Grâces présidentielles, cas des médias fermés, Alpha Condé, Cellou, Sidya: Amadou Oury Bah lève le voile sur la vision post-transition du Président Doumbouya

CONAKRY- La Guinée a organisé dimanche dernier des élections communales et législatives, considérées comme l’ultime étape du processus de retour à l’ordre constitutionnel. Alors que le pays tourne la page de la transition ouverte en septembre 2021, plusieurs questions taraudent encore l’esprit des citoyens. Des mesures de clémence sont-elles envisagées par le président de la République pour gracier les personnes en conflit avec la loi ? Quid du sort des médias fermés ou du retour des exilés politiques, notamment les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, ou encore l’ex-président Alpha Condé ? Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, lève le voile sur la vision du chef de l’État. Exclusif !!!

AFRICAGUINEE.COM : Le retour à un ordre constitutionnel normal s’accompagne souvent d’une volonté d’apaisement national. Est-ce que le chef d’État envisagerait, par exemple, des mesures de clémence ou des grâces présidentielles pour des personnes en conflit avec la loi ?

AMADOU OURY BAH: L’ADN politique du président Doumbouya repose sur une volonté effrénée de bâtir une société guinéenne réconciliée, apaisée et résolument tournée vers le progrès. Les exemples ne manquent pas. Les Assises nationales, par exemple, sont nées de sa volonté personnelle de passer en revue notre passé – qui n’a pas toujours été reluisant – afin d’aller vers le pardon et la réconciliation.

Le procès du massacre du 28 septembre en est un autre exemple emblématique. La volonté d’interpeller la justice a été telle qu’elle a permis de juger ces événements afin d’effacer de manière irrémédiable la culture de la violence et l’impunité chronique qui caractérisaient les gouvernances précédentes.

Pour ce qui concerne la presse, certains médias et radios ont pensé pouvoir se passer de la main tendue après ma nomination comme Premier ministre. Ils ont été suspendus. Mais récemment, des mesures de clémence ont été prises pour faciliter le redémarrage de certains d’entre eux.

Le dirigeant qu’est Mamadi Doumbouya porte une vision en perpétuelle évolution. Il ne se fige pas dans une logique de revanche, mais s’inscrit plutôt dans une démarche progressive de réparation, de réconciliation et, si je puis dire, de rédemption, pour parvenir à une société apaisée.

Il y a tout de même des personnalités politiques majeures qui sont en difficulté avec le régime, notamment les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, ou encore l’ex-président Alpha Condé. Dans ce sillage, une dynamique de dialogue pourrait-elle s’établir pour faciliter leur retour en Guinée ?

Pour faire la paix comme pour faire la guerre, il faut être deux. Lorsqu’on veut la paix, on se donne les moyens d’y parvenir, vers ce qui peut nous permettre de gagner ensemble.

Malheureusement, certains hommes et femmes, mus par des intérêts personnels, ont perçu l’arrivée du CNRD comme une perte de pouvoir, d’attributs et de privilèges. Ils se sont jurés de tout faire pour qu’un régime issu de cette transition ne puisse pas réussir ni impacter durablement et positivement la société guinéenne. Cela provoque fatalement des chocs qui s’écartent parfois de la volonté initiale du président de la République, malgré les gages de bonne volonté qu’il a toujours exprimés.

Cependant, si une prise de conscience des réalités amène chacun à accepter que la Guinée doit être notre centre d’intérêt et notre préoccupation majeure, je ne vois pas qui s’opposerait à une détente progressive. Cela permettrait une recomposition du paysage politique pour que les Guinéens, dans leur globalité et avec leurs diversités, regardent enfin dans la même direction : celle d’un pays souverain, développé, stable, et ambitieux face à la compétition géostratégique mondiale.

A suivre !

Entretien réalisé par Boubacar 1 DIALLO

Pour Africaguinee.com

Créé le 2 juin 2026 19:56

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