Mort de Moriba Béavogui à Bofossou : des zones d’ombre autour d’un décès présenté comme un accident
MACENTA-La mort de Moriba Béavogui, conducteur de taxi-moto âgé d’une quarantaine d’années, continue de susciter des interrogations à Bofossou, une sous-préfecture relevant de la préfecture de Macenta. Marié à deux femmes et père de cinq enfants, l’homme, connu sous le surnom de « Rouzo », a été retrouvé sans vie dans la matinée du vendredi 21 août 2026, à moins d’un kilomètre du centre de Bofossou.
Selon les premiers témoignages recueillis auprès de citoyens et des autorités locales, Moriba Béavogui serait mort à la suite d’un accident de circulation. Mais cette version ne convainc pas totalement sa famille, qui demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort.
Un décès qui suscite des interrogations
D’après les informations recueillies auprès de la famille, Moriba Béavogui aurait passé une partie de la soirée du jeudi avec des amis. L’heure exacte à laquelle il aurait quitté ses compagnons fait cependant débat. Son frère, Foromo Béavogui, rapporte que les autorités locales lui auraient indiqué que Moriba avait quitté ses amis vers 23 heures pour se rendre chez sa femme. Mais d’autres informations recueillies par la famille situeraient son départ aux environs de minuit.
« On nous a dit qu’il était resté avec ses amis jusqu’à 23 heures et qu’à 23 heures, il a quitté pour aller chez sa copine. Mais moi, en vérifiant les informations, j’ai appris qu’il était encore à Bofossou jusqu’à minuit », explique Foromo Béavogui, journaliste de profession.
Selon ce dernier, Moriba se dirigeait vers la localité où résidait sa deuxième épouse, récemment rentrée d’un séjour à Siguiri. C’est cette femme qu’il aurait voulu rencontrer dans la nuit avant de trouver la mort sur son chemin.

Le décès intervient dans un contexte que la famille juge préoccupant. Toujours selon Foromo Béavogui, Moriba Béavogui aurait été récemment en conflit avec l’ancien époux de sa deuxième femme, avec qui il a deux enfants.
« La dame en question serait l’ex d’un autre homme, donc ça a causé un litige entre lui et le gars en question », affirme le frère du défunt. Il rapporte même que Moriba aurait, dans le passé, été agressé ou maltraité par un groupe en lien avec ce différend, avant de s’échapper des lieux. La famille se demande dès lors si cette situation pourrait avoir un lien quelconque avec sa mort. Une interrogation qui, à ce stade, relève uniquement des soupçons de la famille.
La famille déplore une inhumation précipitée
Autre élément qui alimente les interrogations : l’inhumation du corps avant l’arrivée des proches. Foromo Béavogui affirme que la famille, informée du décès, avait demandé à plusieurs reprises que le corps soit conservé jusqu’à leur arrivée. « Nous avons insisté pour qu’on laisse le corps intact jusqu’à ce qu’on arrive. Malheureusement, nous sommes arrivés et nous avons trouvé qu’ils avaient déjà fait l’enterrement », témoigne-t-il.
Selon lui, cette situation a empêché la famille de prendre d’éventuelles dispositions pour une expertise médicale approfondie. Le frère du défunt affirme également avoir appris auprès d’un médecin présent sur les lieux que celui-ci avait uniquement procédé à un constat et n’était pas habilité à pratiquer une autopsie.
Une autre version sur la décision d’enterrer
Pépé Fanaiou Koivogui, cité par la famille parmi les personnes ayant participé à la décision d’inhumer le défunt, donne une autre version des faits. Selon lui, lorsqu’il est arrivé sur place, un constat avait déjà été effectué par les autorités et les services compétents. Il affirme que le corps était exposé au soleil et recouvert sommairement de feuilles et d’un plastique. « La tête, vraiment, était profondément touchée. Je n’ai même pas eu le courage de prendre la photo, tellement le visage m’a étonné », témoigne-t-il.

Face à l’état du corps et à l’absence des proches, qui se trouvaient à environ 120 kilomètres, Pépé Fanaiou Koivogui affirme avoir estimé, avec d’autres membres de la communauté, qu’il fallait procéder à l’inhumation. Il affirme toutefois qu’il a été informée de la décision de la famille alors que l’enterrement était déjà engagé. « Nous avons jugé nécessaire d’enterrer le corps, parce qu’ilne pouvait pas rester comme ça. Il avait aussi besoin de respect », explique-t-il.
Les autorités évoquent un accident de circulation
Le maire de Bofossou, Akoï Koivogui, confirme avoir été informé tôt le matin d’un accident impliquant Moriba Béavogui. Selon l’élu local, le sous-préfet, la mairie, des éléments de la gendarmerie ainsi que le personnel du centre de santé se sont rendus sur les lieux. La gendarmerie routière et le procureur auraient également été saisis. « On a été informés par certains citoyens d’un accident de circulation. La victime, c’est Moriba Béavogui, un taximètre, surnommé Rouzo », explique le maire.
Selon lui, un constat a été effectué sur place avant que le corps ne soit remis à la famille pour l’inhumation. Il indique également que le procureur avait instruit que des enquêtes soient menées.
Une moto qui alimente les interrogations
Pour la famille, l’état de la moto constitue également un élément à éclaircir. Selon Foromo Béavogui, la moto ne présentait pas de dégâts significatifs alors que la tête de la victime aurait été grièvement atteinte, sous prétexte qu’un automobile l’aurait peut-être marché dessus de passage. Autre élément, le corps serait couvert en partie de boue alors qu’il n’y a pas de boue sur le goudron au lieu dit-on de l’accident soutien la famille. « La moto n’a pas été endommagée », soutient-il, estimant que cet élément mérite d’être pris en compte dans les investigations.
La famille s’interroge également sur les circonstances dans lesquelles le corps aurait pu rester plusieurs heures sur une route nationale, à proximité de Bofossou, avant sa découverte officielle dans la matinée.
Selon le frère de la victime, le corps a été préalablement découvert par un proche de la victime, tard la nuit avec qui d’ailleurs il devait se déplacer pour se rendre au village. Ce dernier lui aurait dit qu’il n’était pas encore prêt demandant à Moriba de le devancer. C’est quelque temps après qu’il serait allé informé dans le village voisin qu’il a trouvé de passage le corps sans vie de Rouzo sur la chaussée tard la nuit.
Une demande de vérité
À travers toutes ces interrogations, les proches de Moriba Béavogui ne disent pas disposer de preuves permettant d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’un accident. Ils souhaitent toutefois que les autorités compétentes vérifient toutes les hypothèses. « Si c’est un accident, ou bien si c’est un autre cas, ils peuvent ouvrir une enquête pour vraiment situer les responsabilités », plaide Foromo Béavogui.
Paul Foromo SAKOUVOGUI,
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
En Guinée Forestière.
Tél : (00224) 628 80 17 43
Créé le 24 août 2026 07:15Nous vous proposons aussi
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