“Mes parents m’ont interdit le téléphone”: les confidences de Fatoumata Barry, 3ème de Conakry au BEPC

CONAKRY – Classée 3ème de la ville de Conakry au Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) session 2026, Barry Fatoumata, rêve de devenir astronaute. Très émue, la future lycéenne n’a pas caché sa joie après l’annonce des résultats.

« C’est une grande satisfaction d’avoir honoré ma famille et mon établissement. Ce résultat est le fruit de beaucoup d’efforts, de discipline et de sacrifices », exulte la jeune lauréate qui reconnaît que le chemin vers cette distinction n’a pas été facile.

« Les préparations n’ont vraiment pas été faciles. J’ai dû apprendre à bien gérer mon temps. Chaque minute comptait. Je me suis concentrée davantage sur les révisions que sur les loisirs… Aujourd’hui, je suis heureuse que tous ces efforts aient porté leurs fruits”, témoigne-t-elle.

Interrogée sur ses ambitions, Barry Fatoumata surprend par l’originalité de son projet professionnel. « Mon rêve est de devenir astronaute. Depuis toute petite, je regarde des documentaires et des émissions consacrés à l’espace. Voir des hommes et des femmes voyager dans l’univers m’a toujours fascinée. C’est un rêve que je porte depuis mon enfance et je compte travailler sans relâche pour le réaliser. Je sais que cela demandera énormément d’efforts, mais rien n’est impossible lorsqu’on croit en ses capacités », dit-elle.

Pas de téléphone…

« Je n’ai jamais eu de téléphone personnel. Mes parents me l’ont interdit parce qu’ils estimaient que cela pouvait détourner les enfants de leurs études. Lorsque j’avais besoin d’effectuer une recherche ou un exercice, je demandais simplement la permission d’utiliser le téléphone de ma mère pendant quelques minutes. Ensuite, je le lui rendais. Je me suis surtout appuyée sur les livres, les cahiers et les cours. Je ne passais pas mon temps sur les réseaux sociaux. C’est cette concentration qui m’a permis d’obtenir ce résultat », raconte la lauréate.

Déjà tournée vers l’avenir, elle affiche de grandes ambitions. « Inch’Allah, je compte maintenir ce niveau jusqu’au baccalauréat. Mon objectif est de devenir première de la République. Je sais que cela demandera encore plus de travail, mais je suis prête à fournir les efforts nécessaires. »

Sa mère, Mamadou Rabi Sow, enseignante de profession, assume son choix d’interdire le téléphone portable à tous ses enfants. « Cette décision vient de moi. À notre époque, nous avons étudié sans téléphone et cela ne nous a pas empêchés de réussir. Aujourd’hui, beaucoup d’enfants utilisent davantage le téléphone pour jouer, aller sur TikTok ou regarder des vidéos que pour apprendre leurs leçons. C’est pourquoi aucun de mes enfants ne possède de téléphone personnel, même ceux qui sont à l’université ou au lycée. Lorsqu’ils ont besoin d’internet pour un exercice, ils utilisent mon téléphone sous ma surveillance, puis ils me le rendent. Je préfère qu’ils passent plus de temps avec leurs livres qu’avec les écrans. »

L’enseignante lance enfin un appel aux parents. « Les parents doivent être au chevet de leurs enfants. L’éducation ne se limite pas à l’école. Elle commence d’abord à la maison. Les enseignants font leur travail en classe, mais les parents doivent assurer le suivi à domicile. L’enfant doit reprendre ses leçons, être accompagné et encouragé. Lorsqu’il rencontre des difficultés, il ne faut pas hésiter à solliciter des répétiteurs ou d’autres enseignants. C’est ce suivi permanent qui permet aux enfants d’assimiler correctement leurs cours et de réussir. »

Mamadou Yaya Bah

Pour Africaguinee.com

Créé le 15 juillet 2026 18:42

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