Incursion d’éléphants à Nzébéla (Macenta) : « ces pachydermes dansent quand les enfants chantent… »
MACENTA – La sous-préfecture de Nzébéla, située dans la préfecture de Macenta, fait face depuis plusieurs années à des incursions récurrentes d’éléphants au cœur des zones habitées. Cette localité, -zone périphérique de la Réserve de Biosphère du mont Ziama, l’une des plus vastes forêts classées de Guinée-, est régulièrement visitée par ces pachydermes, suscitant à la fois fascination et inquiétude au sein des populations.
La dernière apparition en date a été signalée le samedi 07 février 2026, précisément à l’école primaire de Nzébéla, selon des sources communautaires. Des images et témoignages concordants rapportent la présence de deux éléphants circulant librement à proximité des élèves et des habitations.

Interrogé par notre correspondant régional le même jour, Moïse Pivi, président de la délégation spéciale de Nzébéla, confirme la régularité de ces incursions.
« Chaque fois, on est ensemble avec les éléphants. Ils viennent au milieu du village, même à l’école, au terrain, s’amuser avec les enfants. Cela fait plus de cinq ans qu’on voit au moins deux éléphants. Parfois, ils partent deux ou trois jours, une semaine, puis ils reviennent encore », explique-t-il.
Une cohabitation inhabituelle qui n’est pas sans risques, notamment pour les enfants. « Il y a certains enfants à qui on a demandé de cesser, parce que c’est un animal et on ne connaît pas son intention. D’autres prennent même la queue de l’éléphant, lui donnent des bananes, chantent avec lui, et parfois l’éléphant danse aussi », témoigne le responsable local.

Face à cette situation préoccupante, les autorités locales, en collaboration avec les éco-gardes, multiplient les actions de sensibilisation.
« Chaque fois, nous sommes avec les éco-gardes pour leur protection et celle de la population. On annonce toujours leur arrivée et on sensibilise la communauté. Nous avons interdit formellement de s’amuser avec les éléphants », insiste Moïse Pivi.
Des mesures de précaution ont été instaurées, notamment le respect d’une distance de sécurité. « Quand l’éléphant entre à Nzébéla, on exige au moins 30 à 40 mètres de distance entre l’animal et la population », précise-t-il.
Cette présence répétée des éléphants relance le débat sur la cohabitation homme-faune dans les zones riveraines des aires protégées. Si elle témoigne de la richesse de la biodiversité de la réserve de Ziama, elle pose également des défis majeurs en matière de sécurité, de protection de la faune et de préservation des moyens de subsistance des populations locales.

Les autorités environnementales sont ainsi appelées à renforcer les mécanismes de gestion et d’accompagnement des communautés afin de prévenir d’éventuels incidents tout en assurant la conservation durable de cette espèce emblématique.
Nous y reviendrons !
Paul Foromo SAKOUVOGUI,
Correspondant Régional d’Africaguinee.com
En Guinée Forestière.
Tél. (00224) 628 80 17 43
Créé le 8 février 2026 08:59Nous vous proposons aussi
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