Guinée : Vers une meilleure gouvernance des sociétés publiques…
CONAKRY-Lancés le 18 décembre, les travaux de la Revue annuelle des Sociétés Publiques (RASP) a pris fin ce jeudi 19 décembre 2024. Cette rencontre avait pour objectif de vulgariser le cadre institutionnel et légal qui encadre les activités des sociétés publiques ; de partager et de renforcer les instruments de contrôle, ainsi que de capitaliser les bonnes pratiques de gouvernance. Durant ces deux jours, les participants ont, à travers des panels, réfléchi et échangé sur la problématique liée à la « gouvernance des sociétés publiques ». Dans son discours de clôture, le ministre de l’Économie et des Finances, s’est réjoui du niveau des échanges lors panels et a chaleureusement remercié les participants pour leur apport.
» Les thèmes présentés, suivis de débats, ont permis un partage d’expériences et de réflexions autour des questions liées notamment à la gouvernance et aux mécanismes de contrôle des sociétés publiques. Ainsi, il apparaît clairement que les problématiques de gestion, de gouvernance économique et financière, du régime juridique et du système de contrôle des entreprises sont vitales pour l’amélioration des performances des sociétés publiques, avec pour corollaire la mobilisation des recettes non fiscales, notamment des dividendes.

Les orientations sont bien perçues. Nous en tiendrons compte dans les jours à venir afin de vous donner des leviers importants pour rendre totalement opérationnelles l’ensemble des sociétés qui n’ont pas encore la libération de leurs capitaux propres. Je suis convaincu que vos travaux ont abouti à des conclusions qui permettront désormais de révolutionner la vitalité et la gouvernance des sociétés publiques en vue de contribuer à la création de richesse et au développement durable de notre pays » a-dit Mourana Soumah.
Poursuivant, il a surtout exhorté les directeurs des entreprises publiques à la performance de leur entreprise pour changer la donne dans ce domaine important pour l’État guinéen. Il a par ailleurs invité l’ensemble des sociétés publiques à inscrire leur plan stratégique dans le cadre de la vision Simandou 2040, qui constituera, selon lui, pour les 15 prochaines années, la trajectoire du développement économique et social de la Guinée.

« Je voudrais vous exhorter à poursuivre la réflexion pour intensifier les réformes qui pourraient davantage qualifier la gouvernance de nos sociétés publiques. Il en est de même pour les défis importants à relever, dont la mise en place de contrats programmes pour les sociétés publiques, le renforcement des capacités des administrateurs et des directions financières, le déploiement des analystes évaluateurs, le respect scrupuleux des délais réglementaires de production et de transmission des états financiers, ainsi que des rapports trimestriels, semestriels et annuels d’activités des sociétés publiques. Je voudrais par ailleurs inviter l’ensemble des sociétés publiques à inscrire leur plan stratégique dans le cadre de la vision Simandou 2040, qui constituera, pour les 15 prochaines années, la trajectoire du développement économique et social de la Guinée. Je me permets de préciser que c’est l’axe 4 de Simandou 2040 : l’axe gouvernance économique et financière, ainsi que les banques et les assurances.

La direction générale des portefeuilles constitue donc l’organe délégué en matière de participation financière de l’État, et cet ancrage doit être suffisamment renforcé afin de rendre les sociétés publiques très crédibles et très solvables. Il me paraît important de donner l’exemple de l’OCP au Maroc, qui est une société publique, un modèle et l’axe fédérateur du développement du Royaume du Maroc. Elle fait partie des sociétés publiques les plus performantes au monde. Nous devons nous inscrire dans cette dynamique pour que l’État actionnaire puisse amortir ses investissements en tant qu’actionnaire. Cela ne doit pas être qu’un État qui débourse, mais il faut un retour sur investissement », a lancé le ministre de l’Économie et des Finances.
Au nom de toutes les sociétés qui étaient présentes à cette rencontre, Mohamed Kourouma, directeur général de la Société de gestion et d’exploitation du Backbone, connue sous le nom de SOGEL, a salué cette l’initiative du ministère de l’Économie et des Finances.

« Ça a été une rencontre très instructive pour nous dirigeants d’entreprises publiques. Et nous osons espérer qu’avec les conclusions qui seront tirées de ces assises, les sociétés publiques vont davantage se qualifier. Parce que déjà, elles créent de la valeur, crée de la croissance crée de la performance, mais avec les conclusions qui seront tirées de ces assises, il y aura encore plus de performance à la revue de l’année 2025. Et c’est ce que nous espérons », a mentionné l’orateur.
Au nom des participants, il lancé une doléance à l’endroit du ministre Mourana Soumah. « Certaines sociétés encore peinent à avoir leur capital. Ce qui peut handicaper quand même leur performance financière puisque, vous savez, dès qu’une société est créée, il y a des objectifs, Il y a des obligations qui s’installent. Il faut déposer des états financiers. Mais lorsque vous n’avez pas votre capital, c’est un peu difficile. Aussi, il y a les questions de dette. Les questions de dette qui peuvent être beaucoup handicapantes dans la recherche de la performance pour les structures comme la mienne. Je ne vais pas rentrer trop dans les détails. Donc, nous vous exhortons à aussi y porter une attention particulière. Seulement, ce que je peux dire en conclusion je dirais merci beaucoup M. le ministre. Parce que les acteurs du cosmos public ont pu se parler pendant ces deux jours, ont pu échanger. Chacun a donné sa façon de travailler, comme les agents de la structure de contrôle. Ensuite, nous, société, nous avons posé des questions, nous avons posé nos préoccupations. Et tout ça va être compilé dans un document qui va vous être transmis », a-t-il indiqué.

Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 décembre 2024 11:07Nous vous proposons aussi
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