Kankan : l’éternel fléau des chenilles ravageuses met en péril les cultures….
KANKAN-Les chenilles ravageuses constituent l’un des plus grands défis pour l’agriculture et la biodiversité. Ces insectes, stades larvaires de papillons ou de mites, dévorent sans relâche feuilles, tiges, fruits et racines, provoquant d’énormes pertes dans les cultures et fragilisant les écosystèmes naturels. Certaines espèces comme la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda) ou la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), réputées pour leur vitesse de propagation et leur résistance aux pesticides, sont particulièrement redoutées.
Dans la savane guinéenne, notamment dans la préfecture de Kankan, ce phénomène n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, des localités comme Djalafarani, Koré, Soumakoï et d’autres, relevant de la sous-préfecture de Karfamoriah, subissent les assauts répétés de ces envahisseurs. Les cultures de karité et d’autres vivriers sont chaque année décimées, plongeant les producteurs dans une inquiétude grandissante.

Pour Noukè Doumbouya, agriculteur de la zone, le constat est amer : « Le karité a une importance immense pour nous. Presque toute notre économie repose sur lui. Mais les chenilles détruisent tout sur leur passage. Depuis plus de quatre ans, la production est en chute libre. Les feuilles sont dévorées partout et les traitements restent inefficaces. En cette saison des pluies, les chenilles pullulent, on marche même parfois dessus », se lamente-t-il.

Les femmes productrices ne sont pas épargnées. Leur principale activité, la production du beurre de karité, est fortement menacée. Minata Sangaré, productrice, témoigne avec tristesse : « Nous n’arrivons plus à tirer de bénéfices de nos cultures. Les chenilles ont presque tout détruit. Le beurre de karité, qui est notre principale source de revenus, est aujourd’hui anéanti. Parfois, ces insectes envahissent même nos concessions. »

Face à cette situation, les autorités locales disent prendre le problème à bras-le-corps. Contacté par Africaguinee.com, le responsable de la protection animale à Kankan reconnaît la gravité du phénomène et assure que des mesures sont en cours pour tenter d’endiguer ce fléau qui dure depuis trop longtemps.

En attendant, les producteurs, résignés, n’ont d’autre choix que de prendre leur mal en patience, tout en espérant une solution durable pour sauver leurs cultures et préserver leur survie économique.
Facely Sanoh
Correspondant Régional,
Africaguinee.com à Kankan
Tel: (+224) 623 75 80 95
Créé le 16 août 2025 13:07Nous vous proposons aussi
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