. Les deux parties sont « encore très éloignées sur certaines questions », a confirmé mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
AFP
Créé le 19 février 2026 09:45Nous vous proposons aussi
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