La Russie émet un mandat d’arrêt international contre le patron de Telegram
La Russie a annoncé mercredi 29 juillet avoir lancé une procédure de recherche internationale à l’encontre du patron de Telegram Pavel Durov, l’accusant de « complicité de terrorisme ». Moscou affirme que sa messagerie est utilisée par les services de sécurité ukrainiens pour recruter.
Né en Russie et détenteur de passeports français et émirati, Pavel Durov, 41 ans, est mis en examen en France depuis 2024, Paris l’accusant de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur Telegram.
En Russie, cette messagerie Telegram est l’une des plus populaires, utilisée aussi bien par des citoyens ordinaires que par les services publics, parmi lesquels le Kremlin, les principaux ministères et les forces de l’ordre.
Mercredi, les services russes de sécurité (FSB) ont indiqué avoir émis « un avis de recherche international » à l’encontre de Pavel Durov, sans toutefois préciser la nature de cette notice, ni si les autres pays l’accepteraient.
Le milliardaire, qui se trouve en France, est visé en Russie par des accusations de « complicité de terrorisme », « dans le cadre d’une enquête criminelle » sur le recrutement de jeunes Russes pour des activités de sabotage par les services spéciaux ukrainiens, a indiqué le FSB dans un communiqué.
2024: arrestation en France
Après une interpellation spectaculaire à sa descente d’avion en août 2024, Pavel Durov, naturalisé français en 2021, a été mis en examen il y a deux ans en France pour une série d’infractions relevant de la criminalité organisée.
Sur X, le président Emmanuel Macron avait affirmé à l’époque que son arrestation « n’était en rien une décision politique ».
La justice française reproche à l’entrepreneur milliardaire de ne pas agir contre les utilisations délictuelles de sa messagerie par ses abonnés, notamment par une absence de modération et de collaboration avec les enquêteurs. Il est soumis à un contrôle judiciaire.
46 Russes arrêtés pour avoir utilisé Leo Match Bot
De leurs côtés, les services russes de sécurité (FSB) accusent sa messagerie Telegram de ne pas avoir supprimé un robot de rencontres populaire utilisé, selon Moscou, par les services spéciaux ukrainiens pour entraîner de jeunes Russes « dans des activités terroristes et de sabotage ».
Selon le communiqué, 46 citoyens russes âgés d’entre 12 et 22 ans, qui ont utilisé Leo Match Bot, interdit en Russie, ont été arrêtés depuis juillet 2025 dans différentes régions russes pour agression de membres des forces de l’ordre et actes de sabotage contre des infrastructures énergétiques et de transport.
Ils ont tous été contactés sur ce bot par des agents des services spéciaux ukrainiens qui se faisaient passer pour des jeunes filles afin de faire ensuite pression sur eux et les pousser à agresser des policiers et à incendier des sites d’infrastructure, assure le FSB.
Accès restreint aux messageries occidentales
La Russie, qui mène une offensive à grande échelle en Ukraine depuis février 2022, fait face à des restrictions numériques sans précédent depuis des mois, en restreignant notamment l’accès à Telegram et à une autre messagerie occidentale, WhatsApp, toutes deux accusées d’être utilisées par les services ukrainiens contre la sécurité du pays.
Pavel Durov est un libertarien revendiqué, chantre de la confidentialité d’Internet mais controversé pour son refus de toute modération sur la messagerie Telegram qu’il a cofondée en 2013. Les autorités russes avaient déjà tenté de la bloquer en 2018, avant de renoncer.
TV5 MONDE
Créé le 29 juillet 2026 12:55Nous vous proposons aussi
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