Kindia : l’interdiction de la vente de carburant au marché noir divise les usagers
KINDIA- L’interdiction du marché noir de carburant est diversement appréciée à Kindia. Si certains saluent la mesure pour des raisons de sécurité, d’autres notamment les transporteurs et les conducteurs de mototaxi ne veulent pas en entendre d’une seule oreille. Ces réfractaires dénoncent les difficultés qu’ils endurent au quotidien à cause de cette interdiction.
Pour Mamadou Lamarana Diallo, chauffeur, l’interdiction du marché parallèle de carburant complique davantage l’approvisionnement.

« L’interdiction du marché parallèle de carburant n’est que de la souffrance. Dans les stations-service, ils servent puis ils arrêtent. Même si tu veux mettre du plein, ils disent « non. Je te donne seulement 20 litres ». Est-ce que cette quantité peut amener à Conakry ? Non ! Donc nous souffrons beaucoup » s’insurge-t-il.
Fodé Tounkara , diplômé sans emploi, conduit une mototaxi pour subvenir à ses besoins. Abondant dans le même sens, il estime que cette décision a entraîné une hausse du coût du transport et complique le travail des conducteurs.

« Actuellement, cela nous fatigue beaucoup. Il y a des moments où il n’y a pas d’essence. Quand ton carburant finit, tu es obligé de pousser ta moto jusqu’à la station-service la plus proche.
L’interdiction du marché parallèle de carburant, a entraîné l’augmentation des tarifs de transport Avant on pouvait déposer un passager de Tassin au centre-ville à 5000 gnf. Aujourd’hui c’est 8000 gnf. »
A l’inverse, Elhadj Bourhane Mamadou Sylla, secrétaire général du syndicat des transporteurs de Kindia soutient la décision des autorités. Il la trouve nécessaire pour préserver la sécurité des populations.

« Les décisions de l’Etat sont toujours salutaires parce qu’elles sont mûrement réfléchies. Si cette mesure a été prise, c’est avant tout pour garantir la sécurité de la ville et des citoyens, notamment en minimisant les risques d’incendie. Pour l’instant, ce n’est pas le prix du carburant qui a augmenté. Ce sont des dispositions de sécurité. Nous allons continuer la sensibilisation afin que chacun comprenne l’intérêt de cette décision »
Le responsable de syndicat invite également les usagers à anticiper en prenant le carburant à temps dans les stations-service et éviter à tout prix de recourir au marché noir.

« Je conseille aux usagers de prendre suffisamment de carburant quand ils passent à la station-service. Un véhicule doit toujours disposer d’une réserve de carburant pour éviter de se retrouver dans des difficultés sur la route. »
Dans les stations-services, les rassurent que la desserte se fait normalement tout en appliquant les nouvelles règles édictées par les autorités.
Selon Baldé Mamadou Bailo, chef de station chez Total gaz services, servir dans les bidons est strictement bien encadré.

« Comme vous le constatez, il n’y a aucun problème. Les clients sont servis normalement et il n’y a plus de vente clandestine en bidon. Désormais, toute personne qui souhaite acheter du carburant dans plusieurs bidons doit présenter une autorisation délivrée par la SONAP. Pour les localités dans lesquelles il n’y a pas de station-service, les bénéficiaires doivent se munir d’une attestation du sous-préfet ou du maire pour avoir une autorisation de la SONAP. »
Cette réglementation vise à empêcher les détournements tout en permettant aux services essentiels et aux localités éloignées de continuer à s’approvisionner, précise-t-il.

« L’objectif n’est pas d’interdire totalement les bidons, mais de réglementer leur utilisation. Les groupes électrogènes des banques ou les habitants des zones reculées ont toujours besoin de carburant. C’est pour cette raison qu’un système d’autorisation a été instauré. »
Kindia, Chérif Kéita
Pour Africaguinée.com
Créé le 16 juillet 2026 12:43Nous vous proposons aussi
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