Massacre de 2009 : Mouctar Bah évoque la destination de 84 corps…

CONAKRY- C’est l’un des témoins clef du massacre du 28 septembre 2009. Moucar Bah, le correspondant de la Radio France Internationale (RFI) est à la barre ce lundi 9 octobre 2023, pour livrer son témoignage sur les exactions de 2009. Il était au stade le jour des atrocités.

Dans ses explications, le journaliste a rappelé les évènements à Labé, où le capitaine Moussa Dadis Camara était en visite.

Voyage à Labé

Le 27 septembre, le président de la transition Moussa Dadis Camara et ses proches se sont rendus dans la capitale de Fouta Djallon, où ils devaient rencontrer la notabilité de cette région importante de la Guinée. C’est là où il dit avoit reçu une première menace venant de l’équipe de la garde présidentielle.

Le jour fatidique du 28 septembre 

De retour à Conakry, Moucar Bah s’était rendu au stade du 28 septembre, où les forces vives avaient appelé à la tenue d’un meeting, pour exprimer leur opposition à la candidature de Capitaine Moussa Dadis, à la présidentielle qui était prévue en 2010. Sauf que les choses ont tourné au vinaigre. Dans la poursuite de sa déposition, le correspondant a raconté avoir aperçu une forte mobilisation de citoyens quittant la Belle-vue pour le stade. De l’autre côté, une équipe d’hommes armés conduite par le Colonel Moussa Thiégboro Camara.

Cet officier de la gendarmerie aurait tenté de convaincre pour que les manifestants abdiquent à leur mouvement, mais en vain. Toutefois, le désordre aurait commencé à partir du moment où, « le colonel Tiegboro a demandé à ses hommes de charger », selon les termes de Mouctar Bah.

Revenant sur son cas particulier, le journaliste dit avoir a été arrêté avec son confrère Amadou Diallo, aussi correspondant de la Radio BBC. Ils ont été embarqués dans un pick-up de la CMIS. Dans cet engin, le correspondant de dit avoir été victime vol.

« Ils m’ont malmené. Ils ont gâté mon micro et mon téléphone. Quand on a été interpelés, ils nous ont dit de se mettre à genou. Je leur ai dit que je suis journaliste, ils m’ont obligé. Ensuite, ils m’ont tapé dans le dos, je suis tombé. Ils étaient des bérets rouges, rien que des bérets », a témoigne M.Bah, ajoutant avoir été dépouillé aussi d’une forte somme d’argent en devise et francs guinéens.

Lui et son compagnon d’infortune auraient été libérés grâce à l’intervention d’Ansoumane Camara (Bafoé).

Des corps emportés vers Faban

Moucar Bah affirme avoir vu des jeunes tombés sous les balles pendant qu’ils escaladaient le mur pour fuir.  Le journaliste précise qu’il ignorait la provenance des balles.

« Une dame est venue me demander de l’aide. Elle m’a dit qu’il y a des femmes qui se faisaient violer au palais des sports. Et ça criait à l’intérieur », explique-t-il.

Pendant qu’ils quittaient leur cachette sous escorte, Mouctar Bah affirme qu’il voyait des corps partout. Selon lui, il y avait au moins 50.000 personnes au stade.

Le journaliste dit avoir été appelé un peu plus tard. Lors de ce coup de fil on lui avait confié que 84 corps ont été ramassés au stade et embarqués dans des camions militaires, aux environs de 23heures, pour être enterrés vers Yimbaya, où se trouverait la fameuse fosse commune que les ONG de défense des droits de l’homme ne cessent d’évoquer dans ce procès.

A ce niveau de son intervention, il a été amené à déclarer la source qui lui aurait confié cette information sur les cas de corps. Mais il n’a pas daigné le faire, à cause du respect de la source comme l’enseigne la déontologie du journalisme.

A suivre…

Dansa Camara DC 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 9 octobre 2023 14:20

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