« La Guinée a pris trop de retard »: Bah Oury décline un plan ‘d’urgence’ pour accélérer les projets de développement

CONAKRY- Clôturant la revue de performance des projets à financement extérieur ce vendredi, le Premier ministre Amadou Oury Bah a transformé cet exercice en un « moment de vérité ». Face aux partenaires techniques et financiers ainsi que des hauts cadres de l’administration, il a annoncé un changement de paradigme axé sur l’accélération, la transversalité et la culture du résultat. Il exige désormais que chaque franc investi se traduise par un impact réel sur le quotidien des populations.

La révue de deux jours a révélé un contraste saisissant : sur un portefeuille de 53 projets examinés, seuls 8 ont été jugés performants et primés. Pour le Premier ministre, ce constat impose une remise en question de la méthode de travail.

« Cette revue n’est pas simplement une formalité administrative, elle est un moment de vérité. Elle nous permet d’apprécier les progrès accomplis, mais aussi de regarder en face les blocages qui empêchent certains financements de se transformer rapidement en résultats concrets pour nos populations », a-t-il entamé.

Le chef du Gouvernement a martelé que la fin de cette session marque en réalité le point de départ d’une nouvelle phase. « Je veux être clair, la clôture de cette revue ne doit pas signifier la fin d’un exercice. Elle doit marquer le début d’une nouvelle phase : celle de l’exécution accélérée, du déclenchement effectif du traitement des blocages et de la responsabilité partagée. C’est la raison pour laquelle, en ordre, on fera l’examen ensemble des 45 autres projets, -projet par projet- pour savoir pourquoi ça ne marche pas », a-t-il annoncé.

La fin des « chasses gardées » ministérielles

L’une des annonces fortes du Chef du Gouvernement concerne la transversalité. Il a vigoureusement dénoncé le cloisonnement des départements ministériels qui freine l’avancement des grands chantiers nationaux.

« Il faut faire de l’interministérialité une discipline du gouvernement, parce qu’on perd beaucoup de temps. C’est mon projet, c’est mon ceci… non, c’est un projet du gouvernement de la République de Guinée. Vous êtes aujourd’hui ministre en charge de tel secteur, demain vous pouvez être ministre en charge d’un autre secteur. Donc les projets sont des projets du gouvernement, ils ne sont pas que des projets d’un ministère, comme si c’était une chasse gardée », affirme le Premier ministre.

Pour garantir cette cohésion, il a annoncé un suivi « à la loupe » via la Primature, intégrant désormais la performance des projets comme un critère de notation des ministres : « Nous prendrons d’ores et déjà les résultats qui ont été déclinés par cette revue comme des éléments qui vont intégrer les lettres de mission et les contrats de performance que les ministres ont signés. Nous devons intégrer tout cela dans un environnement où il ne peut pas y avoir des silos, mais des complémentarités. »

L’impératif de redevabilité face aux dettes

Le Premier ministre a également rappelé une réalité économique souvent occultée : les financements extérieurs ne sont pas des ressources gratuites, mais des dettes que le pays devra honorer. Cette responsabilité envers les générations futures impose, selon lui, une gestion rigoureuse.

« Le deuxième aspect, c’est de traiter les ressources extérieures comme une priorité nationale. C’est extrêmement important pour nous parce que ce ne sont pas des dons, ce sont des crédits et ces crédits devront être remboursés. Nous aurons une responsabilité vis-à-vis des générations futures, donc il faut qu’on le traite comme tel », a-t-il averti.

Tirer les leçons du passé pour un avenir ambitieux

Évoquant les retards historiques de la Guinée, notamment par rapport à ses voisins sur des projets agricoles comme l’anacarde, Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de s’inspirer des modèles de réussite tout en misant sur les nouveaux leviers de croissance comme le projet Simandou :

« La Guinée est ambitieuse, la Guinée veut être là où elle aurait dû être. […] Simandou est une réussite. On a brisé un plafond de verre, mais ce que nous avons à faire est encore supérieur à ce que Simandou pourrait amener pour la Guinée. C’est dans cette logique que nous devons nous mettre dans une disposition mentale qu’à chaque fois, il y a d’autres plafonds de verre à l’horizon. »

Pour impulser cette dynamique, le Premier ministre a décliné cinq orientations stratégiques: Diagnostic, priorité aux ressources extérieures, discipline, contrats de performance, pilotage digital et redevabilité.

A suivre!

Africaguinee.com

Créé le 8 mai 2026 22:09

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