Le chef de l’OGDH à Bah Oury : « Il faut qu’il rectifie le tir…»

CONAKRY- La presse guinéenne traverse sans doute l’un de ses pires moments depuis le décret autorisant la création des radios et télévisions privées en 2005. Le 21 mai 2024, quatre importants médias privés dont Djoma, Espace, et Fim ont été mis sous cloche. Raison invoquée, le non-respect des cahiers de charges.

Comment réagit l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) ? Quelles actions envisage-t-elle dans le court, moyen et long terme ? Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé M. Souleymane Bah, actuel président de l’OGDH. Dans cet entretien, il lance un appel à l’actuel Premier ministre, lui-même ancien militant des droits humains et pionnier de l’OGDH.

AFRICAGUINEE.COM : Plusieurs médias privés ont vu leurs agréments et licences retirés par les autorités. Quelle est la réaction de l’OGDH par rapport à cette décision ?

SOULEYMANE BAH : C’est avec beaucoup de regret, de déception que nous avons appris cette décision des autorités. Parce qu’il ne sert à rien de fermer ces radios alors qu’en principe ce sont elles et ces télévisions-là qui sont en train de mettre les décideurs sur le bon chemin. Ce sont ces médias qui informent la population. Donc, en les fermant on prive la population de l’information qui est un droit fondamental. Je considère le retrait des licences et fréquences de ces médias comme une violation très grave de la Loi.

Nous appelons les autorités à revenir sur leur décision en libérant la presse. Il ne sert à rien de dire que ceux-là parlent mal de nous, il faut qu’on les ferme, et qu’on les fasse taire. On a arrêté des gens, chassé certains, des voix discordantes… Et ça, ce n’est pas ce que Mamadi Doumbouya avait promis dans son premier discours après sa prise de pouvoir. Ce n’est pas ce qui est dans la charte qu’eux-mêmes ont élaboré. Cette charte reconnait les Droits de l’Homme. Et donc, ils doivent la respecter et la faire respecter et protéger la population. Nous condamnons franchement cette façon d’agir.

Au niveau de l’OGDH, qu’est-ce que vous comptez faire par rapport à cette situation ?

Le chargé de communication a fait entendre la position de l’OGDH par rapport à ça. Nous avons dit que nous condamnons avec la dernière rigueur cette façon d’agir parce que c’est des violations graves des droits de l’Homme. C’est eux qui ont dit qu’ils vont protéger les droits de l’Homme, c’est leur charte qui le dit. Nous sommes partis de plusieurs textes internationaux, de plusieurs conventions internationales. Notamment le pacte international relatif au droit civil et politique. Le droit à l’information est reconnu à toute la population, à tous les citoyens. Même la déclaration universelle des Droits de l’Homme c’est écrit. C’est donc une violation de tous ces textes. La charte africaine des droits des peuples, c’est toutes ces chartes qui sont violées par les autorités de la transition.

L’OGDH envisage-t-elle d’autres actions ?

Nous avons déjà commencé à réagir en faisant des déclarations et en condamnant cette façon de faire. Après, nous allons faire des déclarations écrites, faire une déclaration de protestation que nous allons déposer au niveau du gouvernement pour leur dire que ce n’est pas ce qu’il avait promis.

Ces violations que vous dénoncez surviennent pendant que c’est un ancien militant des droits humains et membre fondateur de l’OGDH, en la personne de Bah Oury qui est l’actuel chef du gouvernement. Comment analysez-vous cette situation ?   

C’est décevant. Monsieur le Premier ministre actuel, Amadou Oury Bah est un membre fondateur de l’OGDH. C’est l’un des pionniers des droits de l’Homme en Guinée. On avait accueilli favorablement sa nomination au poste de premier ministre, mais son attitude, sa position actuelle, nous ne l’apprécions pas. Il faut qu’il rectifie le tir. Ce n’est pas parce qu’il veut conserver sa place qu’il doit piétiner les droits de l’homme ou en être le complice. Nous attirons son attention, nous ne sommes pas d’accord sur ce qu’il est en train de faire. Il doit favoriser le respect des citoyens guinéens, en respectant les droits de l’homme. C’est ce que nous lui demandons.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 27 mai 2024 19:37

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