Guinée: L’OGDH réclame « Justice et réparation » pour les victimes du régime d’Alpha Condé

Maître Alpha Amadou DS Bah

CONAKRY – À l’approche du 67e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, l’ancien président Alpha Condé a exprimé ses regrets envers les victimes – personnes tuées, blessées, ou ayant perdu leurs biens – sous son régime. Si ce geste est perçu par certains comme un acte salutaire, les défenseurs des droits de l’homme insistent pour que ce « pardon » soit suivi par la justice et la réparation.

Interrogé par Africaguinee.com, Me Alpha Amadou DS Bah, président de l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme (OGDH), a salué le fait qu’Alpha Condé reconnaisse lui-même « les crimes » commis. Cependant, pour l’OGDH, l’approche doit désormais être juridique et non seulement morale.

Pour le défenseur des droits de l’homme, le simple pardon est loin de suffire pour apaiser les souffrances : « Le simple pardon est insignifiant et insuffisant pour soulager les victimes », a-t-il dit.

« Il faut aller plus loin. Il faut encourager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces tueries. On se souvient qu’il y a eu des centaines de morts pendant son régime, il y a eu des pillages. Donc, en plus du pardon qu’il a demandé, il faut que les auteurs et les commanditaires de ces actes soient recherchés et punis à la hauteur de leur forfait », assène le défenseur des droits humains.

La Justice

Bien que certains estiment que ce regret arrive tardivement, Me DS Bah rappelle qu’il « n’est jamais trop tard pour réparer le tort qu’on cause à autrui ». Il souligne cependant que l’impact aurait été bien plus grand si l’action avait été menée étant au sommet de l’État :

« Il n’est jamais trop tard de bien faire, mais ça aurait eu encore plus d’impact si pendant son régime, il avait demandé pardon pendant qu’il était au pouvoir. Surtout qu’il avait en ce moment les leviers du pouvoir, c’était plus simple de demander pardon, d’indemniser les victimes et ensuite de diligenter des procédures. Je pense que ça aurait été excellent s’il le faisait pendant qu’il était au pouvoir », explique le président de l’OGDH.

Aujourd’hui, l’activiste reconnaît que le geste peut être interprété différemment : « Maintenant qu’il a quitté, cela peut être interprété de diverses manières. Peut-être c’est pour réoccuper l’actualité ou peut-être qu’il est sincère. Quoi qu’il en soit, c’est seulement à travers la justice que cela pourrait avoir un sens profond. Donc, d’abord la justice et ensuite le pardon », selon l’avocat.

Droit à la vérité pour les victimes

Interrogé sur les démarches que les victimes devraient entreprendre, le président de l’OGDH a clairement défini la marche à suivre, insistant sur le « droit à la vérité » comme premier pas fondamental :

« Pour les victimes, il faut demander la justice parce qu’elles ont le droit de connaître la vérité. Il y a des personnes qui ont été tuées, on ne sait pas jusqu’à présent qui les a tuées et qui est le commanditaire. Le droit à la vérité est un droit fondamental pour les victimes. Elles doivent réclamer le droit à la vérité, le droit à la justice et ensuite le droit à la réparation. C’est cette triptyque-là qui peut soulager les victimes » a-t-il affirmé.

Dansa Camara DC

Pour Africaguinee.com

Créé le 15 octobre 2025 09:01

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