Kamsar : À la découverte de Kabogossy et Missira, nouveaux pôles de pêche en mutation…
KAMSAR – À chaque saison sèche, les districts de Kabogossy et Missira, dans la sous-préfecture de Kamsar, se transforment en un véritable carrefour halieutique. Des pêcheurs venus de divers horizons convergent vers ces zones pour exploiter un écosystème créé initialement par les agriculteurs. Bien que cette activité soit devenue un levier économique vital pour les communautés locales, le manque cruel d’infrastructures — notamment l’absence d’un pont — et la vétusté des équipements freinent l’essor de ce pôle de développement. Plongée au cœur d’une activité de subsistance qui attend un coup de pouce de l’État.

Ils sont nombreux ces pêcheurs artisanaux qui viennent de plusieurs villages et convergent vers les districts de Kabogossy et Missira, pour exploiter les richesses du fleuve. Une activité lucrative, mais freinée par le manque d’infrastructures et d’équipements, comme en témoignent les acteurs locaux.
Dans la sous-préfecture de Kamsar, précisément dans les districts de Kabogossy et Missira, la pêche artisanale est devenue une véritable source de revenus pour des dizaines de familles. Chaque année, durant la saison sèche, des pêcheurs venus des villages de Bangala, Kibola, Naffaya, Kakilenssy et Katongoro affluent vers ces zones pour pratiquer leur activité.
Sur les lieux, l’ambiance est rythmée par les allers-retours des pêcheurs et des acheteurs. Filets à la main, femmes en mouvement, tri du poisson en cours, tout un écosystème économique s’organise autour de cette activité.

Venu de Kakilenssy, Momo Bangoura, pêcheur, raconte son quotidien et les réalités du terrain. « Je viens pour pêcher chaque jour ici, c’est mon activité quotidienne. Cela fait longtemps que je fais cette activité. Quand je fais la pêche, beaucoup de personnes viennent acheter. C’est à travers les filets que je fais la pêche, appelés “casnette”. Ça couvre entièrement les poissons dans l’eau quand on le lance, puis on remonte. Il y a quelqu’un qui fait le tri en même temps. Nous gagnons beaucoup de bénéfices dans ça. Certains viennent acheter pour la consommation et d’autres pour revendre.
Les difficultés, c’est que nous avons un problème de route. Venir pêcher sans pont nous fatigue et cela empêche la pêche. Même ceux qui viennent acheter ont le même problème à cause de ce pont. Des filets plus performants nous permettraient aussi de nous reposer. Nous voulons de meilleurs filets.
Ici, on ne paye pas de taxe. Il y a une période pour faire la pêche. C’est pendant la saison sèche que nous pêchons beaucoup. Pendant la saison pluvieuse, il y a trop d’eau dans le fleuve. Nous demandons à l’État de nous aider à construire un pont et à nous fournir des filets de meilleure qualité ».

De son côté, le chef de port, Aboubacar Conté, insiste sur le potentiel halieutique de la zone et revient sur l’origine de ce site aujourd’hui très fréquenté. « Il y a beaucoup de poissons de qualités différentes qui montent ici, sauf les baleines. Nous mettons des filets dans l’eau, nous attrapons des poissons et nous revendons parfois jusqu’à 150 000 GNF sur place.
Ce site a été aménagé par les habitants eux-mêmes. Ce sont eux qui ont creusé ces deux petits bras du fleuve pour faciliter leur agriculture. L’idée n’était pas de faire un canal de pêche, mais de contrôler l’eau pour la riziculture. C’est aujourd’hui que tout le monde gagne son quotidien à travers la pêche. »

Mme Touré Iya, une cliente, dit être satisfaite à chaque fois qu’elle vient s’approvisionner sur place . « Je suis à Kamsar centre, mais parfois je viens à Kabogossy pour acheter du poisson pour la consommation. Ça peut varier entre 100 000 et 200 000 GNF pour un mois. Ici, il y a parfois de grosses prises, mais le plus souvent ce sont de petits poissons, très bons dans toutes les sauces », se réjouit-elle.

Au fil des années, ce site autrefois destiné à l’agriculture s’est transformé en un véritable pôle économique local. Mais pour les acteurs, le développement de cette activité reste étroitement lié à l’amélioration des conditions d’accès et des équipements.

Depuis Boké,
Oumar Sory Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 avril 2026 09:48









