Massacre du 28 septembre 2009 : Ce que le colonel Bienvenu Lamah a « dit » au Juge…

CONAKRY-Nous l’avions déjà annoncé hier, vendredi 17 mai 2024 ! Le colonel Bienvenu Lamah a été auditionné jeudi à la maison centrale de Conakry où il est incarcéré depuis novembre 2022. Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Première instance de Dixinn a entendu au fond cet officier supérieur de la gendarmerie sur sa responsabilité présumée dans le dossier des atrocités commises au grand stade de Conakry en septembre 2009. Comment cet interrogatoire s’est-il déroulé ? Qu’a-t-il dit au juge ? Quelle sera la prochaine étape dans cette procédure ? Africaguinee.com a interrogé maitre Zézé Kalivogui, l’avocat de l’ancien commandant de la gendarmerie régionale de Conakry, inculpé pour complicité « d’assassinat, d’enlèvement, de meurtre, de viol, de coups et blessures volontaires » dans cette affaire.

AFRICAGUINEE.COM : Votre client le colonel Bienvenu Lamah a été entendu par le doyen des juges du TPI de Dixinn. Comment s’est déroulé cet interrogatoire ?

Maitre Zézé Kalivogui

MAÎTRE KALIVOGUI : Effectivement, le doyen des juges a fait ce déplacement à la maison centrale de Conakry. Mon client a été entendu au fond, par rapport aux accusations portées contre sa personne. Pratiquement, l’audition a duré de 11 heures à 18 heures.

Qu’est-ce qu’il a dit au juge ?

Il a expliqué dans les moindres détails, comment il est arrivé à Kaleyah. Durant tout son séjour, quelle était sa responsabilité. Il a expliqué que, déjà les recrues là sont venues trouver qu’il était à l’école de la gendarmerie. Étant entendu que les recrues sont allées avec leurs propres encadrement qui n’avait rien de commun avec l’encadrement des fantassins (…). Même à l’école de la gendarmerie, il n’en était ni le directeur, ni le directeur adjoint, encore moins le directeur du stage.

En tant qu’instructeur, il recevait le programme qu’il devait dispenser, c’est tout ce qui était sa responsabilité au niveau de l’école de la gendarmerie. Ça, on ne parle même pas des recrues qui sont allées là-bas. Donc, on a juste fait à la volée des accusations contre sa personne alors que, à la base, il n’y a rien. Évidemment, ce sont des questions d’ailleurs auxquelles il avait déjà répondu en 2011, à l’issue desquelles il avait bénéficié d’un non-lieu. Ce sont les mêmes questions qui sont revenues. Nous avons conclu qu’il n’y avait vraiment pas de nouvelles charges. Il y a seulement qu’on peut rattacher à une personne des infractions qu’elle ignore complètement.

Qu’en est-il des accusations portées contre lui par le commandant Toumba Diakité ?

Il a rejeté toutes les accusations de Toumba Diakité. Il a démontré dans les moindres détails, et avec preuves à l’appui que les recrues dont on parle, s’il y a eu des recrues au stade ou au camp Alpha Yaya, ces personnes-là ne sont venues que du SIAM. C’est pourquoi d’ailleurs il a expliqué que ce n’était qu’une diversion. Cette affaire de Kaleyah, on cherche à déplacer le problème. En réalité, ces accusations-là ne peuvent utilisées que sur ceux-là qui étaient à Siam. Mais comme on sait que ceux qui étaient à SIAM, c’étaient les hommes de monsieur Toumba Diakité et de sa suite, quand on a interrogé Marcel à la barre, ces six éléments sont venus d’où, il a dit que c’est de Siam. Et, Siam, c’est KM66, qui n’a rien à avoir avec Kaleyah.

Et, également, lorsque je vous renvoie à l’interview de Commandant Diakité, à l’époque, répondant à un journaliste de Rfi basée à Dakar où il a parlé de Siam. Il a parlé de 200 ou de 250 hommes venus de Siam. Alors, pourquoi on veut absolument que ça soit des recrues qui sont venues de Kaleyah (qui ont commis le massacre) ?

Kaleyah et Siam, ce n’est pas la même chose. Il a également expliqué que les recrues de Kaleyah dont on parle, n’avaient même pas commencé la formation jusqu’au moment où il y a eu les évènements du 28 septembre. Les gens qui sont en train de se regrouper, comment on peut les envoyer en mission ? En tout cas, lui (Bienvenu Lamah) pense que c’est impossible.

Quelle sera la prochaine étape ?

Nous sommes encore entre les mains du doyen des juges et, nous allons examiner tous ces éléments là pour provoquer éventuellement une confrontation entre ses accusateurs et lui.

Quelles sont les possibilités éventuelles ?

Au niveau du juge, il y a deux possibilités. Il y aura soit une ordonnance de non-lieu ou une ordonnance de renvoi. Mais, ce qui nous réconforte, c’est que les éléments du dossier militaient amplement en faveur du non-lieu. Parce que les faits sont déjà suffisamment discutés et ont connu une décision de justice. On pensait qu’il y avait de nouvelles charges comme on le dit. Mais en l’espèce, il n’y a pas de nouvelles charges.

Ce sont les mêmes questions. C’est des questions identiques auxquelles il a répondu qui lui ont été posées. C’est des faits qui sont liés à sa qualité supposée de directeur de centre. Ce sont des faits liés à la sortie supposée des recrues de Kaleyah pour le camp Alpha Yaya, peut-être pour le stade… Ce sont ces mêmes questions qui lui ont été posées. Et après, on lui a dit qu’est-ce qu’il connaît des évènements. Mais il n’était pas au stade du 28 septembre. Il ne peut rien dire par rapport à ça. Nous estimons que si le doyen n’a pas d’influence extérieure à son serment et à sa conscience, notre client Bienvenu Lamah peut s’en sortir, parce qu’il est innocent.

Entretien réalisé par Boubacar 1 Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 18 mai 2024 12:25

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