Législatives et communales du 24 mai : Faya Millimouno soulève des inquiétudes…
CONAKRY – À l’approche des élections législatives et communales prévues pour le 24 mai prochain, Dr. Faya Millimouno, exprime ses vives inquiétudes face à la montée en puissance de la GMD, structure ayant soutenu la candidature de Mamadi Doumbouya lors de la présidentielle de décembre 2025. Pour l’opposant, la confusion entre l’appareil d’État et cette organisation politique en construction pose problème.
Lors d’une conférence de presse tenue sous l’égide de la Coalition pour la Rupture (CPR), l’ancien candidat à la présidence n’a pas mâché ses mots. Il a dressé un constat critique sur l’état actuel de la démocratie guinéenne :
« La Guinée est à un tournant décisif de son histoire. À l’approche des élections législatives et communales, l’enjeu n’est pas seulement électoral, il est aussi institutionnel, et surtout il est républicain et existentiel. Notre histoire nous enseigne une leçon claire : chaque fois que le pouvoir se concentre sans contre-pouvoir, la démocratie recule. Et c’est ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Chaque fois que l’État se confond avec un parti, la République s’affaiblit », a déclaré l’opposant.

Une administration qui perd sa neutralité ?
L’inquiétude majeure de Faya Millimouno réside dans ce qu’il qualifie de « signaux préoccupants ». Selon lui, le gouvernement de Bah Oury s’éloignerait de sa mission de neutralité pour favoriser une hégémonie politique, rappelant les heures sombres du passé.
« Aujourd’hui, nous nous trouvons devant des signaux très préoccupants, et qui ne devraient laisser aucun Guinéen indifférent. L’État semble vouloir créer son propre parti, au risque de confondre administration et organisation politique. Chacun de nous suit le Premier ministre qui reçoit le mandat du président de créer un parti qui s’apparente à un parti-État. L’administration publique perd sa neutralité. L’espace civique se rétrécit dangereusement : des partis sont suspendus, des médias sont fermés, les manifestations sont interdites. L’élection est en train de devenir un simple rituel de confirmation. Nous ne pouvons pas ignorer ces signaux. La consolidation démocratique n’est pas un slogan, c’est une exigence nationale », martèle Dr. Millimouno.
Face à la presse, le président d’honneur du BL a insisté sur la distinction fondamentale entre la cohésion nationale et l’écrasement de la diversité politique. Pour lui, l’un ne doit pas se faire au détriment de l’autre.
« Il ne faut pas confondre dans notre pays, comme ce fut le cas par le passé, l’unité nationale et l’uniformité politique ; ce sont deux choses complètement différentes et diamétralement opposées. L’unité nationale est sacrée, mais l’uniformité politique est dangereuse. Lorsque l’opposition est présentée comme une menace, la liberté recule. Lorsque la critique est assimilée à la trahison, la République s’étiole. L’unité doit être garantie par des institutions de la République neutres : une justice équitable et indépendante, une administration impartiale et des forces de défense et de sécurité républicaines apolitiques. Il faut qu’on sépare clairement l’État du parti. »
Le spectre de la fuite des cerveaux
Évoquant l’histoire politique de la Guinée, Faya Millimouno a rappelé que la politisation à outrance de l’administration a toujours été le moteur de l’exil des élites guinéennes.
« Lorsque, du parti politique, on est allé au parti-État, cela a conduit à des dérives qui ont fait fuir l’élite de ce pays. La démocratie meurt quand l’administration devient l’extension d’un camp. Si le seul agenda du gouvernement de M. Bah Oury est aujourd’hui la construction d’un parti-État, il faut bien se poser la question : ce fonds qu’il est en train d’utiliser, il provient d’où ? Il faut une neutralité obligatoire des gouverneurs, des préfets, des ministres et des autres administrateurs. Il faut la traçabilité du financement des activités politiques dans le pays. »
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 février 2026 18:02
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