Le CNRD à la veille de sa 2ème année : Un remaniement ministériel serait-il en vue ? 

Colonel Mamadi Doumbouya, Président de la Transition

CONAKRY-Le comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) se dirige vers sa deuxième année d’exercice de Pouvoir.

Le 05 septembre prochain, il fera deux ans depuis que le colonel Mamadi Doumbouya a renversé Alpha Condé, élu neuf mois plutôt pour un troisième mandat très controversé.

Après plusieurs mois d’atermoiements, la junte a réussi à mettre en place un Gouvernement nommé au compte-goutte, composé de 27 ministres, dirigés par Mohamed Béavogui. Lequel a fini par démissionner dix mois après sa nomination, entraînant le premier vaste remaniement opéré par le colonel Doumbouya.

Depuis le 20 août 2022, c’est Dr Bernard Goumou qui conduit le Gouvernement. Il vient d’entamer une évaluation visant à sonder la performance des ministres. Ils ont commencé à défiler devant le comité d’évaluation ce lundi à la Primature.

C’est un exercice, certes pas, tout à fait nouveau, mais il suscite des interrogations sur son opportunité. Certains voient les prémices d’un remaniement en perspective. Qu’en est-il ?

« Il est du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat de faire un remaniement quand il veut. Il ne demande personne et n’a de compte à rendre à personne pour ça. Nous qui sommes là, personne n’a battu campagne pour être là où il est. C’est le président qui a placé sa confiance en chacun des ministres et par extension en tous ceux qui ont bénéficié de son décret.

Cet exercice d’évaluation doit être compris comme quelque chose de naturel. Quand on gère on se fixe des objectifs et on doit rendre compte. Donc, c’est un exercice de transparence et de redevabilité permettant à chacun de pouvoir comprendre ses forces, ses faiblesses et les lacunes. L’objectif final c’est d’optimiser les résultats attendus. C’est tout. Le reste on ne peut empêcher les gens de spéculer », nuance une source gouvernementale.

Au sein de l’opinion, l’exercice auquel le premier soumet son équipe est diversement apprécié. D’autres pensent à une perte de temps.

« La priorité est tout à fait ailleurs. Tous les jours, le gouvernement s’écarte de l’objectif principal de cette transition. Ce qui devait préoccuper le Gouvernement à date, ce sont les préparatifs de la fin de la transition, et non une évaluation futile dont les résultats ne seront même pas rendus publics », s’offusque un acteur politique.

Cette évaluation à mi-parcours intervient alors que la CEDEAO et la communauté internationale accentuent la pression sur les autorités de la transition. Sept mois après le début de l’échéancier, les activités phares inscrites dans le chronogramme sont encore au stade préparatoire. Le Gouvernement qui dit avoir besoin d’un budget d’un peu plus de 600 millions de dollars pour financer le processus dans son ensemble, fulmine par rapport au manque d’empressement des partenaires techniques et financiers, notamment la CEDEAO, à débloquer leur quote-part. Une frilosité que comprend cet acteur de la société civile.

« Ils (les autorités de la transition, ndlr) font semblant de ne pas voir la réalité en face. Ce chronogramme mérite d’être révisé pour le débarrasser de tout ce qui ne concourt pas au retour à l’ordre constitutionnel. D’où la nécessité d’aller vers un dialogue inclusif. C’est pour cette raison que les partenaires sont frileux. C’est difficile d’exiger de quelqu’un de débloquer de l’argent comme ça sans voir clair. Les bailleurs ne fonctionnent pas comme ça. Le Gouvernement doit savoir qu’un glissement de calendrier ne l’arrangerait pas. Il faut aller vite à l’essentiel en faisant l’économie des choses inutiles comme cette évaluation en cours et qui nous amènera nulle part », avertit un acteur de la société civile.

A suivre…

Focus Africaguinee.com

Créé le 25 juillet 2023 20:57

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